Fermetures de classes, suppressions de postes, coupes budgétaires... Pour les enseignants comme pour les élèves et leurs parents, la situation dans les écoles, collèges et lycées ne cesse de s'aggraver. Mais jusqu'à quand ?
Depuis cinq mois, au collège Alfred Jarry à Renazé, en Mayenne, les 60 élèves de quatrième n'ont plus cours de français : leur professeure n'a toujours pas été remplacée.
Une situation plus qu'inquiétante pour les élèves et leurs parents, face à laquelle le corps enseignant se sent aussi impuissant que démuni. "Ces absences qui durent et qui ne sont pas remplacées, comme dans ce collège à Renazé, c'est symptomatique d'une situation qui tend à se généraliser, constate Stève Gaudin, professeur des écoles et représentant syndical FO en Mayenne.
Les enseignants et les personnels portent l'école à bout de bras depuis trop longtemps et là, on sent bien que la situation a atteint un point de non-retour".
Stève GaudinProfesseur des écoles et représentant syndical FO en Mayenne.
À un an du brevet des collèges, certains élèves ne cachent pas leur inquiétude, d'autant plus que leur professeure de Français ne devrait pas revenir avant la rentrée prochaine. Et en attendant, c'est en salle d'études, seuls avec leur manuel, qu'ils travaillent leurs exercices de Français, avec l'aide du surveillant ou des AED (assistants d'éducation). "Tout le monde est pénalisé, les élèves en premier lieu. Il y a une rupture dans les programmes, une rupture dans l'égalité de traitement".
Absences non remplacées, fermetures de classes, suppressions de postes, coupes budgétaires... depuis longtemps déjà, les syndicats tirent la sonnette d'alarme. "Depuis 2017, dans les collèges et lycées, c'est près de 8 000 suppressions de postes au niveau national, et les conséquences, elles sont directes pour les conditions d'accueil et d'apprentissage de nos élèves, mais également pour nos conditions de travail", estime Stève Gaudin.
Le choix des établissements privés
Face au manque criant de remplaçants dans les établissements publics, de nombreux parents se tournent vers le privé, optent pour des cours particuliers où des e-learning. Encore faut-il en avoir les moyens...
Alors que le ministre de l'Économie a annoncé 10 milliards de coupes budgétaires dans les ministères, dont 700 millions d'économies pour l'Education nationale, pour les enseignants et personnels du premier et second degré, "c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, déjà trop rempli".
Pour Stève Gaudin, la solution, c'est de créer un vrai choc d'attractivité. "C'est par la revalorisation des salaires qu'on arrivera à recruter et à attirer plus de personnel. Mais avant tout, il faut mettre un terme aux suppressions de postes et mettre fin à cette hémorragie".
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