• faits divers
  • sport
  • société
  • économie
  • football
  • Insolite

Saint-Père-en-Retz : le surf park, c'est pour bientôt !

Manif anti Surf Park à Saint-Père-en-Retz le dimanche 24 février 2019 / © France 3 Pays de la Loire
Manif anti Surf Park à Saint-Père-en-Retz le dimanche 24 février 2019 / © France 3 Pays de la Loire

À Saint-Père-en-Retz, le projet de Surf Park a été intégré au nouveau Plan local d'Urbanisme (PLU) de la commune. Et les terres vendues à la société "Nouvelle vague". Les opposants appellent à un week-end de mobilisation et d' occupation le 20 juillet.

Par Eleonore Duplay

Ils pensaient bloquer le projet en installant de jeunes paysans, normalement prioritaires sur les terres agricoles. Les opposants à la création d'un surf park sur la commune de Saint-Père-en-Retz avaient trouvé une dizaine de candidats, pour installer de petites exploitations en bio.

Mais au détour d'un échange avec la SAFER (société d'aménagement foncier et d'établissement rural), le collectif Terres Communes a découvert qu'un nouveau PLU avait été validé, en décembre dernier, transformant les 8 hectares de terres agricoles en terres urbanisables.

L'exploitant actuel n'ayant pas fait jouer son droit de préemption, la vente à la société "Nouvelle Vague" a même été signée.
Si plusieurs recours en contentieux ont été intentés par différentes associations, le permis de construire pourrait être validé d'ici la fin de l'année, pour des travaux qui pourraient débuter début 2020.
On ne voit pas ce qui pourrait désormais entraver la réalisation du projet. D'autant que le dernier numéro du bulletin municipal consacre une pleine page de publicité au projet de surf park.
 
Il est présenté comme devant créer 15 à 35 emplois, et ne devant consommer "que" 25 000 litres d'eau. Une page du dernier bulletin municipale est consacrée au projet de surf park. / © Yoann Morice
Il est présenté comme devant créer 15 à 35 emplois, et ne devant consommer "que" 25 000 litres d'eau. Une page du dernier bulletin municipale est consacrée au projet de surf park. / © Yoann Morice

La position de la mairie est sans équivoque

Le maire de la commune ne fait d'ailleurs pas mystère de son soutien plein et entier au projet. Pour Jean-Pierre Audelin, il était normal que sa commune joue les facilitateurs. "On a offert un espace à un porteur de projet afin de lui permettre d'aménager le site. On peut entendre les opposants mais il faut prendre en compte l'intérêt touristique et économique du surf park" explique t-il.

S'il se défend d'être particulièrement investi dans ce projet, le maire déroule les arguments qui selon lui balaient toute vélléité d'opposition. "C'est un projet qui va drainer beaucoup de visiteurs et rayonner sur l'ensemble du territoire régional et même national puisque ce sera le seul en france".
Pour l'élu, ce complexe viendra enrichir une offre de glisse déjà existente. "À Frossay, il y a le Quai Vert, à Saint-Viaud, du ski nautique sur le lac et bien sûr il ya le front de mer. Saint-Père-en-Retz va venir compléter ce dispositif". 

Lorsque l'on avance un des arguments des opposants qui trouvent abérrant que 30 000 M3 d'eau soient utilisés à des fins sportives ou ludiques alors que la mer n'est qu'à onze kilomètres, là encore, le maire a sa réponse: "dans ce cas il faudrait supprimer toutes les piscines municipales et privées sur le littoral, à commencer par celle des Sables d'Olonne qui jouxte la plage. Pour moi l'argument ne tient pas".
Jean-Pierre Audelin ajoute que la Fédération Française de Surf "est interessée pour ne pas dire partie prenante du projet". Le futur bassin de Port Saint Père pourrait devenir un site d'entrainement pour les JO de 2024. 

"S'il y avait des arguments avérés qui démontrent que ce projet n'a aucun sens, je me plierais à cette opposition, mais ce n'est pas le cas."

Et de conclure, "si le surf park ne se fait pas à Saint-Père, il se fera ailleurs et on ne veut pas laisser passer cette opportunité".

Les opposants appellent à création d'une ZAD

Les opposants ne comptent pas se démobiliser. "Du coup, on a décidé de monter d'un cran" explique Yoann Morice, membre du collectif Terres Communes. "L'expérience des luttes a montré que les recours juridiques ne permettent pas à eux seuls de gagner. Nous avons donc lancé un appel à création d'une ZAD, et une dizaine de personnes sont déjà intéressées pour venir se poser."

L'appel à une manifestation, doublée d'une occupation du site a été lancé pour le week-end du 20 juillet prochain. D'ici là, il est question que le porteur du projet organise une réunion publique pour décrypter les enjeux du futur aménagement.
 
Le reportage de Myriam NGuenor et Vincent Calcagni, le 24 février 2019

À lire aussi 
 

Sur le même sujet

La marche des migrants s'est achevée par un vaste contrôle d'identité

Les + Lus