Environnement : le skipper mayennais Fabrice Amedeo va mesurer les taux de microplastiques

Habitué des partenariats avec les scientifiques, le skipper mayennais Fabrice Amedeo se lance cet été dans un tour de France à la voile. A bord de son monocoque, il va mesurer les niveaux de pollution aux microplastiques le long des côtes françaises.

Fabrice Amedeo sur Newrest - Art et Fenetres
Fabrice Amedeo sur Newrest - Art et Fenetres © Fabrice Amedeo / Newrest - Art et Fenetres

Avec ses équipiers, Fabrice Amedeo s’élancera de la Trinité-sur-Mer le 31 mai prochain pour un périple de deux mois le long des côtes françaises, qui le mènera de la Manche à la Méditerranée en passant par l’Atlantique. Chaque jour, ils relèveront le taux de CO2, la température et la salinité de l’eau en surface et la concentration en microplastiques, grâce à des capteurs positionnés sur le monocoque.

Lors du dernier Vendée Globe, Fabrice Amedeo a utilisé ces mêmes capteurs pour transmettre des données, notamment dans les mers du Sud, auxquelles la communauté scientifique n’a accès qu’environ une fois tous les dix ans

"D’habitude, ce sont les scientifiques qui s’adaptent à mes contraintes liées à la performance du bateau. Là, je vais mettre mon bateau à disposition au niveau des trajectoires et des zones d’échantillonnage, avec un protocole beaucoup plus contraignant à bord pour réaliser les prélèvements", explique le skipper.

Essentielles aux scientifiques pour les aider à mieux comprendre l’impact et les conséquences du réchauffement climatique et des gaz à effets de serre sur les océans, ces données seront traitées et analysées par les partenaires scientifiques, l’Ifremer, l’Université de Bordeaux, l’IRD, Geomar, l’Institut Max Planck, la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO et Oceanops.

Ces prélèvements effectués près des côtes "ont un intérêt très complémentaire de ceux effectués au large. Ils permettront de mieux comprendre et anticiper les impacts de la pollution sur la biodiversité marine, plus riche en eaux peu profondes le long du littoral", confirme Jérôme Cachot, Professeur des Universités à l’Université de Bordeaux, laboratoire EPOC.

Ces données permettront notamment de comparer les niveaux de microplastiques, dont la taille est inférieure à 5 mm, dans l’océan et dans la mer Méditerranée ainsi qu’à proximité des estuaires, dans la baie de Seine, la Loire, la Garonne ou le Rhône.

Chaque année près de 10 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversés dans les océans, selon l'Atlas du Plastique, publié en 2020. 

Durant ces deux mois, le skipper poursuivra sa préparation pour ses prochaines échéances sportives et assurer sa qualification pour la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre qui s’élancera le 7 novembre prochain du Havre, en direction de la Martinique.

"Nous en profiterons pour régler le bateau, ajuster les détails techniques suite au chantier d’hiver et pour nous entrainer en double pour la Transat Jacques Vabre, notamment lors du convoyage entre le Sud-Ouest de la France et la Méditerranée", précise Fabrice Amedeo.
 

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