Procès de Saïd Chabane : trois ans de prison requis contre l'ex-président du Angers SCO pour agressions sexuelles

Le tribunal correctionnel d'Angers a requis trois ans de prison dont un avec sursis à l'encontre de Saïd Chabane, propriétaire du club de football d'Angers SCO pour des agressions sexuelles commises entre 2014 et 2019. La décision du tribunal correctionnel sera rendue le 16 février prochain.

Trois ans de prison, dont un avec sursis simple et mandat de dépôt différé, ont été requis mardi 19 décembre 2023 par le tribunal correctionnel d'Angers devant le lequel comparaissait Saïd Chabane, l'ex-président et actuel propriétaire du club de football d'Angers.

Il était jugé pour des agressions sexuelles "commises par personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction".

Sur les sept plaignantes, quatre jeunes femmes victimes sont présentes au procès qui a démarré lundi 18 décembre 2023.

Toutes étaient salariées d' Angers SCO ou de l'entreprise de charcuterie dont Saïd Chabane est également propriétaire au moment des faits dénoncés, entre 2014 et 2019.

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Une entreprise de démolition

"Chacune a décrit des gestes intolérables", commis par l'ex-président du club,
a dénoncé le procureur Eric Bouillard, qui a également réclamé un mandat de dépôt différé.

Le magistrat a également pointé "l'entreprise de démolition" menée par la défense.

Depuis le dépôt de plainte, "on m'a dit que j'étais vénale, menteuse, que je cherchais la lumière", a raconté mardi 19 décembre 2023 à la barre la première femme à avoir accusé Saïd Chabane en janvier 2020. 

"On ne porte pas plainte contre son employeur, en étant en poste, pour le plaisir.
J'ai porté plainte pour dénoncer un comportement inacceptable, intolérable, irrespectueux" a-t-elle ajouté.

L'accusé conteste les faits reprochés

La défense voit dans l'affaire un "dossier de déclarations", sans "éléments d'expertise qui viendraient consolider un côté ou l'autre".

Sur les 17 témoins entendus, "pas un n'était cité" par les parties civiles, a souligné Me Pascal Rouiller, un des avocats de Saïd Chabane.

Un schéma qui se répète

Lors du procès, cinq plaignantes ont raconté à la barre des étreintes non désirées, des attouchements au niveau de la poitrine et des fesses ou des mains guidées vers l'entrejambe du prévenu.

"On a des faits qui, confrontés, se ressemblent étrangement, y compris entre victimes qui ne se connaissent pas. On n'est pas sur une victime, on est sur des schémas qui se reproduisent. C'est un simple constat. Vous voulez dire quelque chose ?", a demandé au deuxième jour du procès la présidente, Catherine Menardais. 

"Non, madame la présidente", a répondu Saïd Chabane.

"Je ne suis pas un agresseur. Si j'ai fait des erreurs, je suis prêt à payer". C'est contenté de déclarer l'ex président du SCO à l'approche de la fin de ses deux journées d'audience, laissant le tribunal sans explications.

Plusieurs témoins de la défense, notamment des employés du SCO et de son entreprise,
ont affirmé qu'ils n'avaient jamais eu connaissance de tels faits.

Le tribunal correctionnel d'Angers a mis sa décision en délibéré.

Le verdict doit être rendu le 16 février 2024.

 

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