Nantes : péniche à vendre... du rêve à la réalité

A Nantes, la métropole gère environ 450 emplacements de bateaux sur l'Erdre, du bassin Saint-Félix jusqu'au sud de Carquefou. Parmi eux, beaucoup de plaisanciers et quelques habitations. Près de la gare, une péniche de 38 m, le Sémaphore, est à vendre. Avis aux amateurs d'habitat flottant.

Amarrée au quai du bassin Saint-Félix à Nantes, la péniche Le Sémaphore est à vendre depuis quatre mois.
Amarrée au quai du bassin Saint-Félix à Nantes, la péniche Le Sémaphore est à vendre depuis quatre mois. © France Télévisions Olivier Quentin

Si vous flanez quai de Malakoff à Nantes, votre regard sera sans doute attiré par cette longue péniche blanche amarrée sur le bord sud-est du bassin. 

Le Sémaphore, selon son propriétaire actuel Sylvain Piotrowski, est arrivé à Nantes via Rouen dans les années 70. Son histoire a commencé à Paris en 1949 où elle a servi de transport de marchandises.

Aujourd'hui reconvertie en logements et bureaux, la péniche est à vendre. L'écriteau est posé sur le babord et attire quelques curieux.

"C'est le côté bohème qui fait rêver, raconte Sylvain Piotrowski, encore plus maintenant après le confinement." Les visites ne manquent pas mais, pour le moment, aucune n'a abouti.

Pourtant, le bien a de quoi séduire : 220 m² habitables plus 117 m² de terrasse, proche gare et centre-ville avec vue imprenable sur le port, la cité des congrès, les hérons, le soleil couchant sur la cathédrale...

"On voyait des danseuses faire leurs étirements dans les couloirs éclairés de la Cité des Congrès" raconte Diane qui y a loué un T2, dans la timonerie pendant près de cinq mois. 

Le logement de 40 m² était un peu petit pour le couple de trentenaires, mais ils ont apprécié les relations avec les autres "habitants" du bassin. "C'est une petite communauté où tout le monde se connaît, témoigne la jeune femme. On se rencontre facilement pour boire un verre. C'est chouette à vivre."

Diane a loué le T2 placé dans la timonerie avec son compagnon pendant cinq mois.
Diane a loué le T2 placé dans la timonerie avec son compagnon pendant cinq mois. © France Télévisions Olivier Quentin

Les locataires ont un un peu moins apprécié le coup de vent qui a rompu des amarres. Il a fallu faire appel aux voisins du bassin pour donner un coup de main et réparer. la péniche risquait non pas de partir mais de taper très fort contre le quai.

"Quand on vit sur une péniche, explique Sylvain Piotrowski, vaut mieux être soudeur et avoir de bons forets métaux !". Certes, Le Sémaphore est passé aux chantier de l'Esclain pour être contrôlé et repeint extérieurement en 2019, mais il y a souvent quelque chose à entretenir, et ce n'est pas comme repeindre un volet...

"Mais c'est une double coque !" précise Sylvain, qui fait valoir les points forts de son bateau. En 2017, il cherchait un lieu atypique pour s'installer sur Nantes et était tombé sur cette péniche. Il y avait installé ses bureaux d'architecte, son appartement et un T2 qu'il louait.

"On y a fait beaucoup de travaux," avoue-t-il. Mais c'était un projet de vie. Aujourd'hui, il vend mais ce n'est pas simple. A cet endroit, Nantes Métropole qui gère les places de port demande à ce que ce soit un projet professionnel.

"Pas possible d'y mettre un restaurant, explique Sylvain. Il faudrait une rampe pour handicapés, ça ne peut être qu'une activité professionnelle ou libérale ou une habitation avec un projet Airbnb."

Sylvain Piotrowski y avait installé les bureaux de sa société d'architecte.
Sylvain Piotrowski y avait installé les bureaux de sa société d'architecte. © S. Piotrowski

"C'est un lieu exceptionnel à vivre, défend-il mais quand il fait chaud dehors, il fait chaud dedans !" C'est du métal... Quand il y a du vent, ça bouge, il y a aussi le bruit du clapotis. C'est un bateau d'une capacité officielle de 12 passagers où il faut se sentir l'âme d'un capitaine. "J'ai 12 gilets de sauvetage à bord" précise Sylvain.

"On sent vraiment qu'on est sur un bateau" ajoute Diane qui se souvient aussi du côté vitré, ouvert sur l'extérieur de la timonerie. Sympa mais ça manque un peu d'intimité.

Et c'est un vrai privilège que d'avoir son emplacement sur les bords de l'Erdre, que ce soit sur le bassin Saint-Félix ou la rivière en amont. La liste d'attente est longue nous précise-t-on à la capitainerie : de 10 à 15 ans pour un bateau d'habitation. Moins s'il s'agit d'une embarcation pour la plaisance (1 an pour un corps-mort, 7 ans pour un ponton).

"Lorsqu'il s'agit d'un emplacement professionnel, explique Olivier Bourdon, le directeur des ports pour Nantes Gestion Equipements, il y a une mise en concurrence. On doit déposer un dossier et une commission se réunit pour choisir."

Le bassin Saint-Félix à Nantes où est amarré (à droite) Le Sémaphore.
Le bassin Saint-Félix à Nantes où est amarré (à droite) Le Sémaphore. © S. Piotrowski

Pas de taxe d'habitation mais une redevance d'un montant variable selon le type d'occupation (plaisance ou habitation), le lieu (plus ou moins proche du centre-ville) et la taille du bateau. Cela peut aller de 700 €/an pour un bateau de plaisance de 5 mètres à  3 700 €/an pour une habitation de 30 mètres.

"On demande à ce que les bateaux soient état de propreté précise Olivier Bourdon, mais malheureusement ce n'est pas toujours le cas."

L'attrait pour ce type d'habitat ne se dément pas. D'année en année, la liste d'attente pour un emplacement s'allonge. C'est vrai que vivre en ville mais sur un bateau, ça a de quoi séduire...

Au fait, combien pour s'offrir Le Sémaphore ? Comptez 430 000 € et sans frais de notaire, ce n'est pas considéré comme de l'immobilier !

S'amarrer à Nantes
Nantes Gestion Equipements est l'interlocuteur pour ceux qui souhaitent amarrer leur embarcation sur l'Erdre.

Il existe environ 450 emplacements dont :
- 400 pour des conventions de plaisance renouvelables chaque année au 1er janvier.
- 20 pour des contrats d'habitation de 5 ans.
- 30 pour des bateaux à vocation professionnelle avec des contrats de 9 ans (et mise en concurrence).
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