Maine-et-Loire : la sécheresse déjà bien présente

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Écrit par Laurence Couvrand avec Fabienne Béranger

Le soleil est bien présent depuis plusieurs semaines dans notre région, mais ce n'est pas une bonne nouvelle pour tout le monde. Le manque de pluies n'a pas permis de recharger les rivières et nappes phréatiques.

Depuis le mois d'avril plusieurs arrêtés préfectoraux sont venus limiter l'usage de l'eau en Maine-et-Loire puis plus récemment en Vendée et Loire-Atlantique. Etat des lieux dans le bassin du Layon en Maine-et-Loire.

En manque de pluie

L'Hyrôme s'écoule paisiblement sur le territoire des Mauges. Une image de quiétude qui contraste avec l'état réel de cet affluent du Layon.

Les pierres du lit de la rivière affleurent, là il où devrait y avoir 1 mètre d'eau. La faute au manque de pluie depuis janvier.

"Nous sommes avec un déficit de 100mm depuis 2 mois et demi par rapport à la moyenne habituelle, explique Jean-Jacques Dervieux, vice-président syndicat Layon Aubance Louets en charge des milieux aquatiques, ce qui a pour conséquence d'avoir une rivière qui a un débit de l'ordre de 5 fois moins de m³/seconde"

Sur ce territoire, la ressource en eaux est utilisée à 90% par les agriculteurs. Laurent Martineau est spécialisé dans les plantes médicinales. Le manque de pluie inquiète d'autant que 2 de ses 4 retenues collinaires n'ont pas fait le plein.

"C'est la première fois que je vois cet étang au 30 avril vide. Ça veut dire qu'il ne s'est pas rempli du tout de l'hiver, l'eau de ruissellement n'a pas été suffisante pour remplir ce bassin".

Un stockage qui contribue à la bonne croissance de ses plantes et lui assure une certaine autonomie en cas de sécheresse.

"La priorité pour nous c'est d'abord la qualité, une plante riche en actifs, si elle a trop souffert, elle ne va malheureusement pas générer l'actif que l'on recherche dans la plante", explique Laurent Martineau.

Des premiers arrêtés dès avril

L'irrigation est aujourd'hui encadrée. Les premiers arrêtés préfectoraux sont tombés dès le 12 avril dans le Maine-et-Loire. Il faut limiter la casse, préserver les cours d'eaux et leurs écosystème.

Aujourd'hui, la fédération de pêche relâche des bébés brochets. Une reproduction assistée car les prairies inondables se font rares.

Le brochet "va remonter pour déposer ses oeufs au mois de février, explique Stéphanie Fénéon, directrice de la fédération de pêche du Maine-et-Loire, le temps que l'éclosion se fasse, le temps que les petits alevins fassent leur croissance et soient en capacité de pouvoir regagner leur milieu dans de bonnes conditions".

" Il faut que la zone humide reste inondée pendant au minimum 40 jours, poursuit Stéphanie Fénéon, là ça nous préoccupe parce que les niveaux d'eau ont baissé très très très tôt et ont compromis une partie de la fin de la reproduction de cette espèce".

Une situation critique qui est amenée à se reproduire. Depuis des années, l'association France Nature environnement alerte sur notre utilisation de ce bien commun.

"De toutes façons, il y a un changement climatique, de toutes façons, il y a un changement de régime pluviométrique, indique Marie Mezière-Fortin, hydrobiologiste, membre de France Nature environnement, pour s'y adapter la première réponse c'est la sobriété, c'est de diminuer nos besoins et notre demande en consommation d'eau. 

Cette année particulière de 2022 nous rappelle qu'on est sur une ressource finie et qu'on ne peut pas faire autrement que de partager correctement le patrimoine commun qu'est l'eau

Marie Mezière-Fortin

Hydrobiologiste

De l'eau à optimiser. C'est devenu l'objectif du syndicat Layon, Aubance, Louets qui a mis en place un plan de territoire de gestion des eaux depuis un an.

"Sur le Layon, on est en train d'imaginer un barrage sur l'étang de Beaurepaire, à la source du Layon pour imaginer un écoulement pendant la période estivale pour qu'il reste de la vie dans la rivière Layon, de la biodiversité" détaille Dominique Perdrieau, Président du syndicat Layon Aubance Louets,

La pluie se fait toujours attendre. Une eau qui sera de toute façon absorbée par une végétation en pleine croissance. Il sera difficile pour les nappes phréatiques de rattraper le déficit hivernal d'ici cet été.