Premiers Plans d'Angers 2024. Le festival déroule le tapis rouge à Isabelle Huppert

L'édition 2024 du festival Premiers Plans se déroule à Angers du 20 au 28 janvier. Le festival déroule le tapis rouge à une invitée exceptionnelle, Isabelle Huppert et promet des hommages émouvants à Ken Loach qui a dû annuler sa venue pour raison de santé, Patrice Chéreau et Jane Birkin deux artistes qui furent des fidèles du festival.

L'ADN de Premiers Plans, c'est de faire découvrir les premières œuvres des jeunes réalisateurs européens, aux cinéphiles, mais également aux spectateurs de demain. Terre de cinéma, Angers projette aussi des chefs-d'œuvre, des avant-premières et rend hommage aux grands du cinéma avec, cette année, une invitée exceptionnelle : Isabelle Huppert.

Dans un contexte fait de conflits, de violences, de menaces sur l’avenir de notre planète, le cinéma est un moyen bien dérisoire pour transformer le monde.

Claude-Eric Poiroux

Délégué général et directeur artistique du festival

Et, d'ajouter, "Pourtant, nous croyons dans la nécessité de créer de nouveaux imaginaires et de faire confiance aux images pour inventer un langage à partager au-delà des antagonismes et des frontières”.

L'icône du cinéma français Isabelle Huppert rencontre le public angevin

Isabelle Huppert, véritable monument du cinéma français, a entamé sa carrière dans les années 1970 avec des cinéastes renommés tels que Bertrand Tavernier, Claude Sautet et Bertrand Blier. Toutefois, c'est en 1978 qu'elle devient la muse de Claude Chabrol avec "Violette Nozière", marquant le début d'une collaboration fructueuse entre l'actrice et le réalisateur. Depuis, Isabelle Huppert a travaillé avec une pléiade de cinéastes de renom, français et étrangers, démontrant sa polyvalence et son engagement pour des rôles complexes et audacieux.

Le premier prix d'interprétation à Cannes, remporté par Isabelle Huppert, a ouvert les portes du marché international. Elle a ensuite enchaîné des projets avec des cinéastes aux styles variés, allant de Michael Cimino à Jean-Luc Godard, en passant par Liliane de Kermadec, Maurice Pialat, Hal Hartley, Werner Schroeter, et bien d'autres encore. Ses choix de films témoignent de sa volonté constante de prendre des risques et d'explorer des horizons cinématographiques divers.

Le travail d'Isabelle Huppert avec Claude Chabrol et d'autres grands réalisateurs met en lumière son talent exceptionnel pour incarner des personnages à la quête d'un idéal impossible, souvent au prix de leur propre santé mentale. Sa particularité réside dans une forme d'impassibilité, une distance émotionnelle entre ses personnages et les événements qu'ils affrontent, créant ainsi une atmosphère de trouble psychologique opaque.

Récompensée à maintes reprises, Isabelle Huppert a reçu deux César, deux prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes et même un Golden Globe. Son passage au Festival Premiers Plans en 2018, aux côtés de Serge Bozon et Romain Duris pour "Madame Hyde", a marqué les esprits. Cette année, elle animera une master class en compagnie de Serge Toubiana, journaliste et critique, samedi à 11 h 45 au centre de Congrès. Par ailleurs, Isabelle Huppert clôturera cette édition par l’avant-première de "Sidonie au Japon" entièrement filmée au pays du Soleil Levant.   

Malgré son absence, le festival rend hommage à Ken Loach, le maître du cinéma social 

Ken Loach est une figure emblématique du cinéma mondial.  Alors que son dernier opus, "The Old Oak", occupe le devant de la scène médiatique, le festival propose un retour sur la carrière exceptionnelle de cet artiste engagé, qui maintient la tradition du cinéma social depuis soixante ans.

Ken Loach aurait dû être présent cette année au festival. Malheureusement, des problèmes de santé l'ont empêché de faire le déplacement. Ce qui n'empêchera pas le festival de rendre hommage à ce maître du cinéma social.

L'œuvre de Ken Loach se distingue par son engagement pour les victimes et les défavorisés des sociétés contemporaines, des membres de la classe ouvrière aux exclus du néolibéralisme. Cependant, ce réalisateur ne condamne jamais ses personnages à une position sociale, préférant mettre en lumière la chaleur des sentiments et l'énergie émanant de ces héros du quotidien. L'humour, omniprésent dans ses films est, selon l'adage, la politesse du désespoir.

