Coronavirus : obligés de fermer, les restaurateurs liquident leur stocks comme ils peuvent

Ils ont tous été surpris par l'annonce d'Edouard Philippe, en plein service du samedi soir. Les restaurateurs ont dû fermer dès ce dimanche, alors que pour nombre d'entre eux, les frigos étaient pleins.
A Trentemoult, le 15 mars 2020, au lendemain de la décision du gouvernement de fermer les restaurants au public
A Trentemoult, le 15 mars 2020, au lendemain de la décision du gouvernement de fermer les restaurants au public © France Televisions
Sur les quais de Trentemoult, à Rezé, un dimanche de promenade,  mais sans terrasses, sans bars, ni restaurants.

Obligée de fermer du jour au lendemain, cette commerçante venait de faire les courses. En une matinée, elle a distribué le stock d'aliments frais.

"Voilà ce qui reste, des courgettes, des navets, de la sauce, pruneaux, miel, tout ça, on n'ose pas jeter, mais voilà c'est tout", dit-elle.

Les employés, la famille, chacun est reparti avec les plats, prévus pour le service dominical.


Don aux clients fidèles

Pour liquider ses stocks, le restaurant Le fatras aux Sables-d’Olonne à préparé des plats à emportés pour ses clients habituels. Ces derniers ont appris la nouvelle sur les réseaux sociaux et viennent en voisins et par solidarité.
Le Fatras aux Sables-d'Olonne prépare des plats à ses clients habituels
Le Fatras aux Sables-d'Olonne prépare des plats à ses clients habituels © France Televisions - Damien Raveleau
 

"Comment on va faire ?"

"Un tupperware de légumes de couscous, qui devait normalement servir à la restauration de ce midi, de la semoule, de la viande, de la mousse au chocolat", énumère Malika Foucher, restauratrice dans la quartier du Bouffay à Nantes.

Le panier plein, mais le coeur lourd. Avec huit salariés, l'établissement dépense chaque mois, plus de 10 000 euros pour fonctionner.

"Les charges, faut les payer, les fournisseurs, faut les payer parce qu'il y a quand même des factures antérieures. On a beaucoup de taxes, c'est ça qui fait un peu peur. Comment on va faire ?", s'inquiète la restauratrice.

Chez Magali Anotonio, les employés ont vidé les frigos. Un dimanche de ménage, comme avant des vacances. 

"Il a fallu qu'on vide les frigos, qu'on nettoie. Nettoyage, l'hygiène avant tout. Désinfecter aussi",  explique la restauratrice, "psychologiquement c'est bien pour nous de savoir, après quand on va reprendre, que tout est bien désinfecté. Le but d'aujourd'hui, c'était de nettoyer et fermer"

Tous s'inquiètent des conséquences de cette fermeture pour une durée non déterminée, alors qu'il faut continuer à payer les charges fixes.

Seuls à pouvoir ouvrir, ceux qui proposent aussi la vente à emporter ou un service de livraison.Face à un coronavirus de plus en plus virulent et des Français trop peu respectueux des mesures de sécurité, le gouvernement a décidé de fermer tous les lieux publics "non essentiels" à partir de samedi minuit.

"Nous avons vu trop de gens dans les cafés et les restaurants. Pour quelques semaines, ce n'est pas ce que nous devons faire" a exhorté le Premier ministre Edouard Philippe samedi. "Je le dis avec gravité nous devons tous ensemble montrer plus de discipline dans l'application de ces mesures".

Le gouvernement a dressé la liste des commerces autorisés à ouvrir dans le cadre des mesures de confinement, dans un arrêté paru lundi 16 mars au Journal officiel.





 
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