Législatives 2022 : Laëtitia Saint-Paul, Aude Amadou, portraits croisés de deux députées En Marche

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Écrit par Juliette Poirier avec Fabienne Béranger

Capitaine de l'armée de terre, Laetitia Saint-Paul est devenue il y a cinq ans la première militaire de carrière à siéger au Palais-Bourbon depuis plus d'un siècle. Une député issue de la société civile, tout comme l'ancienne handballeuse Laure Amadou. Toutes deux ont pris le train En Marche il y a cinq ans. A un peu moins de 150 jours des prochains élections législatives, quel bilan tirent-elles de ce mandat mouvementé ? Ont-elles réussi à se faire une place ? Vont-elles poursuivre l'aventure ?

Il y a 5 ans, au lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron, Laetitia Saint-Paul et Aude Amadou prenaient le train En Marche, direction l'assemblée Nationale.
Elles sont devenues députées sans aucune expérience politique.

Laetitia Saint-Paul, 40 ans, députée du Maine-et-Loire, officier de l'armée de Terre. Et Aude Amadou, 41 ans, députée de Loire Atlantique, ancienne handballeuse professionnelle.
En 5 ans, ces jeunes recrues La République en Marche ont rapidement pris du galon.

Un arrière grand-père qui a combattu à Verdun

Turquant, à 15 minutes de Saumur, c'est ici que Laetitia Saint-Paul s'est installée avec sa famille, sa priorité.

"Je suis installée dans ce village depuis 2014, raconte la députée, les mamans d'élève sont mes copines avec qui on fait du sport".

Je suis une maman comme les autres dans mon village

Laëtitia Saint-Paul, députée du Maine-et-Loire

La jeune députée a grandi à Rennes, formée à la prestigieuse école Saint-Cyr avant d'être affectée aux écoles de Saumur à l'Etat major. Discrète mais ambitieuse.

"Mes parents tenaient un bureau de tabac, raconte l'élue, cas particulier, j'ai grandi avec mes arrières grands-parents qui ont vécu à la maison. Mon arrière grand-père ayant combattu l'ennemi à Verdun, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui infusent dans notre vie depuis l'enfance, on ne sait pas de quelle manière, mais dans tous les cas, très tôt, j'ai voulu être militaire". 

"Un jour, j'étais avec mes enfants au centre d'action sociale de l'un de mes villages à créer des petits animaux avec des pommes de pin et le lendemain je représentais l'Assemblée Nationale à l'Elysée", se remémore la députée.

Observer et anticiper

A l'inverse, Aude Amadou a grandi à Nantes, sa terre d'élection. Elle a fréquenté les écoles du quartier Saint-Joseph de Porterie. C'est là qu'elle a découvert le handball.

"Ce lieu est très important pour moi parce que s'il n'y avait pas eu le sport, s'il n'y avait pas au l'école, je n'en serais pas là aujourd'hui", reconnait l'élue nantaise.

"En sport on doit toujours être soit dans l'anticipation, soit, après le match, on doit faire le retour et prendre beaucoup de recul, jamais être dans la réaction, explique t-elle, je pense qu'en politique c'est pareil, il faudrait apprendre à anticiper et il faut beaucoup observer".

"Je mesure le chemin parcouru"

Ascension fulgurante pour Laetitia Saint-Paul. Cas unique, c'est la première militaire élue députée et vice-présidente de l'Assemblée.

Il n'y a pas une fois où je ne suis pas émue et quand je gravis chaque marche qui me mène au perchoir je mesure le chemin parcouru

Laëtitia Saint-Paul

Entre les deux élues, un point commun, le passage par la commission affaires étrangères, leur "spécialité", à des degrés différents. Laetitia Saint-Paul est à l'aise avec la géopolitique et les institutions.

Aude Amadou, a fait le choix de prendre des cours à L'institut national du service public, anciennement l'ENA, à Strasbourg.

"Tout comme un Français qui se situe en milieu d'entreprise est amené à faire des mises à niveau, c'est exactement la même démarche dans le cadre du travail parlementaire, vous ne pouvez pas tout maitriser", explique Aude Amadou.

Si vous voulez agir au mieux, pour servir les Français, il faut connaître tous ces mécanismes

Aude Amadou, députée de Loire-Atlantique

Chacune sa méthode selon son expérience de vie, un credo cher à La République en marche. Chacune ses convictions.

"Je n'ai pas voté tout ce qui a été proposé par mon groupe, explique Laëtitia Saint-Paul, mais ce qui est sûr, c'est que je suis quelqu'un de loyal, mais loyale par conviction, pas par soumission. 

Ce contre quoi j'étais, je ne l'ai pas voté, je l'ai complètement assumé

Laëtitia Saint-Paul

"Le fait de s'abstenir ça nous permet aussi de continuer ces échanges pendant le cheminement de la loi quand elle va au Sénat, explique, de son côté, Aude Amadou, ça permet aussi de ne pas mettre un contre, un blocage, qui qui vous empêchent de discuter, d'arbitrer".

Des convictions pour lesquelles elles n'hésitent pas à murmurer à l'oreille des ministres. Comme avec Barbara Pompili en déplacement à Nantes. A Paris, à l'hôtel de Brienne, le ministère des armées de Florence Parly, au rapport sur des enjeux nationaux et internationaux. Sans pour autant négliger les problématiques plus locales.

"Il faut des élus présents"

"Je suis malheureuse quand on me met devant un Powerpoint donc en allant sur le terrain, je rencontre les personnes qui sollicitent un rendez-vous avec la municipalité, détaille Laëtita Saint-Paul, le midi je déjeune avec les élus locaux".

Ce jour-là c'est à Ditré, chez son opposant et adversaire aux législatives de 2017 que la députée enchaine les rendez-vous.

"Elle est plutôt sur des dossiers internationaux, elle ne fait pas le job tel que je le conçois d'un député, estime Eric Touro, le maire UDI de Distré, mais un député est fait avant tout pour faire la loi, il n'est pas forcément là pour aller sur les foires, sur les fêtes, sur les manifestations, ça elle a raison. Mais je pense que si on veut recréer le lien avec nos électeurs, il faut des élus présents".

La fierté c'est de se dire qu'après un mandat, on a appris beaucoup de choses, on a beaucoup progressé

Aude Amadou

"On a encore beaucoup de choses à faire et ça va prendre du temps mais je pense aujourd'hui que les citoyens attendent que cette confiance revienne et on n'y est pas encore", reconnait Aude Amadou.

Entre opportunités politiques et ambitions personnelles, les néo-députées ont décidé de repartir en campagne dans leur territoire, aux côtés d'Emmanuel Macron.