"Nos produits ont un prix ! ", les producteurs de lait veulent peser sur les négociations entre Lactalis et la grande distribution

Les éleveurs à nouveau très remontés contre Lactalis. Ils redoutent que le groupe mayennais, avec qui les négociations commerciales vont commencer ce vendredi 22 décembre, n'annoncent une baisse des prix payés aux agriculteurs. Plusieurs d'entre eux ont mené une action de blocage à Missillac en Loire-Atlantique.

Les producteurs de lait partenaires de Lactalis sont inquiets. Et ils le font savoir. Ce mercredi soir 20 décembre, ils ont bloqué l'arrivée d'un camion de collecte du groupe sur une exploitation de Missillac au Nord-Ouest de la Loire-Atlantique. 

Une action symbolique pour réclamer une hausse du prix du lait à ce géant de l'agro-industrie qui pèse 28 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. 

Selon les éleveurs, le prix de rachat a bien augmenté ces derniers mois, mais pas assez pour couvrir l'augmentation des couts de production. Une situation intenable pour Nicolas  Sébilo, éleveur.

"80 heures par semaine"

"Je ne me suis pas installé pour perdre de l'argent. Aujourd'hui, on travaille, on fait des heures, c'est 80 heures par semaine. On n'est pas rémunéré à hauteur de notre travail."

Nos payes de lait servent à rembourser les factures et essayer de se sortir un salaire. C'est compliqué !

Nicolas Sébilo

Eleveur

Aurélie Michel est productrice de lait à Bouvron et vice-présidente de la FNSEA 44. "Quand on voit le contexte inflationniste, qui se répercute sur nos charges, que ce soit sur l'énergie ou autre, l'aliment, le fioul, on ne peut se permettre d'être payé moins cher que ce que l'on est payé aujourd'hui."

Sur le début d'année, nous n'avons aucune lisibilité sur les prix. Ça va être dur d'équilibrer nos couts

Aurélie Michel

Productrice de lait à Bouvron

"Nous essayons aussi d'accompagner ceux qui viennent de s'installer et de reprendre une exploitation. "Quand un plan de financement a été établi avec des prix et que l'on se retrouve avec un prix qui ne correspond plus au plan de financement, ça coince. Et on se retrouve avec des jeunes qui sont susceptibles de mettre la clé sous la porte rapidement", ajoute l'agricultrice.

L'agriculture a un prix, nos produits ont un prix. Ce n'est pas juste de la matière première que l'on peut brader sur les marchés

Aurélie Michel

Productrice de lait à Bouvron

"Ce sera moins"

Sébastien Guéno lui, est installé à Saint-Gildas des bois, lui aussi syndiqué à la FNSEA. "Les organisations de producteurs ont instauré un coût de la matière première de chaque exploitation. Ils ont fait une moyenne. Cela va être remonté chez Lactalis qui va faire suivre aux grandes surfaces. Lactalis a dit non, ce ne sera pas ce prix-là. Ce sera moins ! "

Nous sommes face à un mur. On n'obtiendra rien. C'est toujours comme ça. On n'avance pas.

Sébastien Guéno

Producteur de lait, président de la FNSEA du canton Saint-Gildas/Pontchâteau

Ce vendredi, les négociations entre Lactalis et la grande distribution vont débuter. Objectif ? Fixer le prix du lait au premier trimestre 2024. Les agriculteurs mobilisés espèrent se faire entendre. Les discussions s'annoncent tendues, comme toujours...

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