Les films de Ken Loach résonnent toujours avec les problématiques de leur époque. Chaque film montre que les travailleurs ont des problèmes comme le chômage dans "Cathy Come Home" (1966), la pression familiale et la psychiatrie dans "Family Life" (1971), ou la précarité causée par la politique de Margaret Thatcher dans "Raining Stones" (1993)

En 1995, Ken Loach fait une rencontre décisive avec son scénariste attitré, Paul Laverty. Leur collaboration a donné naissance à une dizaine de films, dont deux ont remporté la Palme d'or de Cannes : "Le Vent se lève" (2006), explorant les guerres d'indépendance irlandaise, et "Moi, Daniel Blake" (2016), décrivant la descente aux enfers d'un homme cardiaque suite à la privatisation des services de santé.

Dans le paysage cinématographique européen, Ken Loach occupe une place à part entière. Sa carrière, aussi prolifique que cohérente, est la plus humaniste qui soit, rappelant à tous que malgré les errements des sociétés néolibérales, la fraternité demeure une boussole qu'il serait sage de ne pas perdre.

Hommage à la comédienne Jane Birkin

Jane Birkin, icône aux multiples facettes, a laissé une empreinte indélébile dans le monde artistique comme modèle, chanteuse, actrice, scénariste et réalisatrice. Elle a su conquérir le cœur du public en passant d'un petit rôle dans "Blow Up" d'Antonioni au dernier film de Jacques Rivette, "36 vues du Pic Saint-Loup". Cependant, son impact va bien au-delà de son talent sur grand écran, avec une relation emblématique avec Serge Gainsbourg et une présence continue dans la culture artistique française, faisant d'elle une figure à la fois familière et énigmatique.

Une personnalité complète, sans trafic, sans calcul

Claude-Eric Poiroux,

délégué général et directeur artistique du Festival Premiers Plans

En hommage à celle que tout le monde appelait simplement "Jane", le Festival Premiers Plans propose une plongée intime dans l'univers de cette artiste totale. Son lien particulier avec le festival remonte à plusieurs occasions mémorables : comme présidente du jury en 1993 à Angers, à Sarajevo où elle a présidé la seule édition de Premiers Plans en Bosnie-Herzégovine en 1996, et enfin en 2018, aux côtés d'Agnès Varda, pour la rétrospective consacrée à cette dernière.

En présence de Jean-Michel Frodon, journaliste et critique, le festival célébrera cette artiste polyvalente, en revisitant ses contributions au cinéma.

Quand le cinéma et le sport se rencontrent sous les projecteurs

En cette année olympique et paralympique, le Festival Premiers Plans se lance dans une aventure cinématographique inédite en explorant les liens indéfectibles entre le sport et le septième art. Le festival angevin se fait le reflet de cette relation à travers une sélection de quarante films de tous horizons, depuis les premiers Jeux olympiques modernes en 1896, qui ont coïncidé avec les balbutiements du cinéma.

Cette programmation comprend des œuvres variées, allant des courts aux longs métrages, des fictions aux documentaires, et même à l'animation. Elle propose une plongée fascinante dans le sport, explore diverses disciplines comme le football, la boxe, le cyclisme, la gymnastique, le hockey sur glace, le rugby, le skate, le surf ou la course automobile comme dans le film "Le Mans 66" de James Mangold en 2019.

À Angers, la présence exceptionnelle d'éminents réalisateurs tels qu'Élie Grappe, Sacha Wolff et Kamal Ourahou promet d'ajouter une perspective unique à cet événement. Les acteurs Noée Abita, Anastasia Budyashkina et Toki Pilioko apporteront également leur contribution, incarnant les rôles qui donnent vie à des récits sportifs captivants. En plus des figures du cinéma, des sportifs de renom tels qu'Abdoullah Ait Bella, Oscar Constantin et Paul Bahin partageront leur expérience et leur passion.

Le festival accueillera aussi des journalistes, des enseignants de cinéma et des critiques, notamment Jean-Michel Frodon, Pierre Charpilloz, Bastien Moignoux, Louis Mathieu, Sébastien Farouelle, Pierre Pucelle, Dominique Terasas, et Christophe Le Gac. Cette assemblée éclectique participera à des discussions, des débats et des séances de questions réponses sur la puissance narrative du sport et son impact sur la société qui continue à captiver et à inspirer des générations entières.

La compétition et les autres fenêtres du festival ouvertes sur le cinéma européen

Premiers Plans, ce sont aussi des compétitions pour une sélection de longs, moyens et courts métrages, de films d'animation, de lectures de scénarios, des master class, des avant-premières, des rencontres et des rétrospectives.  

► Pour tout savoir sur Premiers Plans 2024, c'est ici 

► La soirée de remise des prix sera retransmise en direct samedi 27 janvier à partir de 18 h 45 sur france.tv

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