Nantes : le procès de la mère et du beau-père de David, 8 ans, mort dans une baignoire

Le procès de la mère et du beau-père du petit David s'est ouvert ce lundi 16 novembre devant la cour d'assises de Loire-Atlantique près de quatre ans après la mort du garçon de huit ans, noyé dans la baignoire de l'appartement familial de Saint-Herblain, près de Nantes.
Le procès en Assises de la mère et du beau-père de David a débuté ce lundi 16 novembre à Nantes. Le couple est poursuivi pour torture ou acte de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Ils encourent tous deux la réclusion criminelle à perpétuité.

A l'ouverture du procès, la présidente a énuméré une liste de "violences d'une extrême gravité": coups, flexion, privation de nourriture et douches froides que subissait l'enfant décrit par ses enseignants, en Côte d'Ivoire et en France, comme "adorable" et "en recherche d'affection".
           
Né en Côte d'Ivoire et élevé par sa grand-mère, David avait rejoint sa mère en France à la fin du mois d'août 2016. Celle-ci était venue en France en 2008 pour poursuivre des études de droit. Son compagnon travaillait comme ouvrier au moment des faits. Le couple était sans antécédent judiciaire.
 

La "punition de la baignoire"

Dans l'après-midi du 11 janvier 2017, les secours constatent le décès de l'enfant qui aurait subi la "punition de la baignoire", un des nombreux sévices imposés depuis plusieurs mois au petit garçon et qui consistait, selon les auditions de la mère et du beau-père, à le plonger dans un bain d'eau froide.
           
"Le caractère exceptionnel des tortures qui ont amené malheureusement à la mort de David justifie que des associations de protection de l'enfance veuillent montrer qu'au-delà de la situation individuelle, c'est en général le cas des enfants maltraités qui doit être jugé publiquement, connu, de façon à participer à une prévention de la maltraitance", a expliqué Me Cécile de Oliveira, l'avocate de la famille paternelle de David.

"Un enfant tous les cinq jours décède sous les coups de ses parents ou de ses proches en France", s'est alarmée Me Myriam Guedj Benayoun qui représente Innocence en danger, une des cinq associations parties civiles dans ce procès.

Fin octobre 2016 , les policiers s'étaient déjà rendus au domicile familial, rue de la Branchoire. Ce sont des voisins qui les avaient alertés : David était venu sonner à leur porte car il avait faim. Sa mère était partie à un mariage et l'avait laissé seul. 

Les policiers s'étaient rendus sur place, avaient constaté que le petit garçon était en bonne santé. Ils étaient ensuite restés aux côtés de David en attendant le retour de la mère, prévenue par téléphone.

"La famille n'était pas suivie au niveau social, par contre il y a des voisins, il y a un entourage, il y a un enfant qui réclame sans arrêt à manger donc on voit bien qu'il y a un problème et l'association aimerait que ces enfants soient entendus, qu'on ne les laisse pas à la merci de leurs bourreaux", a-t-elle poursuivi.
         
"Il y a un couple qui a dérivé sur les punitions, ça c'est certain et ce n'est pas contesté" par le beau-père de David, a expliqué son avocat Me Loïc Cabioch. "Maintenant reste à savoir ce qui s'est passé exactement le 11 janvier", a-t-il poursuivi puisque les deux membres du couple se rejettent la responsabilité de l'homicide.
           
Le procès, prévu pour durer une semaine, comprendra l'audition par visioconférence de témoins à l'ambassade de France en Côte d'Ivoire où vivait le garçon avant de rejoindre sa mère à Saint-Herblain durant l'été 2016.
   
 
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