Paris 2024. Flamme olympique : à bord du Belem, Eléonor a pu vivre son rêve

Plus sur le thème :

Elle a su convaincre pour être embarquée dans une aventure unique : escorter la Flamme Olympique de Paris 2024, à bord du Belem, de la Grèce jusqu’en France. La Nantaise, Éléonor Budak, a quitté Athènes le 27 avril pour une traversée de 12 jours, avant une arrivée à Marseille, ce mercredi 8 mai.

Le 27 avril dernier, Eléonor embarquait sur le Belem à Athènes en Grèce pour escorter la flamme olympique jusqu'à Marseille. Une traversée de 12 jours. Un voyage hors du temps pour cette jeune fille de 20 ans, "petite-fille d'immigrés turcs".

Eléonor et les 16 jeunes éclaireurs à bord du Belem

Son périple, Eléonor nous l'a compté chaque jour en vidéo. Le passage du canal de Corinthe, les nuits de quart, la mer démontée, le plaisir de voir les côtes corses.

À ses côtés, 15 autres jeunes sélectionnés par les Caisses d’Épargne, en collaboration avec des associations d’insertion locales. Chacun s’est illustré lors d’un stage d’insertion au large par son abnégation, sa capacité d’adaptation, son goût des autres et sa force d’initiative.

L'entraide et le vivre ensemble pour ces jeunes "éclaireurs" qui n'oublieront sans doute jamais cette historique traversée de la Méditerranée.

La folle aventure d'Eléonor

L'aventure a démarré il y a plusieurs mois pour Eléonor.

"J'avais envoyé une lettre de motivation. Et comme je n'avais aucune nouvelle, franchement, je n'y croyais plus.", nous racontait-elle fin mars, quelques jours après avoir reçu une réponse positive.

"Il y a aussi cet instant où tu t'en fous d'en être capable ou pas, tu veux juste y aller. Je sautais de joie dans le salon, je dansais avec mon chat partout dans la maison".

Je ne me prépare pas mentalement, ça ne me ressemble pas, je veux vivre le moment présent.

Éléonor Budack

Éclaireuse sur le Belem

Depuis, elle n'a eu de cesse d'y penser, jusqu'à l'embarquement et ce moment où elle a largué les amarres.

"Je suis plus reconnaissante que fière, le Belem, c'est un grand du patrimoine, il fait partie des monuments préférés des Français. En plus je suis Nantaise, donc il a une place particulière dans mon cœur."

"Grâce à la fondation Belem et à la Caisse d'épargne qui m'a sélectionnée, je suis en mesure de remercier la France pour ce qu'elle m'a donnée", poursuit la jeune femme. 

Je suis petite fille d'immigrés turcs. Je suis née en France. J'ai eu la nationalité à 14 ans. En participant à ce trajet entre la Grèce et Marseille, je rends à la France ce qu'elle m'a offert

Éléonor Budak

Éclaireuse sur le Belem

"Il est hyper impressionnant"

Éléonor, c'est avant tout une battante. Elle a dû s’accrocher et résister, longtemps, tout au long de sa scolarité. Après avoir obtenu son Bac et commencé un BTS en communication, elle décide d’arrêter ses études et de se lancer sur le marché de l’emploi." C'était dur de trouver du travail en région parisienne", raconte Éléonor.

Serveuse, hôtesse de caisse, employée libre-service, elle enchaine les petits boulots. "La période n’a pas été facile à vivre", reconnait la jeune femme. "Même si je n'ai pas un caractère à pleurer sur mon sort, j’étais perdue, je ne savais pas quoi faire".

À Nantes, elle entame des démarches auprès de la Mission locale et découvre au hasard de ses recherches l’École de la 2ᵉ chance qui propose des formations à ceux qui sont sortis du système scolaire pour s’insérer dans la vie active. "Le nom a fait tilt, comme si ça m’était adressé", se souvient-elle.

Quelques semaines plus tard, en avril 2023, elle intègre l’école pour sept mois. Elle y gagne en confiance et se projette aussi, elle qui rêve de devenir conseillère en insertion professionnelle.

À l’issue de son premier mois à l’École de la 2ᵉ chance, Miloud un des formateurs, propose aux élèves de participer à un stage sur le trois mâts, deux jours d’insertion proposé par la Caisse d'épargne Bretagne Pays de Loire. Les 13 et 14 mai 2023.

À Saint-Nazaire, elle hallucine. L'immense navire est à quai. "Il est hyper impressionnant, ce n'est pas le genre de bateau qu'on a l'habitude de voir, comme les énormes paquebots de croisière, les immeubles flottants. Le Belem lui est majestueux. Et avec les voiles hissées, c'est indescriptible".

"J'ai barré le Belem"

À bord, elle découvre un monde dont elle ne sait rien, mais se lance à fond. Hisser les voiles, tenir les bouts, faire la veille, enchainer les quarts, faire le ménage, rien ne l'arrête.

C'est un peu ouf à dire comme ça, mais j'ai barré le Belem

Éléonor Budak

Éclaireuse sur le Belem

"Quand j'ai embarqué, je savais que l'on allait travailler à bord, mais je pensais que c'était pour des tâches normales. La barre du Belem, c'est comme dans les films, une espèce de gros volant ! J'ai demandé à un marin de m'expliquer le fonctionnement. Il m'a appris en me montrant. Après, il m'a laissé prendre la barre. Il était à côté de moi. Et d'un coup, il est parti. J'étais seule aux commandes !"

À cet instant, Eléonor a la pression, elle doit maintenir le cap. 

Il y a un sentiment de surpuissance, on est à l'arrière du bateau. La responsabilité est énorme, mais une immense marque de confiance

Éléonor Budak

Éclaireuse sur le Belem

De la concentration, beaucoup de solidarité, mais aucun stress. 

LIRE AUSSI. VIDEO. Embarquez à bord du Belem, le célèbre trois mâts devenu navire école !

"Sur cette session, nous n'étions que 4 ou 5 à ne pas avoir le mal de mer. Tout le monde est tombé malade, il a fallu faire tout le boulot", raconte Eléonor en souriant.

"La fatigue physique, je ne l'ai ressentie qu'une fois à terre, le voyage était tellement dément qu'on n'y pense pas."

Je ne voulais pas me reposer, sinon j'aurais raté des trucs

Éléonor Budak

Éclaireuse sur le Belem

La grande fête de l'olympisme débutera ce mercredi 8 mai à Marseille. Des milliers de bateaux escorteront Eléonor et le Belem jusqu’à l’arrivée avant qu’ils ne soient acclamés dans le Vieux-Port sous le regard des téléspectateurs et des médias du monde entier.

Seule incertitude la météo qui empêchera peut-être le Belem de rentrer dans le Vieux-Port de Marseille.

LIRE AUSSI. "Si le vent souffle trop fort…" : la flamme olympique et le Belem pourront-ils entrer dans le Vieux-Port de Marseille ?

Jeudi 9 mai, commencera le Relais de la Flamme de Paris 2024 pour 68 jours sur les routes de l’hexagone et les territoires ultramarins, plus de 400 villes traversées et 10 000 porteurs jusqu’à la cérémonie d’ouverture, le 26 juillet prochain. 

►Toutes les vidéos d'Eléonor sont à voir sur notre playlist Youtube Paris2024

►Retrouvez-nous sur nos réseaux sociaux et sur france.tv