Nantes : Erik Clavery tente de battre le record de distance sur 24 heures au parc de Procé, ce week-end du 8 mai

Le top départ a été lancé ce matin, à 10h au parc de Procé à Nantes, où Erik Clavery, l'actuel recordman de France du nombre de kilomètres accomplis en 24 h sur route vise maintenant le record des 24h sur piste.

Erik Clavery devra parcourir plus de 273 kms en 24h sur la piste pour faire tomber le précédent record de 1981.
Erik Clavery devra parcourir plus de 273 kms en 24h sur la piste pour faire tomber le précédent record de 1981. © France Televisions, Juliette Poirier

Il s'est élancé sur la piste du parc de Procé à 10h ce samedi 8 mai ! Erik Clavery tente d'avaler en ce moment-même 273 km pour goûter, et de nouveau savourer, cette forte émotion que l’on ressent quand on efface des tablettes un record vieux de 40 ans : le record détenu par Jean-Gilles Boussiquet, 272,630 km en mai 1981.

Objectif : réaliser 273 kilomètres entre ce samedi 10h et ce dimanche, même heure 

C'est donc à Nantes que l’histoire va peut-être s’écrire, ce 8 et 9 mai sur la piste d’athlétisme de Procé où Erik Clavery vient de s'élancer avec 5 autres concurrents hommes et femmes tous adeptes des courses d’ultra distance. Ils ont 24h pour parcourir 273 km de piste. Rien que ça. 

Après 8 mois de préparation, le super compétiteur est parti couloir 3 plutôt confiant : "l'objectif, c'est d'aller le plus loin possible, de faire le plus de kilomètres possibles". 

Il devait participer en mai au championnat du monde sur route en Roumanie, mais le covid est passé par là : course reportée en octobre.

Du coup, Erik Clavery a fait jouer ses réseaux et lancé l’idée de courir quand même avec les autres membres de l’équipe de France qui étaient fin prêts, Banco ont dit la ville et la ligue d’athlétisme des Pays de la Loire.

Bienvenue en circadie

A 41 ans bientôt, ce sportif protéiforme, boulimique d’endurance, tour à tour triathlète, traileur (champion du monde en 2011), puis ultratraileur (record de la traversée des Pyrénées GR10 en 2020, 6e et 8e de l’UTMB, la célèbre course autour du Mont-blanc), s’est maintenant transformé en "circadien".

La "circadie", c’est le monde des coureurs de 24h dans lequel il est rentré par la grande porte : champion de France en 2018 sur route pour sa découverte de la discipline (254 km), 4e l’année suivante au championnat du monde où il établit un nouveau record de France avec 272,217 km (parcourus sur un circuit d’1,5 km).

Soit une moyenne horaire de 11,34 km, sur 24 heures !

Erik Clavery à l'entraînement, le 21 avril 2021
Erik Clavery à l'entraînement, le 21 avril 2021 © France Televisions, Antoine Ropert

80% de mental

"Pour moi, le mental c’est 80% de la réussite sur ce type d’épreuve. Je suis préparateur mental, cela m’aide, explique Erik Clavery, j’ai différents outils sur lesquels je m’entraine en amont, du coup, en course, quand survient par exemple une hypoglycémie, un gros coup de fatigue ou la douleur vive d’un ongle qui s’arrache… je passe d’un outil à l’autre pour trouver celui qui marche, l’idée étant de sortir de cet état au plus vite pour retrouver un état de bien-être et de performance".

Mon objectif minimal : c’est d’être le Français qui a fait le plus de km en 24h, tout terrain confondu

Erik Clavery

Erik a prévu de partir sur une allure de confort de 14km/h étudiée en laboratoire avec son entraineur, "c’est le meilleur ratio cout énergétique/vitesse de déplacement, j’essaie de tenir cette vitesse pendant 4 ou 5 h, voir 5h30 en fonction de mon ressenti".

"La piste par rapport à la route, c’est que des avantages", grâce au revêtement synthétique plus confortable et plat, à la régularité des virages, "tout cela permet d’optimiser son allure, d’où de meilleures performances sur piste, un petit inconvénient tout de même, c’est traumatique, on penche toujours du même côté dans les virages, c’est pour cela que toutes les 4 heures on change de sens de rotation pour rééquilibrer !

Sur un 24 h, on ne gère pas sa douleur, on rentre dans sa douleur, on va même très loin dans sa douleur

"En ultra, on sait où est la ligne d’arrivée, inconsciemment, on gère, alors que sur 24h, c’est nous qui allons-nous fixer notre propre ligne d’arrivée et il faut se faire violence pour aller toujours plus loin ! poursuit Erik Clavery qui sait que, sur ce genre d'épreuve, la période entre 2 h et 5 h du matin est la plus délicate à gérer, je travaille cela à l’entrainement en allant courir entre 2h.et 4h, cela me permet de me rassurer !"

C’est dans le couloir 3 que va se dérouler l’épreuve, il fait exactement 414,70 m
C’est dans le couloir 3 que va se dérouler l’épreuve, il fait exactement 414,70 m © France Televisions, Antoine Ropert

"Je n’ai jamais fait de courses aussi dures que ce type d’épreuve"

"Sur mon premier 24h (champion de France en 2018 à Albi, NDLR), au coup de pistolet final, je pose mon témoin sur la piste en m’effondrant, pas moyen de me relever, on vient me chercher en fauteuil roulant, je passe 2h aux soins, au protocole, c’est le 2eme et le 3eme qui me soutenaient !"

"A la 17e heure, le coup de pistolet aurait été donné, je m’écroulais de la même façon, j’ai réussi à faire 7 heures de course, soit près de 80 km au final avec un corps qui physiquement ne me tenait plus, c’est mon mental qui me permettait d’avancer".

"Je n’ai jamais fait de courses aussi dures que ce type d’épreuve ! Cest vers la 16e 18e heure que cela devient vraiment très difficile, musculairement les tensions au niveau des cuisses (quadriceps NDLR) apparaissent, elles sont dues à la monotonie de l’effort, toujours la même foulée  pendant 24h, alors que sur un ultratrail, on marche dans les montées, on court en descente, on relance sur le plat et on traine un peu aux ravitaillements si l’on a besoin de récupérer".

Pour comparer avec l’UTMB (160km et 10000 de dénivelé) par exemple, même durée d’effort pour moi, 5 minutes après l’arrivée, je mange une glace et une heure après je suis à la pizzeria avec les copains !

Sur place pour tenter de battre le record des 24h sur piste,  Erik Clavery dispose d'une tente avec 2 assistants. Au menu de ses ravitaillements, pas de pizza, mais de l’eau, des produits énergétiques, de la purée, du jambon, en bref, des glucides et des protéines pour alimenter les muscles. "je mange par petite quantité très régulièrement, ce qui évite des inconforts digestifs. Nouveauté pour moi, je vais essayer de m’alimenter en courant en réduisant l’allure plutôt qu’en marchant comme on le fait d’habitude".


Pas de record mais une femme gagante 

Finalement, aucun record n'a été battu ce week-end. La chaleur a rendu les objectifs de chacun difficilement atteignables. Erik Clavery a effectué 159,204 km en 24h.

C'est Nathalie Schmitt qui a réalisé la meilleure performance.
C'est Nathalie Schmitt qui a réalisé la meilleure performance. © David Jouillat

Parmi les 6 courreurs qui tentaient dépasser les 273 km, c'est une femme, Nathalie Schmitt, du cercle athlétisme Auvergne, qui a réalisé la meilleure performance, soit 209,008 km en 24 heures. 

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