A Nantes, une pédiatre alerte : malgré le confinement restez vigilants pour ne pas passer à côté d'un diabète de type 1

"Un diabète de type 1 diagnostiqué trop tard peut entraîner un coma." Sabine Baron, pédiatre diabétologue au CHU de Nantes. / © DR
"Un diabète de type 1 diagnostiqué trop tard peut entraîner un coma." Sabine Baron, pédiatre diabétologue au CHU de Nantes. / © DR

Le diabète de type 1 qui touche les enfants est rare. Mais s'il n'est pas diagnostiqué à temps, il peut  être mortel. Une pédiatre diabétologue de Nantes, le Dr Baron, craint que le confinement ne provoque des consultations trop tardives.

Par Olivier Quentin

L'alerte a été lancée par le corps médical italien. Depuis que le confinement a été mis en place, des médecins ont vu arriver en consultation des enfants atteints de diabète de type 1 avancé. 

D'ordinaire, les consultations se font plus tôt et le diagnostic rapidement posé permet une prise en charge efficace. 

Mais avec le confinement, un diabète de type 1 découvert très tard peut entraîner la mort.
 

L’acidocétose diabétique peut être mortelle

Comme ses collègues français, le Dr Baron, pédiatre diabétologue au CHU de Nantes, a reçu un communiqué de l'association Aide aux Jeunes Diabétiques dont elle fait partie et qui regroupe des soignants, des jeunes diabétiques et leurs parents.

"De nombreux urgentistes dont certains de l’Italie, prévient le communiqué, signalent un nombre accru d’enfants chez qui un diabète est diagnostiqué en situation d’urgence. En cause ? L’acidocétose diabétique mortelle à 100% si la prise en charge est trop tardive."

Traitée à temps, l'acidocétose peut-être soignée et le pronoctic vital ne sera alors pas engagé.
 

"Le diabète de l'enfant (type 1) explique le Dr Baron, commence de façon brutale avec une agravation des signes rapide qui fait que l'enfant peut arriver dans un état grave en réanimation."

Chez l'enfant, le diabète de type 1 est provoqué non pas par une consommation trop importante de sucre mais par une mauvaise assimilation de celui-ci. Dans le type 1, le pancréas ne fabrique plus d'insuline, cette hormone qui permet de maintenir le taux de sucre dans le sang (glycémie) à un niveau normal. Le taux de sucre augmente et il y a alors production d'acétone. Présente naturellement, l'acétone est normalement éliminée par le rein. Mais, en trop grande quantité, elle peut entraîner des troubles de la conscience, une perte de connaissance, voire un coma.
 

Attention aux signes qui doivent alerter


La dégradation de l'état de santé de l'enfant peut aller assez vite, il perd du poids et présente d'importants signes de fatigue. Ces symptômes doivent alerter. Mais avant d'en arriver là, d'autres signes sont aussi à prendre en compte très sérieusement.

"Si l'enfant boit beaucoup plus que d'habitude et urine souvent explique le Dr Baron, il faut prendre contact avec le médecin traitant."
 
Si l'enfant boit et urine souvent, cela peut être un signe de diabète type 1. / © AJD
Si l'enfant boit et urine souvent, cela peut être un signe de diabète type 1. / © AJD
Pris à temps, un diabète de type 1 se soigne avec un traitement par insuline. Les parents et l'enfant apprennent avec une infirmière à réaliser l'injection en sous-cutanée qui devra être quotidienne. Il faut aussi surveiller régulièrement la glycémie.

Avec ces soins et un régime alimentaire adapté, l'enfant peut vivre tout à fait normalement.
 

Une maladie rare mais grave

Le diabète de type 1 est rare. Tous les ans, sur 100 000 enfants (de 1 à 18 ans) 15 déclarent un diabète de type 1. 

"A Nantes, précise Sabine Baron, on suit 380 enfants, il y en a 80 suivis à l'hôpital de Saint-Nazaire et 110 à La Roche-sur-Yon."

Malgré le confinement, il ne faut donc pas hésiter à appeler un médecin, il n' y a pas que le coronavirus qui peut tuer.

 

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