Angers : un hypermarché ouvre le dimanche après-midi sans personnel, une première en France qui génére des tensions

L'enseigne angevine est la première grande surface française à ouvrir le dimanche jusqu'à 21 heures sans personnel. / © Denis Leroy-France Télévisions
L'enseigne angevine est la première grande surface française à ouvrir le dimanche jusqu'à 21 heures sans personnel. / © Denis Leroy-France Télévisions

L'annonce de l'ouverture, le dimanche jusqu'à 21 heures, sans personnel mais avec des caisses automatiques, de l'hypermarché angevin avait déclenché la colère des élus et des syndicats qui appelaient à un rassemblement ce 25 août. La tension est montée entre clients et manifestants.

Par Céline Dupeyrat


Pas de salariés, mais des agents de surveillance et des caisses automatiques. "Ce sont des prestataires extérieurs, pas des salariés de Casino. Nos salariés travailleront le dimanche jusqu'à 13 heures, on est dans les règles du travail dominical" assure-t-on chez Casino.

L'hypermarché de la Roseraie à Angers est le premier magasin français à se lancer. Si certaines supérettes de centre-ville ont déjà tenté l'expérience, jamais une grande surface ne s'était, jusqu'à aujourd'hui, positionnée sur de tels créneaux horaires avec un fonctionnement sans personnel.
 
Á 13 heures, les caissières ont quitté leur service. Les clients arrivent dans un magasin vide. / © Denis Leroy-France Télévisions
Á 13 heures, les caissières ont quitté leur service. Les clients arrivent dans un magasin vide. / © Denis Leroy-France Télévisions

Les syndicats voient dans cette organisation, un moyen de contourner la réglementation sur le travail dans la grande distribution. La CGT appelait, ce dimanche matin 25 août, à manifester devant l'hypermarché.

Pour Jean Pastor, délégué syndical central du groupe Casino, présent à Angers, "les gens n'ont pas besoin d'une demi-journée de consommation supplémentaire. L'amplitude horaire d'ouverture est déjà largement suffisante comme ça".
    
"Casino distribue des bons d'achat valables uniquement le dimanche matin, par exemple, pour faire venir des clients ce jour-là et justifier cette ouverture", a-t-il dit, déplorant que cette ouverture du dimanche soit en développement.
    
"Plus généralement, cette automatisation du travail de caissières se traduit pas des suppressions d'emploi. Et si l'on supprime des emplois, quel financement à l'avenir pour notre système de santé", s'est interrogé le représentant
syndical.

"Il y a 15 ou 17 ans, on nous disait, ce sont des tests. Ben oui, alors les gens y ont trouvé leur compte. Quand on est pressé le midi, on achète un casse-dalle, une baguette de pain, c'est bien, c'est pratique. Aujourd'hui, je serais curieux de voir le montant du chiffre d'affaires qui passe par les caisses automatiques. Qu'on vienne pas me raconter qu'on supprime pas des postes de caissiers. Imaginez la même chose mais sans personne dans le magasin. Forcément ça va vraiment créer un un problème", explique Joël Yquel, secrétaire adjoint départemental FO 49.
 
Des Gilets jaunes, pour qui " ouvrir des magasins le dimanche ne devrait pas exister", se sont joints aux manifestants et se sont introduits à l'intérieur du supermarché, lorsque les caissières du dimanche matin ont terminé leur service. La tension est assez vite montée avec certains clients. Certaines caisses ont été bloquées par les Gilets jaunes. Sur les 8, seules 3 étaient fonctionnelles.
Les gilets jaunes se sont introduits dans l'hypermarché angevin aux alentours de 13 heures, lorsque les salariés du matin quittaient leur service, pour s'opposer à l'ouverture du dimanche sans personnel. / © Denis Leroy-France Télévisions
Les gilets jaunes se sont introduits dans l'hypermarché angevin aux alentours de 13 heures, lorsque les salariés du matin quittaient leur service, pour s'opposer à l'ouverture du dimanche sans personnel. / © Denis Leroy-France Télévisions
Sur tweeter Christophe béchu avait déjà dénoncé cette ouverture en continu. Ce dimanche, Matthieu Orphelin, député de la 1ere circonscription du Maine-et- Loire, totalement opposé à la méthode, entend proposer un dipositif pour ceux qui contournent l'esprit de la loi.

Pour la direction du site angevin, qui réalise 5% de son chiffre d'affaires le dimanche matin, "la concurrence, c'est internet pour nous aujourd'hui. L'hypermarché doit s'adapter. On a des clients de proximité, des étudiants, qui veulent pouvoir disposer de leur supermarché toute la journée et tous les jours".

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus