Sécheresse : L'ONF et la gendarmerie contrôlent le respect de l'interdiction aux forêts du Maine-et-Loire

Publié le

Les arrêtés préfectoraux se multiplient dans les forêts qui sont interdites d'accès de 13h à 22h pour prévenir les risques d'incendie. Le premier département à avoir pris un arrêté, c'est le Maine-et-Loire où le risque d'incendie est maximum.

Nous sommes dans la forêt qui borde le parc de loisirs des Sablières à Ecouflant, au nord d’Angers.

Une des patrouilles de la gendarmerie qui arpente les chemins croise un couple d'un certain âge qui se promène.

Le dialogue s'engage courtoisement.  

« Il y a un arrêté préfectoral qui a été pris par rapport aux feux et aux incendies dans les zones boisées" détaille l'un des deux gendarmes à VTT, "et normalement il est interdit de circuler par exemple dans le parc des Sablières mis à part à proximité de la plage, des parkings. Par contre vous ne pouvez pas être ici. En étant ici vous vous exposez à une amende de 135 euros"

"Comme ça on est au courant maintenant" acquiesce cette dame. Elle reconnait "on est habitué à venir dans le coin et on trouvait bizarre qu'on était pas beaucoup" ajoute-t-elle.

Grâce aux VTT et aux chevaux, les gendarmes peuvent aller au plus près des usagers de la forêt dans des endroits où ils ne pourraient pas aller autrement.

Ces habitants du coin paisiblement allongés sur le sable, en bordure d'un des lacs artificiels de la zone mais hors baignade, sont quelque peu surpris quand ils voient arriver deux gendarmes qui patrouillent à cheval.

"Bonjour messieurs dames, on va vous demander de quitter les lieux" demande poliment la cavalière en expliquant le détail de l'arrêté.

André qui habite tout proche à du mal à cacher son agacement devant les modalités de cet arrêté qu'il dit ne pas connaitre.

"C'est bien parce que c'est sec partout mais de là à nous envoyer tout au fond à presque un kilomètre alors qu'on est garé à cent mètres, même pas c'est stupide. S'il y a le feu là-bas, le temps qu'on arrive on a le temps de cramer alors que là en deux secondes on est à la voiture" analyse ce vacancier un peu énervé.

Prévention dans un premier temps mais cela n’exclut pas la verbalisation plus tard prévient le capitaine Jacques Fonteneau, commandant adjoint à la compagnie de gendarmerie d’Angers

 « L’arrêté préfectoral est très récent (NDLR 24h au moment du reportage) donc on ne peut pas se permettre de réprimer à chaque fois." explique le responsable de la gendarmerie.

"Il y a des arrêtés qui ont été mis en place, des imprimés qui sont affichés à l'entrée des bois" continue le capitaine Fonteneau.

On discute avec les gens, ont leur demande s'ils ont eu connaissance de cet arrêté et bien souvent il s'agit juste d'une information pour le moment qui risque de se transformer en répression très vite. Si on s'aperçoit que la personne avait connaissance de sa mauvaise action là on la réprime sans aucun problème.

Capitaine Jacques Fonteneau

commandant adjoint à la compagnie de gendarmerie d’Angers

Direction le nord-est du département, bienvenue dans la forêt domaniale de Chandelais.

Un millier d’hectares composées principalement des feuillus (chênes, hêtres et châtaigniers) mais aussi quelques résineux, en particulier des pins maritimes.

Manuel Huet est l’un des 5 techniciens de l’Office National des Forêts en charge des massifs du Maine et Loire.

 "On est un peu à la recherche d’indices de la négligence des gens" explique-t-il.

"Je pense que si on regarde un peu plus loin on va trouver des mégots de cigarette parce que c'est le signe. La première négligence du public c'est le jet de mégot en forêt indéniablement...."

Effectivement le technicien de l'ONF s'interrompt et se penche vers le filtre d'un mégot qu'il ramasse à proximité de ses pas. Et termine sa phrase:  "... le risque le plus fort de mettre le feu en forêt »

Malgré le vert de la végétation il ne faut pas s’y tromper, à la fin du mois de juillet; à peine à 10 kilomètres de distance, une quarantaine d’hectares ont brulé.

Une reprise du feu a mobilisé de nouveau les pompiers il y a 24 heures.

Le risque d’incendie est maximum pendant les horaires d’interdiction.

 Il y a un risque moins élevé le matin avant les heures chaudes de la journée. On conserve quand même l’accès aux forêts pour le public mais également pour les professionnels de la forêt le matin. Parce qu'il y a toute une économie sur la forêt. Par contre c'est vrai qu'entre 13h et 22h le risque est très élevé

Manuel Huet

technicien territorial forestier Office National des Forêts 49

L'arrêté est en vigueur tant que le risque demeure. D’après ce spécialiste il restera valable tout le mois d’août. Il faudrait des pluies d’orage de 30 à 40 millimètres d’eau pour noyer les surfaces forestières et que le risque d’incendie retombe.