Nantes : le périphérique est connecté et prêt à accueillir les véhicules de demain

© Olivier Quentin
© Olivier Quentin

Dans l’ouest, en Bretagne et en Pays de la Loire les routes connectées arrivent. C’est un vaste projet qui devrait permettre aux conducteurs via leur voiture communicante d’alerter des dangers et ainsi de réguler la circulation.
 

Par Jean-Marc Lalier

Nantes vient de terminer l’implantation d’antennes spéciales sur son périphérique, il est maintenant  totalement opérationnel. Ce projet de "routes connectées" dénommé SCOOP est cofinancé par la Commission européenne, il a débuté en 2014.

A terme, son but est de permettre aux conducteurs de voitures équipées d’un nouveau système de communication d’envoyer des alertes ou de les recevoir. Ces informations récoltées et traitées devraient permettre, entre autres, de réguler les flux de circulation.

La région Bretagne et Pays de la Loire, l'un des cinq sites pilotes en France, devrait offrir 500 kms de routes connectées comprenant des routes nationales et départementales.
 

Comment ça marche ?

Tout d’abord, il faut que la voiture soit équipée d’un système spécifique afin de communiquer avec ces antennes. Les constructeurs automobiles commencent à annoncer des équipements de ce type de système en série. Pour l’instant, peu de voitures en sont équipées mais Renault (Mégane) et PSA (C4 & DS4) commercialisent désormais les véhicules SCOOP, munis de boîtiers de communication dédiés à la sécurité routière et la gestion de trafic.

Sur la route connectée avec un véhicule équipé, c’est au conducteur de signaler un danger en appuyant sur un pictogramme sur l’écran de son ordinateur de bord, donnant ainsi une alerte, comme par exemple la présence d’un accident ou d’un piéton. Cette alerte est ensuite transmise aux antennes puis arrivent à un CGIT (Centres d'ingénierie et de gestion du trafic) pour enfin renvoyer aux autres voitures du secteur des informations d’alerte.

D’autres informations peuvent être données directement par la voiture elle-même si cette dernière déclenche, par exemple, son airbag, son ABS ou ses antibrouillards. Cela devrait permettre aux véhicules en approche d’adapter leur vitesse.

A l’inverse, le centre d'ingénierie et de gestion du trafic peut aussi transmettre des informations concernant par exemple des travaux ou d’autres problèmes obligeant un changement de conduite.

Ce système doit être compatible dans tous les pays de l’Union européenne.
Prototype de voiture sans chauffeur 2017, sur le campus de l'école centrale de Nantes. / © JM Lalier / France Télévisions
Prototype de voiture sans chauffeur 2017, sur le campus de l'école centrale de Nantes. / © JM Lalier / France Télévisions
 

Quel est le risque pour un conducteur d’avoir trop d’informations ?

Trop d'infos tue l'info, "Il s'agit d'un potentiel effet pervers", reconnaît Nicolas Desmons assistant à la maîtrise d'ouvrage chez Viveris, qui participe au projet. "Mais on a travaillé avec des ergonomes pour avoir une plus-value tout en n'étant pas submergé d'informations"


Quid de la protection des données ?

Autre préoccupation, la protection des données et leurs utilisations. "Elles sont toutes anonymisées et sécurisées", assure Katell Kerdudo. "Le dispositif a été validé par la CNIL pour garantir l'anonymat des différents usagers : on n'aura même pas l'information de la plaque", dit-elle, soulignant que les routes connectées sont "un préalable au déploiement des véhicules autonomes à grande échelle" qui pourrait intervenir dans une quinzaine d'années.
 

Qui finance et met en place ce projet ?

Ce projet Soop est construit sur une coopération entre gestionnaires routiers et constructeurs automobile, il est financé par Financé à 50 % par la Commission européenne, en deux parties (2014-2015 et 2016-2019), le projet s’achève fin 2019.

Six années durant lesquelles les pouvoirs publics de l’Etat et les collectivités locales, les chercheurs, les constructeurs automobiles et les fournisseurs d’équipements ont travaillé et échangé ensemble pour définir, expérimenter et déployer ces services de demain.

Qui est intéressé ?

Les automobilistes, évidemment, pour réduire et éviter les accidents de la circulation, mais aussi la SNCF ou les gendarmes.

La SNCF pourrait prévenir des accidents en créant une alerte à l’approche des passages à niveau, qui occasionnent entre 25 et 35 tués lors de 110 à 140 collisions par an.

La gendarmerie, enfin, pour la circulation routière et la sécurité, bien sûr, mais pas seulement. Les gendarmes pourraient aussi diffuser des informations plus larges, comme dans des cas relevant de la sécurité intérieure, par exemple les "alertes attentat" ou les "alertes enlèvement", note le colonel Bertrand De Varine, chargé de mission à la gendarmerie. "Ce sera un gain de temps pour tout le monde et on pourra agir de manière plus efficace", souligne-t-il.

Le futur proche est sans doute l’arrivée des voitures autonomes, sans chauffeur… Elles sont attendues dans 15 ans.

 

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