Laval : au delà du service des urgences, c'est tout l'hôpital qui est en danger estime le syndicat Force Ouvrière

"La maison brûle", c'est le cri d'alerte du syndicat FO qui dénonce le manque de moyens, en lits et en personnels, à tous les étages de l'hôpital de Laval.

Après Caroline Brémaud, la cheffe des urgences de l'hôpital de Laval, le syndicat Force Ouvrière monte au créneau. Selon le syndicat,  les difficultés criantes des urgences ne doivent pas occulter la situation globale de l'établissement lavallois.

"Les besoins de la population sont bien loin d’être actuellement garantis par le CH Laval, et les urgences, en dépit de leurs graves difficultés de fonctionnement, ne sont pas l’épicentre du phénomène. Si aujourd'hui, un Mayennais nécessitant une aide d’urgence peine à trouver l’aide dont il aura besoin, tous les Mayennais hospitalisés au CH Laval souffrent de la dégradation de la qualité de soins "

Dans un communiqué, le syndicat liste le manque de moyens dont souffrent visiblement tous les services.

"Par manque persistant de pédopsychiatres (ils ne sont plus que 3 médecins du service public pour l’ensemble du département), les délais de prise en charge sont énormes et mettent en difficulté des enfants et leurs familles", dénonce FO, "le nombre d’agressions graves est multiplié, des soignants ont été passés à tabac, nécessitant l’intervention de la Brigade Anti Criminalité tellement le manque de moyen humain est criant."

FO rappelle que les urgences psychiatriques ne sont pas assurées lorsque les urgences générales ferment la nuit. Les urgences psychiatriques sont fermées de 22h à 6h.

"Face à l’apparition d’un "cluster", près d’une dizaine de résidents sont à l’isolement dans un service dédié. Tout le monde sait que les personnes âgées sont extrêmement fragiles face à la maladie".

 FO ajoute que "de manière récurrente, faute de personnel, des résidents restent dans leur lit la journée entière, des familles réalisent eux-mêmes le ménage, comme si payer 2 000€ par mois ne saurait garantir la dignité de ces personnes".

Le service de médecine gériatrique, en grève lui aussi, "se voit ponctionner son effectif de jour car aucun arrêt n’est remplacé. Rappelons que seuls 2 soignants assurent les soins de 29 patients la nuit, des patients âgés, très dépendants pour tous les actes de la vie courante, et pour beaucoup souffrant de troubles démentiels".

En médecine polyvalente, le syndicat estime que la situation de juillet 2020 se répète.

Avec la déferlante de la 5e vague, le nombre de patients porteurs du COVID augmente de jour de jour,. "Ils sont mélangés avec d’autres patients fragiles, pour lesquels une contamination pourrait être dramatique. Le risque d’infection nosocomiale est énorme, car par manque de personnel, les mêmes soignants naviguent continuellement entre les patients atteints du COVID et les autres"

Le syndicat FO affirme qu'il  n’existe pas d’urgences pédiatriques au CH Laval.

"Faute de personnel et de soucis logistiques, la pédiatrie ne dispose que d’un service de consultation sans rendez-vous. Donc, quand les urgences générales ferment au CH Laval, il n’y a plus aucun service d’urgence recevant des patients" et a fortiori des enfants.

"Le week-end, les 20 et 21 novembre 2021, un pas de plus est franchi Les urgences étaient bondées ce week-end, mais fait inédit, strictement aucun lit disponible sur le CH Laval tout entier. Faute de solution, les patients sont restés entassés, les collègues étaient débordés : “c’était Bagdad”.

syndicat FO CH Laval

Face à cette situation inédite, une aile a été ouverte à la hâte, "les infirmiers et aides-soignants du CH Laval ont reçu des SMS d’alerte les invitant à revenir travailler sur leur repos, cette fois-ci en étant payé (plus question de récupération, ce WE il fallait attirer les volontaires coûte que coûte)" précise encore le syndicat.

Pour une majorité de soignants, le Centre Hospitalier de Laval n'est plus en capacité de répondre aux besoins de la population mayennaise.

Ils recensent 40 lits fermés, faute de personnel médical, et surtout paramédical (infirmier essentiellement). Et des effectifs en place largement insuffisants pour assurer les soins.

Le Syndicat Force Ouvrière du CH Laval entend mobiliser politiques et décideurs administratifs.

Une manifestation aura lieu le 4 décembre à Paris  pour la défense de l’hôpital de Laval, du système de santé publique.

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