Coronavirus : la Belgique bannit la Mayenne de ses destinations touristiques, Olivier Richefou "furieux" en veut à l'ARS

Alors que de nouvelles mesures ont été décidées en Mayenne pour tenter de limiter la propagation de la Covid 19, notamment le port du masque obligatoire dans 69 communes, la Belgique vient de mettre le département en liste rouge.

Vu de Belgique, la Mayenne est considérée comme un département à haut risque de contagion.
Vu de Belgique, la Mayenne est considérée comme un département à haut risque de contagion. © DENIS CHARLET / AFP
Les Belges l'ont désigné destination non grata. Leur gouvernement les incite à ne pas s'y rendre cet été.
Alors même, que de nouvelles mesures ont été décidées en Mayenne pour tenter de limiter la propagation de la Covid 19,  le gouvernement belge précise que

Les voyages ne sont pas possibles ou pas autorisés : en France, Mayenne

Le site gouvernemental belge précise aussi qu'"à partir du premier août, chaque personne qui rentre en Belgique depuis l’étranger ou qui désire séjourner plus de 48 heures en Belgique devra remplir un formulaire d’identification (Passenger Locator Form)". Un fomulaire à remplir pour ceux qui viennent de Mayenne.

Cette décision de la Belgique de blacklister la Mayenne des destinations de vacances est perçue comme "injuste et stigmatisante" par des élus du conseil départemental. Nous avons recueilli leurs réactions.
 

"Je suis furieux"

D'habitude, quand on compare la Mayenne à la Suisse, Olivier Richefou, le président du conseil départemental, est plutôt flatté...
Mais là, le classement édicté par le gouvernement belge sur les destinations à proscrire pendant les vacances (dont Genève et un seul département français, le sien !) l'a mis en rogne. 
 

Je suis furieux ! c'est une très mauvaise idée de nous cataloguer ainsi.

Olivier Richefou

"J'ai déjà dénoncé la politique de l'ARS qui prétend dépister tous les Mayennais. Il est évident que plus on dépiste, plus on trouve de cas. En l'occurrence, depuis une semaine notre taux de positivité ces sept derniers jours est de 2,6%. En Sarthe ils sont à 2,4%. Certes, au début du mois de juillet nous étions à 9% mais depuis les choses ont changé", explique Olivier Richefou.

Pour le président du Conseil Départemental de la Mayenne, la Belgique ne fait que suivre les publications, qu'il juge alarmistes, de l'Agence Régionale de Santé. 

"Plus qu'ailleurs nous sommes pris dans une machine administrative infernale. Nous avons dépisté 25 000 personnes sur 300 000. Je ne nie pas que le virus circule mais mais nous n'avons aucune personne en réanimation et depuis le début de la crise, nous ne comptons que 45 décès. L'ARS a voulu faire de la Mayenne un département test...et voilà le résultat" tonne Olivier Richefou qui poursuit "Je n'en veux aucunement aux belges qui a été le pays européen le plus durement marqué par la crise en terme de mortalité par habitant, j'en veux à l'ARS".

L'annonce du gouvernement belge est perçue comme d'autant plus stigmatisante que "toutes les précautions sont prises pour éviter la propagation du virus" précise Olivier Richefou, qui salue au passage la décision du préfet d'imposer le port du masque dans les 69 communes des 8 bassins de vie où on été decouverts des foyers de contamination. 
 

Une mauvaise blague belge 

Guillaume Garot, le député socialiste de la Mayenne parle de "(mauvaise) blague de nos amis Belges". "La Mayenne ne dispose pas de gardes-frontières... Plus sérieusement : une telle décision, très stigmatisante pour notre département, est à l’inverse d’une nécessaire concertation à l’échelle européenne en matière de santé".  

Mauvais pour l'image, plus que pour la fréquentation actuelle

"Pour nous, c'est sévère et injuste", renchérit Joël Balandraud, président de Mayenne Tourisme. Car, nombreux sont les belges qui aiment venir passer leurs vacances en Mayenne, adeptes d'un tourisme rural. Au vert et au calme.

"La clientèle- nuitées étrangères chez nous, c’est 16% des nuitées. Les anglais sont habituellement les plus fortement représentés, suivis de près par les touristes de l'Europe du nord (Néerlandais, belges, allemands) nous indique Joël Balandraud, qui relativise. En ce moment comme partout en France, la clientèle étrangère est absente. Ce classement est donc stigmatisant pour un enjeu relativement peu important". 

Il jette néanmoins l'opprobre, selon l'élu, sur les acteurs du tourisme. 
"Les cas positifs concernent des clusters et milieux professionnels bien connus (agroalimentaire puis les foyers accueillant les salariés de ces entreprises). La contamination n’affecte pas le tourisme dont les acteurs mettent en place toutes les mesures pour accueillir tout le monde dans les meilleurs conditions possibles" tient-il à préciser

Les élus du département espèrent que ce classement sera vite oublié et qu'il n'aura pas non plus d'incidence sur les touristes français qui ont choisi la Mayenne, faute de pouvoir, eux aussi, passer leurs vacances à l'étranger.

Dans 69 communes, on avancera désormais masqué

Car, depuis deux semaines, les indicateurs du département de la Mayenne confirment la circulation active du virus. "La crise sanitaire dure et menace de s’aggraver si des mesures strictes ne s’imposent pas" indique le communiqué diffusé hier, samedi 1er août par la préfecture.

Jean-Francis Treffel, préfet de la Mayenne a donc décidé d'impose le port du masque dans 69 communes du département, dans tous les lieux publics (voie publique, espaces publics de plein air) à l’intérieur du périmètre délimité par les panneaux d’entrée et de sortie des villes concernées.

L'état a préféré opter pour cette solution plutôt que pour un reconfinement, même ciblé, précise ce communiqué.

"La mise en place d’un reconfinement serait dommageable, tant pour le bien-être collectif, la vie familiale, l’activité professionnelle, que pour le monde économique déjà sévèrement touché depuis le mois de mars".

À partir de lundi, le 3 août, le port du masque de protection sera donc obligatoire dans les communes suivantes :Selon le préfet, Jean-Francis Treffel, " Si tous les Mayennais se mobilisent et respectent les consignes, les indicateurs sanitaires évolueront dans le bon sens. Ce combat est donc l’affaire de tous. La méthode reste la même: dépister le plus possible, tracer les contacts des cas positifs, isoler les personnes positives et leurs contacts à risque, respecter et faire respecter les gestes barrières".

 
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