Orvault, près de Nantes : les salariés des laboratoires Boiron manifestent

Les salariés des Laboratoires Boiron des sites de Nantes, Rennes, Brest, Tours, Niort manifestent ce mercredi contre le Plan de Sauvegarde de l'emploi (PSE). Le laboratoire Boiron a annoncé  plus de 600 suppressions de postes en France. 
La manif des salariés du laboratoire Boiron à Orvault, près de Nantes, le 16 septembre 2020
La manif des salariés du laboratoire Boiron à Orvault, près de Nantes, le 16 septembre 2020 © France Televisions - Amélie Lepage
L'homéopathie n'a plus de succès. Résultats sur les 31 sites de Boiron, treize devraient bientôt fermer. En mars 2020, les laboratoires ont acté un PSE, prévoyant la suppression de 646 postes en France, sur les 2 300 que compte l'entreprise. 

Se joignant au mouvement de grève nationale, environ 90 salariés des sites de Nantes, Rennes, Brest, Tours, Niort se sont regroupés sur le rond-point de l'Odyssée de Orvault, près de Nantes, ce mercredi 16 septembre. Plusieurs banderoles ont été déployées aux abords du siège social, où se tenait le troisième des cinq comités centraux d'entreprise extraordinaires visant à négocier le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

À Nantes, près de dix salariés sur les 45 du site voient leur emploi menacé. Les sites de Niort-Chauray et de Brest ont eux, totalement fermés.


Le déremboursement de l'homéopathie a mis à mal Boiron

Pour le laboratoire lyonnais, leader mondial du secteur, la décision de dérembourser l'homéopathie prise par le gouvernement français a mis à mal le secteur dans un pays qui représente quasiment 60 % de ses ventes.

Depuis le 1er janvier, l'homéopathie n'est, en effet, plus remboursée à 65 %, mais 15 %. En 2021. Le médicament sera entièrement à la charge de l'acheteur. 

Avec la Covid, les réunions de négociations ont pris du retard et sont toujours en cours. Les syndicats attendent des réponses d'ici le mois de novembre. 

Pour Betty Valois, technicienne relation client à Nantes et syndiquée FO, la non-suppression des postes et la réouverture des sites ne semblent pas être "en bonne voie". "Les syndicats négocient pour aider au maximum à la reconversion et au départ anticipé en retraite".

Entre l'âge des salariés et la situation sanitaire qui ajoute une difficulté supplémentaire, la suite s'annonce compliquée. "Pour ceux auxquels il restait six ou sept d'activité, cela va être plus compliqué de trouver du travail" ajoute Betty. "La plupart n'ont connu que Boiron" assure Gwénolé Clément, représentant du personnel sur le site de Rennes.
 

"Ils se sont servis de nous"

Il y a quelques mois, Boiron et ses salariés s'étaient lancés dans une campagne pour lutter contre le déremboursement. "On s'est énormément mobilisé" se rappelle Gwénolé Clément. 

Une pétition en ligne avait été diffusée par l'entreprise, mais sans grand succès. "Ce sont les salariés qui ont fait le travail dans la rue et qui ont récolté les signatures, et ont permis une plus grande influence". 

Cette mobilisation a garanti un délai de 15 mois supplémentaires pour la mise en place du déremboursement, laissant à l'entreprise une marge pour s'organiser. "Notre entreprise nous a dit que c'était grâce à nous, à notre travail. Un mois plus tard, on apprend que le tiers des salariés va être licencié. Ils se sont servis de nous". 
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
licenciement économie emploi santé société manifestation social