Angers : ses collègues pompiers bataillent pour que le suicide de Lauriane en 2016 soit reconnu accident du travail

Depuis cinq ans, la famille de Lauriane Amaglio et le syndicat CGT du SDIS 49 réclament la reconnaissance de son suicide en accident du travail. Le 20 avril 2016, la jeune femme avait mis fin à ses jours alors qu’elle suivait la formation initiale des sapeurs-pompiers.

Portrait de Lauriane Amaglio, lors d'un rassemblement des pompiers devant le palais de justice d'Angers, le 23 mai 2017
Portrait de Lauriane Amaglio, lors d'un rassemblement des pompiers devant le palais de justice d'Angers, le 23 mai 2017 © France Télévisions

En mémoire de Lauriane Amaglio, le syndicat CGT du SDIS 49 organise une course relais de 518 kilomètres du 2 au 5 juin 2021. D’Angers, ville où la jeune femme suivait la formation pour devenir pompier professionnelle, à Grazac en Haute-Loire, où elle résidait, une cinquantaine de personnes, collègues sapeurs-pompiers et proches de la jeune femme vont se relayer pour réclamer la reconnaissance de son suicide en accident de service.

"Le courrier qu’elle a laissé établit clairement le lien entre le travail et le geste désespéré de Lauriane", indique Sébastien Delavoux, secrétaire général CGT SDIS 49. Depuis cinq ans on se bat pour obtenir que notre employeur reconnaisse l’imputabilité du service."

En avril 2016, la jeune femme de 24 ans, en formation initiale en Maine-et-Loire pour devenir pompier volontaire, mettait fin à ses jours alors qu’elle venait d’apprendre par sa hiérarchie qu’elle n’était pas reçue. Blessée dans le cadre de sa formation, elle avait produit un certificat médical suspect.

"Ils lui ont dit qu’ils n’allaient pas la garder. Elle a perdu le bénéfice de son concours. Quand on décide de ne pas garder quelqu’un dans la fonction publique, c’est un licenciement", souligne Sébastien Delavoux.

"Deux versions irréconciliables"

La CGT dénonce l’organisation du déni mis en place par l’employeur et réclame des mesures de prévention et une vraie prise de conscience.

"Quelqu’un est mort au travail, on veut remonter l’arbre des causes pour regarder quels dispositifs on peut mettre en place pour ne plus être confronté à ces drames. Notre employeur s’est arrangé pour qu’on ne puisse pas mener cette enquête".

La CGT fait notamment référence au rapport de l’inspection du travail, établi en 2017. Après une saisine auprès du tribunal administratif de Nantes, ce rapport d’observations et de recommandations sera finalement communiqué au CHSCT du SDIS, mais expurgé d’un certain nombre de lignes.

Le 26 mai dernier, une audience s’est tenue au tribunal administratif de Nantes, concernant deux dossiers, celui de la famille de Lauriane qui vise à faire reconnaitre l’accident de service, et celui de la CGT du SDIS contre le refus de délégation d’enquête.

"Nous demandons que la juge prenne connaissance du contenu complet du rapport de l’Inspection du travail, afin qu’elle rende un jugement en toute connaissance de cause", confirme Sébastien Delavoux.

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