À la SPA de Cholet, les adoptions sont en hausse, mais l’inflation fait craindre une augmentation des abandons

Tout coûte plus cher qu’auparavant. Et les rayons animalerie n’échappent pas à la règle. À la SPA de Cholet, qui ouvre ses portes ce week-end, les adoptions vont bon train, mais les bénévoles observent que les abandons liés au manque de moyens financiers augmentent.

"Il est trop beau, je craque !" s’exclame Marie, tombée en pâmoison devant Soko, un petit cocker noir. Il faut dire qu'en ce week-end de portes ouvertes au refuge, le chien lui a fait les yeux doux. Pour la retraitée, pas de doute, Soko ne dormira pas une nuit de plus à la SPA de Cholet, il rentre à la maison, pour rejoindre son chien et son chat, qui devront lui faire une place sur le canapé.

Bientôt Marie aura trois animaux à la maison, et un budget conséquent : 270 euros pour adopter Soko à la SPA, puis entre 100 et 150 euros par mois rien que pour les croquettes de ses trois compagnons. Et c'est sans compter les futurs pépins vétérinaires, qui mettent souvent à mal le porte-monnaie.

Concernant son budget "animaux", Marie l’avoue,  "j’ai pas trop calculé avant de venir". De toute façon, en cas de coup dur, elle l’assure, "c’est l’animal avant moi !". Une philosophie qui ravira Soko, mais qui n’est pas légion pour tous les propriétaires d’animaux.

4 à 6 % plus cher 

 Au refuge, les bénévoles observent que de plus en plus d’abandons sont liés à la situation financière des propriétaires. "C’est une nouvelle raison pour abandonner son animal, y a des gens qui n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins", explique Mathieu Beddiaf, le responsable de la SPA de Cholet.

Le salarié estime que les produits liés à l’alimentation et les frais vétérinaires ont augmenté de 4 à 6%. "Pour nous aussi tout a augmenté, on a été obligé d’augmenter nos frais d’adoption d’une vingtaine d’euros par animal, pour pouvoir continuer à financer l’association qui est en grande partie financée par les dons et la générosité du public", précise Mathieu Beddiaf. Heureusement, les adoptions sont en légère hausse. On en compte déjà une trentaine de plus que l’année dernière à la même période.

Attention aux adoptions "coup de cœur"

Mais plus encore qu’auparavant, Mathieu Bediaf multiplie les avertissements lorsque des candidats à l’adoption se présentent au refuge. "Il faut bien qu’ils comprennent qu’un animal ça demande du temps, de l’argent aussi, notamment avec l’inflation, c’est justement pour ça que le certificat d’engagement est en place depuis un an et demi, pour rappeler à toutes les personnes qui veulent adopter les besoins financiers, les besoins physiologiques  d’un animal aussi", répète-t-il.

À la SPA, on se méfie des adoptions "coup de cœur". On préfère les adoptants raisonnés, qui mûrissent ce projet depuis suffisamment longtemps. C’est le cas d’Alicia, venue rendre visite à la chatterie. "J’ai tout calculé, que ce soit en dépenses vétérinaires au cas où, le budget nourriture, soin, j’ai tout calculé et puis je suis venue ici après", raconte la jeune femme, tombée amoureuse de Crystal, une chatte couleur écaille de tortues. C’est la première fois qu’elle adopte un chat. 

Pour moi c’est comme une évidence d’adopter un animal à la SPA, on fait un geste particulier, ce n’est pas rien, ça me tenait à cœur

Alicia, adoptante

45 000 euros d'amende et 3 ans d'emprisonnement

Un geste lourd de conséquences, puisqu’une adoption engage sur le long terme. Pour rappel, un chien vit en moyenne 10 à 13 ans. Pour nos amis les chats, comptez plutôt 15 à 18 ans de bonne compagnie…. Et de responsabilités aussi.

Selon la loi, l'abandon d'un animal domestique dans la nature est puni de 3 ans de prison et de 45 000 € d'amende. À la SPA, abandonner votre animal vous coûtera 80 euros.

Visionnez le reportage de Juliette Poirier et Bertrand Tang : 

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Tout coûte plus cher qu’auparavant. Et les rayons animalerie n’échappent pas à la règle. À la SPA de Cholet, qui ouvre ses portes ce week-end, les adoptions vont bon train, mais les bénévoles observent que les abandons liés au manque de moyens financiers augmentent. ©France Télévisions

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