La Bohalle, près d'Angers : un village d'Anjou dans le viseur du confinement et du photographe Jean-Michel Delage

Un photographe professionnel habitué à sillonner le monde a posé son objectif devant les habitants de son village d'Anjou durant le confinement, pour immortaliser ce moment si particulier. Un livre de photographies et une exposition doivent naître de cette expérience artistique et humaine.

Le photographe Jean-Michel Delage a documenté le confinement dans son village d'Anjou
Le photographe Jean-Michel Delage a documenté le confinement dans son village d'Anjou © France Télévisions Gwenaël Rihet

Au deuxième jour du confinement, Jean-Michel Delage, photographe reporter habitué à parcourir le monde son appareil photo en bandoulière, ne tient déjà plus en place dans sa maison de La Bohalle, petit village de bord de Loire au sud d'Angers, où ce Parisien d'origine a élu domicile il y a deux ans. Il décide de s'aventurer dans la limite des 1 km.

Je ne savais pas du tout où j'allais, ce que j'allais faire de ça... Rencontrer les gens de La Bohalle ? Voir ce village que je ne connaissais finalement pas ? rembobine Jean-Michel Delage.

Son oeil est attiré par une petite chapelle, Notre Dame de la Salette. Ce sera son premier cliché. A l'interieur du bâtiment religieux, il s'arrête devant une inscription presque prophétique : "C'est pour ce crime que la malédiction dévorera la terre".

"C'est pour ce crime que la malédiction dévorera la terre", l'inscription dans la chapelle Notre Dame de la Salette prend un tout autre relief au début du confinement
"C'est pour ce crime que la malédiction dévorera la terre", l'inscription dans la chapelle Notre Dame de la Salette prend un tout autre relief au début du confinement

Le décor est planté, son projet est né. Celui de photographier ce village d'Anjou pendant toute cette période historique, les 55 jours de confinement. 

"Je n'avais pas vraiment envie de faire quelque chose de bucolique, avec les petites forêts, les chemins, explique Jean-Michel Delage. J'avais envie de trouver autre chose. On n'est pas non plus à Tchernobyl, il ne fallait pas montrer quelque chose d'ultra noir".
 

100 portraits de villageois

La matière première de son travail, ce sont les portraits. Une infirmière, un pompier, des policiers, des retraités, des jeunes, des moins jeunes, tous y passent.

A commencer par des figures de La Bohalle, comme Bernard Maillet. Ce septuagénaire est le président de l'une des trois sociétés de jeu de boules de fort, "Le Laboureur", société crée en 1866 et qui compte aujourd'hui 110 sociétaires.

Bernard Maillet, président d'une société de jeu de boules de fort, prend la pose
Bernard Maillet, président d'une société de jeu de boules de fort, prend la pose © France Télévisions - Gwenaël Rihet

Avec plus de 60 ans de pratique de ce sport emblématique de l'Anjou, et une connaissance encyclopédique de son village où il a été agriculteur, Bernard se livre auprès de Jean-Michel, en plus de se faire tirer le portrait. Car chaque habitant se raconte un peu après avoir pris la pose.

"On a parlé tout a fait librement et très simplement" se souvient Bernard Maillet, dans l'attente d'une réouverture de la société, qui n'avait jamais été fermé jusqu'alors, même pendant les guerres, souligne-t-il.

Reportage : La Bohalle, portraits d'un village d'Anjou confiné

Depuis le déconfinement, Jean-Michel Delage travaille à l'édition d'un livre de photographies, dont la parution est prévue à l'automne. Pour l'aider à financer son projet, il a lancé une campagne de financement participatif .

Au moment de la sortie de l'ouvrage, le photographe prévoir aussi d'organiser une exposition en exterieur dans la commune pour partager avec les habitants cette expérience humaine qui aura marqué l'histoire de La Bohalle, et bien au-delà.

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