REPLAY. Départementales 2021 : fusion, aide sociale à l'enfance, ce qu'il faut retenir du débat en Maine-et-Loire

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Écrit par Fabienne Béranger avec Vincent Raynal

Action sociale, éducation, équipement rural, culture : le rôle du département est varié. Les 20 et 27 juin prochains, se tiendront les élections départementales. Les Ligériens vont élire leur conseillers départementaux : un binôme par canton soit 42 élus en Maine-et-Loire.

Santé, énergies vertes, jeunesse, attractivité du territoire : les candidats aux départementales débattent sur les sujets qui vous concernent ! 

France 3 Pays de la Loire en partenariat avec la presse quotidienne régionale proposent 3 soirées et 5 débats, un par département. Ce lundi 14 juin à 23 heures, sur France 3 Pays de la Loire,  suivez deux nouveaux débats : Maine-et-Loire et Vendée. 

Cinq candidats ou représentants de formations politiques débattent en plateau 

  • Grégory Blanc  - DVG
  • Christian Gillet - DVD, président sortant
  • Simon Holley  - LREM
  • Bernard Lahondès - RN
  • Claire Schweitzer - France insoumise

Ce débat est animé par Virginie Charbonneau avec Yves Tréca-Durand, journaliste politique au Courrier de l’Ouest.

Les priorités de chacun

"Ma priorité ça va être la sécurité et le localisme, estime Bernard Lahondès – RN, bien que le sujet de la sécurité ne soit pas de la compétence des départements, la sécurité à tous les niveaux, des biens des personnes, mais aussi la sécurité alimentaire, la sécurité du bien-vivre chez soi, la sécurité routière et la sécurité en matière d’éducation".

"Le localisme, c’est bien sûr de développer les filières courtes et de faire en sorte que notre réseau puisse y contribuer et faire aussi que ce localisme développe notre département".

Pour Simon Holley  - LREM, "il faut absolument renouveler les pratiques. On ne peut plus continuer avec un département gestionnaire où il s’agit de compter au petit sou ce qui va arriver à la fin du mois".

"Il s’agit de ne pas reproduire ce qui s’est passé dans le Saumurois avec la fermeture des tourelles dans le cadre de la protection de l’enfance (…) ce qui s’est passé avec la fermeture-non fermeture du collège Yolande d’Anjou".

"La transition écologique est la priorité, pour le candidat DVG, Grégory Blanc, mais au-delà de ça il y a une urgence, c’est celle de l’insécurité (…) Evidemment cette sécurité ou insécurité à des visages multiples, ce n’est pas la même quand on est en 2 e ou 3e couronne où on est confronté à des vols  ou que lorsqu’on est en quartier prioritaire où on voit des émeutes et des violences inter quartiers ou même lorsqu’il y a des places mixtes où on voit des trafics se développer".

Christian Gillet, le président sortant, a deux priorités : "mettre en œuvre le schéma de développement des mobilités douces (…) nous avons établi un schéma départemental cyclable. Nous avons actuellement 775 km de pistes cyclables mais plutôt orientées tourisme, maintenant il faut orienter vers l’usage au quotidien".

Seconde priorité, "revaloriser l’attractivité du métier d’assistant familial», «il faut absolument qu’on trouve des familles d’accueil pour les enfants de plus en plus nombreux qui sont confiés au département".

"Il faudra renouveler par exemple de plus de 10% le salaire des assistants familiaux comme on vient de le faire pour les services d’aide à domicile".

Claire Schweitzer, la candidate de la France insoumise, il faut "remettre le département au cœur de sa compétence initiale qui est la solidarité. C’est plus de 70% du budget mais on pense que c’est là-dessus qu’on peut travailler la solidarité des territoires et s’adresser aux public les plus fragiles".

La candidate LFI propose de prioriser le maintien des personnes âgées à domicile "en débloquant dès le début du mandat une aide de 1 000 euros" et d’expérimenter le RSA jeune.

L'aide sociale à l’enfance

2 000 enfants environ sont placés dans le Maine-et-Loire par la justice. Les opposants du président sortant disent que 200 enfants sont sans solution dans le département.

Christian Gillet a été beaucoup critiqué sur sa gestion de l’aide sociale à l’enfance et la réforme mise en place avec l’appel à projets de 2016.

"Ce sujet est trop grave parce qu’il fait appel à l’humain, à l’enfant, pour être traité avec des invectives comme j’en ai reçu".

"Je suis très attaché à ce dossier qui est le premier dossier du département et le premier budget aussi du département, a poursuivi le président sortant, c’est un dossier qui s’est exacerbé avec la crise».

Pour Grégory Blanc, c’est "un gâchis, il y a eu une réponse administrative à un problème politique qui a coûté la bagatelle de 10 millions d’euros aux contribuables".

