Violence aux abords des lycées nantais, pour le recteur “on veut tuer l'avenir des jeunes”

Après les incidents de ce vendredi matin, les traces des dégradations sur l'entrée du lycée Camus à Nantes. / © France Télévisions Christophe Amouriaux
Après les incidents de ce vendredi matin, les traces des dégradations sur l'entrée du lycée Camus à Nantes. / © France Télévisions Christophe Amouriaux

Voitures, incendiées, dégradations, drapeau brulé.  Pour la deuxième matinée consécutive, des violences ont éclaté ce vendredi 8 novembre, aux abords de 5 lycées nantais. Pour William Marois, recteur, qui s'est exprimé ce matin, les auteurs de ces faits "veulent tuer la vie et l'avenir des jeunes".

Par Olivier Quentin avec Céline Dupeyrat


Les premiers incidents ont eu lieu vers 7h30 aux abords du lycée Gaspard Monge, dans le nord de Nantes.

Selon la police, une quarantaine de personnes s'en sont prises à des poubelles qu'elles ont incendiées. Un véhicule a également été retourné et incendié devant l'entrée. Des vitres de salles ont été brisées.

Plus à l'ouest, vers 7h45, des poubelles ont été incendiées devant le lycée Carcouët, quartier du Breil. Mais le personnel a pu éteindre ces feux.

Quelques minutes plus tard, le groupe s'est visiblement déplacé vers le sud et c'est devant le lycée Camus qu'on constate des feux de poubelles. L'entrée est dégradée. Le rectorat parle également de jets de cocktails Molotov.

On note la présence sur place d'une vingtaine de personnes qui se sont ensuite dirigées vers le lycée du Sacré Cœur non loin. Des poubelles y sont incendiées ainsi que trois véhicules. Venus sécuriser l'intervention des pompiers, les policiers ont été pris à partie par des jeunes.
 
Les véhicules incendiés sur le parking du lycée du Sacré Cœur à Nantes ce vendredi matin. / © France Télévisions Christophe Amouriaux
Les véhicules incendiés sur le parking du lycée du Sacré Cœur à Nantes ce vendredi matin. / © France Télévisions Christophe Amouriaux

Plusieurs interpellations ont été effectuées.

Au Rectorat , on n'a aucune explication sur ces violences. Aucune revendication, aucun slogan. 

"Je n'ai pas d'explication"


Le recteur William Marois se dit solidaire des personnels, des enseignants et des élèves concernés : "Je n'ai pas d'explication. On ne sait pas ce qu'il en est. On travaille avec la police pour comprendre ces évènements. Ce sont des évènements scandaleux. On s'attaque aux biens communs de nous toutes et tous. Ce sont des bâtiments publics qui ont été construits avec de l'argent public dont la réparation nécessitera de l'argent de chacune et de chacun. C'est aussi scandaleux de s'attaquer aux personnes, des personnes qui sont aussi au service de la société".

Empêcher des jeunes d'avoir accés à l'éducation, c'est dramatique. On va tuer leur vie, on va tuer leur avenir. Je ne sais pas qui veut tuer l'avenir des jeunes mais c'est absolument dramatique-William Marois, recteur
 

 
Jeudi déjà, le lycée Camus avait été la cible de dégradations. Des poubelles avaient été enflammées et des pavés lancés contre les portes vitrées.

Ces nouveaux évènements ont aussi fait réagir Christelle Morançais. La présidente de la région des Pays de la Loire s'indigne sur les réseaux sociaux et demande à l'État une extrême fermeté.
De nombreux signalements ont été faits aux enquêteurs. 6 personnes ont été interpellés à cette heure.
Claude d’Harcourt, préfet de la Loire-Atlantique, condamne ce vendredi soir, avec la plus grande fermeté les violences et les dégradations commises ces deux derniers jours aux abords de plusieurs établissements scolaires nantais. Il adresse "tout son soutien aux personnels des lycées visés par ces exactions ainsi qu’aux élèves et à leurs familles".


L’État ne tolérera pas et ne laissera pas s’installer un climat de violence aux abords des établissements scolaires. Il nous faut continuer à agir collectivement avec la Justice, le Rectorat, la Ville de Nantes et le Conseil régional des Pays de la Loire pour qu’élèves et enseignants puissent retrouver des conditions de travail normales et pour que puisse s’exercer en toute quiétude le droit à l’éducation-Claude D'harcourt, préfet des Pays de la Loire

 Impossible pour l'instant de chiffrer le montant des dégats. Des dispositifs de surveillance adaptés ont été mis en place.

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