Coronavirus : certains maires font appel aux réserves communales de sécurité civile, exemples à la Quinte et Angers

Cette disposition existe dans les textes depuis 2004 mais, en pratique, elle est encore méconnue des élus et des citoyens. Toutes les municipalités n'en sont pas pourvues et, pourtant, cette réserve de volontaires peut se révèler fort utile en cas de crise. De quoi s'agit-il exactement ?
Les volontaires de la réserve communale peuvent renforcer les équipes de bénévoles d'autres associations caritatives, comme les Restos du Cœur.
Les volontaires de la réserve communale peuvent renforcer les équipes de bénévoles d'autres associations caritatives, comme les Restos du Cœur. © Maxppp
À La Quinte, au nord du Mans, ils sont une douzaine sur le pont depuis le début de cette crise sanitaire. Dans ce village de 600 âmes, ces citoyens volontaires ont accepté de donner de leur temps au service de la commune.

Parmi eux, il y a Jean-Jacques Oreiller, conseiller municipal, c'est lui qui a créé cette réserve lors de son mandat : "Au moment de réécrire le plan communal de sauvegarde qui recense les risques (technologiques, météorologiques, etc), on a décidé d'instaurer cette réserve pour faire face aux besoins."

L'élu en connaît l'intérêt. Aujourd'hui à la retraite, Jean-Jacques Oreiller a été responsable opérationnel de la Sécurité civile pour le secteur Nord-Ouest de la France.

Pour l'instant, on a recensé les personnes à risque sur la commune et on les appelle toutes les semaines pour faire le point sur les courses, sur les médicaments ou, tout simplement, pour discuter afin de rompre l'isolement. Jean-Jacques Oreiller, conseiller municipal à La Quinte

Les bénévoles de La Quinte sont tous de jeunes retraités, entre 60 et 65 ans, et sont d'ex-agents communaux, d'anciens aide-soignants ou secouristes diplômés. Un profil idéal pour ce type de mission qui vient en complément de celles effectuées par le personnel hospitalier ou par les pompiers.

En Sarthe, d'autres communes ont créé cette réserve il y a quelques temps. C'est le cas de Saint-Georges-du-Bois où les élus viennent de réactiver le dispositif, mis en sommeil depuis la précédente épidémie de grippe en 2009.
© Capture d'écran / www.sgdb72.fr
Dans le sud de la Sarthe, dans la commune nouvelle de Montval-sur-Loir, qui comprend trois communes déléguées, la réserve a été déployée dès l'annonce du confinement. La vingtaine de volontaires, dont d'anciens sapeurs-pompiers, a recensé sur le territoire toutes les personnes à risque : porte-à-porte, téléphone, affichage... Plus d'un millier de personnes sont âgés de plus de soixante ans dans ce secteur du département.À Montval-sur-Loir, la réserve n'en est pas à son coup d'essai : deux fois l'an dernier, les volontaires avaient été sollicités pendant les périodes de canicule.

Dans les grandes villes aussi

Depuis octobre 2018, la ville d'Angers s'est dotée, elle aussi, d'une réserve communale de sécurité civile. Là, ce sont près de 80 personnes qui se sont portées volontaires pour aider les pouvoirs publics en cas de coups durs.

En juin dernier, elles se sont même prêtées à un exercice grandeur nature au parc des expositions de la ville, en simulant un grave accident sur l'A11. Mais aujourd'hui, la réserve n'est toujours pas officiellement activée par la ville, même si certains de ses membres, à titre personnel, viennent en aide aux associations caritatives.

Nous ne savons pas si nous allons l'activer car il faut trouver des missions spécifiques à leur donner, sans les mettre en danger. Cabinet du maire d'Angers

Même si les membres de la réserve angevine sont, en moyenne, moins âgés que ceux des autres communes, il est cependant de la responsabilité des élus de préserver la santé de leurs bénévoles. Difficile, dans ces conditions, de trouver les bonnes missions pour ces volontaires, sans empiéter sur celles des soignants ou des forces de sécurité, et sans augmenter leur risque de contamination.

Mais, comme la situation sanitaire évolue très vite, le cabinet du maire Christophe Béchu, indique que les membres de la réserve "sont susceptibles d'être mobilisés à tout moment". 

Qui peut participer ? 

La réserve communale de sécurité civile existe officiellement depuis août 2004. Son objectif est "d'aider les équipes municipales en participant au soutien et à l'assistance des populations en cas de crise".

Aucun pré-requis n'est obligatoire pour y participer et il n'y a aucune distinction d'âge, de sexe ou de condition physique :  "L'engagement prend la forme d'un contrat conclu avec le maire. Il n'y a pas de formation particulière à avoir ou à suivre, mais des séances d'information et des exercices sont régulièrement organisés par la mairie."
L'objectif de la réserve communale de sécurité civile
Il s'agit d'aider les équipes municipales en cas de catastrophes naturelles (inondations, tempêtes, incendies de forêts etc.) ou d'accidents industriels (par exemple, en cas d'explosion d'une usine). Il s'agit d'effectuer les missions les plus simples pour permettre aux secouristes et aux pompiers de se consacrer aux missions complexes, dangereuses ou urgentes.

Les missions susceptibles d'être confiées à un membre de la réserve communale de sécurité civile sont les suivantes :

• Accueil des sinistrés dans un centre de regroupement
• Participation à l'alerte des populations ou à l'évacuation d'un quartier
• Aide à la protection des meubles des personnes en zone inondable
• Suivi des personnes vulnérables en période de canicule ou de grand froid
• Surveillance de digues, de massifs forestiers ou de cours d'eau
• Aide à la mise en place du poste de commandement communal
• Aide au nettoyage et à la remise en état des habitations
• Aide aux sinistrés dans leurs démarches administratives
• Collecte et distribution de dons au profit des sinistrés
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