"En Maine-et-Loire, on met plus d’argent qu’ailleurs (sur ce dossier NDLR) et, sur l’ensemble de ce mandat, on a aggravé la situation".

Selon le candidat DVG ; il faut "revenir à une contractualisation association par association pour qu’on les associations dans chacun des territoires, pour qu’on arrive à apporter une réponse localisée".

"La protection de l’enfance est le grand échec de la majorité de monsieur Gilet", a enchainé Claire Schweitzer et la France insoumise qui ont proposé des Etats Généraux de la protection de l’Enfance.

Simon Holley, le candidat LREM est également en faveur d’assises pour l’enfance, afin de "mettre autour de la table les acteurs qui agissent au quotidien".

"Il faut plus d’éducateurs, il faut plus de formation pour les éducateurs qui sont déjà en place, il faut faire en sorte que ces acteurs-là on les écoute parce que ce sont eux qui ont les expertises".

Bernard Lahondès, le candidat RN propose d’embaucher "700 personnes au moins", "parce que la destructuration, suite à ce que vous avez réalisé monsieur Gilet a tellement perturbé les associations qu’elles se sont écartées".

Pour ou contre une fusion avec la Sarthe et la Mayenne ?

C’est un dossier qui avait été ouvert par Christian Gillet avec ses homologues de la Sarthe et la Mayenne.

Des rapprochements ont été opérés dans différents domaines comme le tourisme fluviale, des chats de consommable ou encore la numérisation des archives.

"C’est totalement indépendant du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, pour Christian Gillet, la Sarthe, La Mayenne et le Maine-et-Loire, qui ont une sociologie commune, une histoire commune, se rapprochent petit à petit".

"Un département Anjou Maine pourrait avoir plus de puissance face à la métropole nantaise qui aspire toutes les compétences et tous les financements" a –t-il argumenté.

Grégory Blanc se dit "assez extérieur à ce débat. Mon souci c’est de financer les services publics départementaux, d’assurer leur continuité".

"Qu’il y ait mutualisation, évidemment, qu’il y ait coopération évidemment, mais sincèrement est ce que vous avez entendu dans la rue des gens vous parler d’une fusion entre le Maine-et-Loire, la Sarthe et la Mayenne ?"

"Nous, on est totalement opposé à cette fusion,
a poursuivi Bernard Lahondès, nous l’avons constaté, que ce soit la fusion des communes nouvelles, des communautés de communes, à chaque fois qu’il y a un déséquilibre démographique, un déséquilibre budgétaire, et, tout de suite il y a la mainmise du plus gros sur le plus faible".

"Ça devra être un sujet démocratique si la question se pose, référendum ou consultation des citoyens mais pour l’instant c’est quelque chose qui reste assez incongru et hors du débat".

Partagé par la vieille lame d'or de la Loire chère à Balzac, le Maine-et-Loire a de beaux atouts en terme de tourisme, et d'agriculture.

Les 815 883 Angevins, Choletais, Saumurois, Segréens, peuvent se vanter d'être les champions incontestés du champignon, un musée lui est même consacré à Saumur, et boire du petit lait à l'évocation de leur vignoble, le 3e Français, réparti sur près de 20 000 hectares.

Ici, on a perdu beaucoup d'emplois industriels, même si le textile, la chaussure, tentent de renaître avec la mode du made in France.
Le chômage, à 7,2 % est au dessus de la moyenne régionale.

Plus de la moitié du budget départemental consacré aux solidarités

Le budget du département s'élève à 807 millions d'euros, dont plus de la moitié, 437 millions, est consacrée aux solidarités, près de 31 millions sont dévolus aux routes, 24,5 millions consacrés à la jeunesse.

Parmi les dossiers chauds qui attendent la prochaine assemblée : la gestion du RSA, dont le nombre de bénéficiaires a dépassé pour la première fois les 20 000 cette année.

Politiquement,  Le coeur du 49 palpite côté droite modérée. Depuis la libération, même. En cette période électorale, on cherche vainement la douceur angevine : le ciel du Maine-et-Loire est plutôt à l'orage.

Après avoir évoqué, il y a 2 ans, sa démission en plein mandat. Christian Gilet, président sortant divers droite de 74 printemps, veut finalement rempiler.

Sauf que Christophe Béchu, maire d'Angers, et lui-même ancien président du département voudrait bien rajeunir les rangs de l'assemblée et surtout placer ici et là quelques fidèles, y compris sur Angers 1, le propre canton de Chritstian Gillet.

Visiblement, pas de quoi mettre KO l'actuel patron du département, en binôme avec la double championne du monde de boxe française Rim Ridane.