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Mayenne : les entreprises peinent à recruter

En Mayenne, les entreprises ne parviennent pas à embaucher / © CC Fotomaniak 53 Flickr
En Mayenne, les entreprises ne parviennent pas à embaucher / © CC Fotomaniak 53 Flickr

Alors que la Mayenne frôle le plein emploi, avec un taux de chômage de 5,8%, les entreprises ne parviennent pas à embaucher. La moitié des offres d’emplois ne sont pas pourvues. 

Par FE avec AFP

"On cherche une vingtaine de personnes en CDI sur des métiers physiques comme des maçons et des carreleurs, mais aussi des plombiers et des chauffagistes et on a très peu, voire pas du tout de candidatures. Résultat la durée des chantiers s'allonge", témoigne Bruno Lucas, président du groupe éponyme spécialisé dans le bâtiment. Ailleurs, ce sont des comptables, des commerciaux, des chauffeurs ou encore des animateurs qui font défaut.

Une situation qui inquiète Samuel Tual, président du Medef départemental : "Aujourd'hui, 50% des offres d'emplois en Mayenne ne sont pas pourvues, les entreprises se privent de marchés, ça devient un sujet critique pour l'avenir du territoire".

Au 1er trimestre 2018, la Mayenne affiche un taux de chômage de 5,8%, le plus faible de France avec le département de la Lozère. Pour la Chambre de commerce, le département peine à maintenir sur le territoire les jeunes actifs et "manque d'attractivité pour les cadres", un constat qui se traduit notamment par un solde migratoire négatif.
 

Un déficit d’attractivité et d’image


L'image rurale du département, associée à l'absence de grande métropole seraient les principaux handicaps, selon les décideurs locaux : "On cherche à gommer cette image par une 'hyperconnectivité' en donnant l'accès à la fibre pour tous les Mayennais d'ici 2021", souligne Xavier de la Bretesche, président de "Made in Mayenne", un label qui promeut les savoir-faire locaux.

"On n'a pas d'image", déplore de son côté le président du conseil départemental Olivier Richefou. "Pendant longtemps l'état d'esprit a été de dire: « le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit », selon les mots du père de l'actuel président de Lactalis, mais c'est fini, le bruit s'appelle la communication, et ça fait du bien".
 

Opérations séduction

Pour attirer des salariés, la Mayenne mise sur la qualité de vie, le faible prix des loyers, et sur la proximité avec les grandes villes comme Rennes, Angers ou Paris, aujourd'hui à 1h15 en TGV.

Pour séduire les candidats potentiels, les dirigeants d'entreprises se démènent. En novembre 2017, 53 patrons ont ainsi fait parler d'eux en se rendant à la Maison de la Radio pour une séance de "job dating". Le groupe Lucas compte former une cinquantaine de migrants à ses métiers, tandis que l'équipementier automobile Tenneco verse une prime de 400 euros à ceux de ses salariés qui permettent l'embauche d'un collaborateur.

L’agglomération de Laval a pour sa part mené une opération de séduction à destination des demandeurs d’emplois des départements où le taux de chômage est élevé comme en Seine Saint-Denis. "On a une vingtaine de familles qui arrivent et qu'on accompagne pour trouver un logement, des écoles pour les enfants et un emploi pour le conjoint", explique Frédéric Mellier, responsable de l'emploi à l'agglomération.

Parmi les bénéficiaires, Mohamed El Khaldi, 46 ans, s'est installé à Laval il y a deux semaines où il a décroché un CDI de régleur sur presse. "Je viens de la Marne où même mon conseiller Pôle emploi me disait qu'il n'y avait pas de boulot", raconte-t-il. "Ici les gens sont accueillants et à l'écoute. J'ai reçu une mallette de bienvenue qui propose une promenade en bus pour découvrir la ville", s'amuse-t-il.

 

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