Nantes : au lendemain de la mort d'un migrant, l'émotion reste vive

© Auberie Perreau-France Télévisions
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La mort d'un migrant âgé de 32 ans a suscité de vives tensions ce jeudi 3 octobre aux abords du gymnase Jeanne-Bernard de Saint-Herblain. 800 réfugiés y subsistent depuis des mois dans des conditions extrêmement précaires. Ce vendredi matin, le quartier a retrouvé un calme apparent mais fragile.

Par Céline Dupeyrat - Fabienne Béranger

"En règle générale, ça se passe bien. Il y a des gens, des enfants, ça joue au ballon, c'est plutôt bon enfant", explique un riverain, "mais c'est vrai que ça ne fait que croître depuis des semaines dans ce gymnase donc, nous les riverains, on se demande ce qui se passe".

800 migrants vivraient désormais dans le gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain. Un chiffre qui a augmenté au fil des mois. En mars dernier, 300 personnes y vivaient dans des conditions très précaires, installées sous des tentes à l'intérieur du gymnase et dans ses environs immédiats.

Je les plains de tout mon coeur les migrants qui sont entassés là dans des conditions insalubres - une riveraine du gymnase Jeanne Bernard

"J'aimerais qu'ils soient relogés dans des conditions plus humaines".

"On vit un peu angoissés parce que s'il y en a un, un peu alcoolisé, qui dépasse les bornes, on ne sait pas ce qu'il peut faire", s'inquiète une autre riveraine.

Jeudi, la nouvelle du décès d'Omar, un migrant soudanais de 32 ans, a provoqué des tensions sur place. Les forces de l'ordre ont dû intervenir.
    
"Que fait le ministère de l'Intérieur ? Ça fait des mois que les associations, les citoyens, la ville de Saint-Herblain, les élus que nous sommes alertons sur cette situation",
a déploré Johanna Rolland, la maire socialiste de Nantes.

Le gymnase Jeanne-Bernard est la propriété du diocèse de Nantes. Ce dernier interpelle l'État depuis le 12 octobre dernier et réclame l'évacuation du site tout en exigeant qu'une autre solution d'hébergement soit trouvée.

Les migrants, qui sont installés dans le gymnase depuis un an, sont sous le coup d'une demande d'expulsion. Le 3 septembre dernier, une vingtaine de migrants installés dans une maison située de la Motte Rouge à Nantes avaient été expulsés.

Ce vendredi 4 octobre, le préfet de Loire-Atlantique Claude d'Harcourt a assuré que la préfecture allait prendre en charge la gestion et la sécurisation du site.

Des tensions sont survenues le jeudi 3 octobre aux abords du gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain après le décès d'un migrant soudanais âgé de 30 ans. 

Des militants associatifs et des élus se sont rassemblés sur les lieux du drame. Ils ont déposé des fleurs à l'intérieur de la tente du jeune migrant retrouvé mort.

Des militants associatifs et des élus étaient présents, ce vendredi 4 octobre. Ils ont déposé des fleurs dans la tente où le corps sans vie du jeune migrant a été découvert. / © Auberie Perreau-France Télévisions
Des militants associatifs et des élus étaient présents, ce vendredi 4 octobre. Ils ont déposé des fleurs dans la tente où le corps sans vie du jeune migrant a été découvert. / © Auberie Perreau-France Télévisions






 


 

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