Coronavirus en Mayenne: par peur de dégradations sur leur véhicule, des conducteurs changent de plaque d'immatriculation

Conséquence inattendue de la circulation active du covid 19 en Mayenne , les demandes de changement de plaques d'immatriculation se multiplient dans le département. Les Mayennais craignent de ne pas être les bienvenus sur leurs lieux de vacances.

Les Mayennais préfèrent changer de plaques d'immatriculation pour avoir un autre numéro de département
Les Mayennais préfèrent changer de plaques d'immatriculation pour avoir un autre numéro de département © France 3 Pays de la Loire
Sur les routes vous croiserez peut-être moins de véhicules immatriculés 53 ces prochains jours.

Les garagistes sont débordés face à l'afflux d'automobilistes qui souhaitent changer de plaque d'immatriculation avant de partir en vacances.
 
"Depuis le début de la semaine, au moins une trentaine, d'habitude 5-6", raconte David Baudet, directeur de magasin automobile à Saint-Berthevin, près de Laval.
 
Dans ce centre auto on n'avait jamais vu ça. Surtout des plaques à l'effigie d'autres départements.
 
"On a du 64, du 49, du 85, on monte un peu de tout"
, énumère Jordan, mécanicien, "Corse un petit peu aussi, j'en ai monté plein justement hier".
 
Certes, ça fait marcher le commerce mais un peu injuste quand même cette ostracisme anti Mayennais.
 
"Il faut bien se rappeler quand même que la Mayenne a accueilli des malades qui étaient en besoin de réanimation, des hôpitaux parisiens en saturation, du Grand est",
dit Thierry Gaston, propriétaire du Leclerc Auto Laval.


La crainte de dégradations

Un futur vacancier, qui passe de 53 à 64, craint donc de se faire abimer son véhicule.

"On ne sait pas les dégâts qu'ils peuvent faire sur une voiture", dit-il, "ils peuvent casser un rétroviseur, un phare, ça coûte très cher".

Et puis il y a les chanceux qui sont déjà immatriculés ailleurs. Cet autre automobiliste roule en 59.

Quand j'ai acheté mon véhuicule, il y a quelques années, il était immatriculé en 59 et je n'ai pas changé la plaque

Un automobiliste mayennais

Et tout cela pour 2 semaines de vraie crise sanitaire mais aussi d'emballement médiatique. Avec, depuis, des raisons d'espérer. 
 
"La situation est maîtrisée, tout le monde s'est mobilisé pour faire le nécessaire et protéger la population", explique Samia Soultani, conseillère municipale LR, vice-présidente de la région Pays de la Loire.

Il n'y a vraiment pas de honte à dire qu'on est Mayennais         

Samia Soultani

         Et puis rien ne dit que d'autres départements ne seront à leur tour stigmatisés. Alors, comme au loto, il faut choisir le bon numéro.

► Le reportage de notre rédaction
Coronavirus, les conducteurs mayennais changent de plaque d'immatriculation


Que dit la réglementation ?

Selon Service-Public, le site officiel de l'administration française, le choix de l'identifiant territorial "est libre et peut ne pas avoir de lien avec le domicile du titulaire du certificat d'immatriculation. L'identifiant territorial doit être intégré dans sa globalité à la plaque d'immatriculation et être situé à l'extrémité droite de celle-ci, sur fond bleu non obligatoirement rétroréfléchissant. L'identifiant territorial doit être identique sur la plaque avant et sur la plaque arrière".

Les plaques d'immatriculation "doivent comporter notamment un identifiant territorial constitué par le logo officiel d'une région et le numéro de l'un des départements de cette région (choisi librement par le titulaire du certificat d'immatriculation). Par conséquent, l'apposition d'un simple autocollant sur la plaque est interdit par la réglementation, l'article R317-8 du code de la route sanctionnant d'une amende de 4e classe le non respect de ces règles".

 
 
 
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