Double agression mortelle à Cholet : l'homme interpellé se décrit comme un prophète catholique pour punir les incroyants

L'homme interpellé samedi en fin d'après-midi à Cholet, suspecté d'avoir tué deux personnes et blessé gravement une troisième, aurait agi au nom du dieu catholique. Il avait fait l'objet d'un suivi psychiatrique, il a répondu aux enquêteurs d'une manière affirmée selon le procureur de la République.
Deux morts et une blessée grave à Cholet, Éric Bouillard, procureur de la République à Angers relate les premiers élément de l'enquête au cours d'une conférence de presse
Deux morts et une blessée grave à Cholet, Éric Bouillard, procureur de la République à Angers relate les premiers élément de l'enquête au cours d'une conférence de presse © France Télévisions
L'homme interpellé samedi vers 18h à Cholet après que deux personnes ont été tuées et une troisième blessée gravement en pleine rue, a avoué son action.

Le procureur de la République d'Angers, Éric Bouillard, indique que l'homme âgé de 35 ans est sorti de chez lui vers 15h, "il a erré dans le quartier, vers 16h il va croiser un couple de personnes âgées, qui selon lui sont des incroyants et vont lui être désignées par dieu, il se décrit comme étant un prophète, missionné par le dieu catholique pour punir les incroyants".
 

Des coups portés à mains et pieds nus

"Il a décidé de les frapper. On a recherché en vain une arme. Il nous indique avoir agi à mains nues et à pieds nus pour frapper ses victimes, il frappe d'abord la femme, puis son mari. Les médecins nous disent qu'elle est hors de danger".

L'homme a indiqué être ensuite rentré chez lui pour se nettoyer. Il croise des témoins à qui il dit avoir identifié une non croyante.

Le procureur reprend : "chez lui il reçoit toujours pour mission de punir une seconde personne. Il croise la route de la troisième victime, qui est une personne qui ne demeure pas dans l'immeuble, mais qui envisageait de s'y installer en louant un logement. Il frappe la personne à coups de pied".
 

Des antécédents psychiatriques

L'agresseur a répondu sereinement et calmement aux enquêteurs. "Il dit assumer les faits et presque les revendiquer".

Cette personne a fait l'objet de soins psychiatriques, notamment en hospitalisation sous contrainte, il n'était plus suivi depuis juillet et les enquêteurs n'ont pas trouvé à son domicile de signes d'un traitement en cours.

Les enquêteurs n'ont pas encore pu accéder au dossier, mais ils savent que "c'est une personne qui  a été suivie de 2018 à l'été 2020, on ne connait pas encore le type de traitement, contraint dans un milieu fermé, ou un suivi ambulatoire".
 

Un discours de détestation

L'enquête se poursuit désormais pour savoir si l'agresseur, chez qui les enquêteurs n'ont pas trouvé de signes religieux en dehors de la croix qu'il porte, est en relation avec des groupes religieux ou mystiques. "Son discours est un discours de détestation des incroyants et des juifs".

Les experts devront déterminer par ailleurs la pathologie de l'agresseur, pour savoir s'il est capable d'endosser une responsabilité pénale.

Une information judiciaire sera ouverte demain lundi 16 novembre. Les enquêteurs vont devoir cerner la personnalité de l'individu, "vérifier les aveux qui nous sont donnés"
 

Pas d'acte terroriste à ce stade de l'enquête

Les déclarations comme "Je suis un prophète et j'ai été missionné pour commettre ce type de faits", ne constituent pas un caractère terroriste selon le procureur de la République, "il veut dire punir les incroyants", cela ne constitue pas un caractère terroriste tel qu'on le connait avec les attentats islamistes. "Le mobile invoqué par l'agresseur interroge, mais l'information ne fait que commencer" ajoute le procureur.

L'agresseur avait été condamné il y a deux ans pour un port d'arme avec peine d'amende, sans rapport avec les faits qui lui sont reprochés aujourd'hui. Il risque désormais la prison à perpétuité.

Cet homme de 35 ans est originaire de Cholet et indique avoir été responsable commercial à Cholet, avant de perdre son emploi, ce qui serait à l'origine de ses difficultés psychologiques ou psychiatriques.

Une autopsie des deux victimes doit avoir lieu mardi. L'information judiciaire n'est pas encore ouverte, une nouvelle enquête psychiatrique doit être effectuée, a annoncé le procureur ce lundi soir 16 novembre.
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