Noël. Notre sélection de BD à glisser sous le sapin le plus proche

À vos masques, prêt(e)s, partez ! La course aux cadeaux est lancée mais vous séchez affreusement ? Pas de panique, voici rien que pour vous dix BD qui devraient faire de l’effet au pied du sapin. Dans tous les styles, à tous les prix. Merci qui ?
 
1. Histoires du Vendée Globe : un récit au coeur de la légende (Chenet et Garreta. Dargaud. 18€)

Films, documentaires, beaux livres, bandes dessinées... l'Everest des mers n'en finit pas d'inspirer les artistes, auteurs et réalisateurs. Avec Histoires du Vendée Globe, Alexandre Chenet et Renaud Garreta nous le font vivre de l'intérieur, au plus près de l'aventure, au plus près du mythe...

Une aventure. Et quelle aventure ! "C’est pour nous la plus grande course en solitaire au monde. L’Everest de la voile, comme on l’appelle ! Humainement une des plus fortes par sa longueur et surtout sa difficulté", nous confiait Renaud Garreta dans une interview réalisée en 2012 à l'occasion de la sortie du livre baptisé Seul au monde et portant déjà sur le Vendée Globe.

Aujourd'hui le tandem publie Histoires du Vendée Globe, la réédition d'une bande dessinée parue en 2016 largement revue, révisée et augmentée de 34 nouvelles pages consacrées aux éditions de 2016 et 2020.

Tandis que le récit Seul au monde est une pure fiction, une immersion en compagnie d'un skipper imaginaire, Histoires du Vendée Globe relève du documentaire et s'appuie sur les témoignages des principaux concurrents, de Michel Desjoyeaux, à François Gabart, de Samantha Davies à Vincent Riou, d'Armel le Cléac'h à Jérémie Beyou, d'Alex Thomson à Charlie Dalin.

D'aventures en mésaventures, d'incidents techniques en choix stratégiques, de pétoles en tempêtes, de belles frayeurs en euphories ultimes, Histoires du Vendée globe nous donne une idée de ce que peuvent vivre les skippers pendant ces semaines de navigation en solitaire. 

Dessiner l'homme face à l'immensité de la mer, face aux éléments déchaînés, face à son destin, n'a rien d'une évidence, le dessinateur Renaud Garreta y parvient pourtant avec une très grande efficacité. Son trait réaliste et précis nous immerge totalement dans le récit.

En bonus, un cahier d'une quinzaine de pages permet de comprendre les enjeux de cette 9e édition.
2. Spirou chez les Soviets : comme Tintin mais en mode burlesque (Tarrin et Neidhardt. Dupuis. 12,50€)

Spirou et Fantasio sont de retour ! Encooore s’exclameront certains et ils auront raison. Car oui, entre la série mère, actuellement animée par Fabien Vehlmann et Yoann, la série parallèle baptisée Le Spirou de… permettant à des auteurs aux horizons variés de se confronter à l’univers du groom le temps d’un one-shot, et enfin les divers spin-off en cours ou à venir, on finirait presque par s’égarer.

Et qu’apporte de plus ce nouveau titre me direz-vous ? Un petit goût vintage bien sympathique et une aventure bourrée d’action et d’humour. Et c’est déjà beaucoup. Après le mythique Tintin, c’est donc au tour de nos deux amis de s’envoler pour le pays des Soviets avec comme laisser-passer des cartes de camarades-journalistes au nom du journal illustré communiste Vaillant (vous savez Pif Gadget!) et une mission : réaliser un reportage à la gloire de l’Union soviétique. Enfin ça, c’est pour la façade. Car en réalité, nos deux compères sont surtout là pour retrouver le comte de Champignac qui aurait été enlevé pour on ne sait quelles raisons mais certainement pas pour le bien de l’humanité.

Parfois caricatural, mais n’est-ce pas le propre du burlesque, l’album de Fabrice Tarrin et Fred Neidhardt offre surtout un bon moment de détente. C’est bien écrit, parfaitement dialogué et merveilleusement rythmé. Côté graphisme, qui plus-est, le trait à la fois classique et moderne de Fabrice Tarrin fait de l’effet ! 
3. Rusty Brown : le retour d'un explorateur du neuvième art (Chris Ware. Delcourt. 49,95€)

Tenir un nouvel album de Chris Ware entre les mains, c’est un peu Noël avant l’heure, l’assurance d’un instant magique, mélange de lecture et de contemplation, de délectation et d’admiration. Car oui, les albums de l’auteur américain, Alph’Art du meilleur album en 2003 pour Jimmy Corrigan, sont des bijoux d’écriture, de graphisme, de narration et de conception. Rusty Brown n’échappe pas à la règle…

À l’heure du reconfinement et du chamboulement des calendriers de sorties, le nouvel opus de Chris Ware aurait très bien pu finir sagement rangé quelque part dans un entrepôt en attendant des jours meilleurs. Mais heureusement pour les nombreux admirateurs de l’auteur américain, le livre se trouvait sur le chemin des librairies lorsque les nouvelles mesures pour lutter contre la covid-19 sont tombées. De fait, l'ouvrage est disponible en librairie contre 49,95€, oui tout de même, autant dire 50€, c’est cher, très cher, mais franchement mérité.

Il faut dire que Chris Ware ne fait pas dans la demi-mesure. Chacune de ses réalisations est le résultat d’un travail de longue haleine, ce qui explique le relatif petit nombre d’albums publiés de ce côté-ci de l’Atlantique, cinq à ce jour, Jimmy Corrigan (paru en France en 2002), Quimby the Mouse (2005), ACME (2007), Building Stories (2014) et donc Rusty Brown aujourd’hui, des albums qui sont plus précisément des recueils de périodiques et comic books parus aux États-Unis au fil des ans dans la collection Acme Novelty Library.

Avec toujours un extrême souci du détail dans le fond comme dans la forme ! L’oeuvre de Chris Ware se distingue par le soin apporté à la conception du livre et au choix du format, par la narration, exigeante et innovante, par le graphisme d’une incroyable méticulosité, une ligne claire raffinée proche de la perfection, et par ses histoires qui mettent en scène des gens ordinaires avec leurs faiblesses, leurs doutes, leurs angoisses, dans un monde tout aussi ordinaire mais où les connexions humaines deviennent de plus en plus complexes.

Un format à l’italienne, avec Jaquette-poster et dos toilé orange, une narration mettant en parallèle deux histoires distinctes jusqu’à leur point de rencontre, un récit que l’on présente comme la suite spirituelle et auto-fictionnelle de Jimmy Corrigan... Rusty Brown est ni plus ni moins une nouvelle démonstration de l’immense talent de son auteur, un regard nostalgique et acéré sur notre monde autant qu’une exploration toujours plus poussée des potentialités du neuvième art. 
4. Le Guide du zizi sexuel : une réédition augmentée  (Zep. Glénat. 10,95€)

Il est de retour dans une nouvelle édition, actualisée et augmentée de contenus inédits, Le Guide du Zizi sexuel pourrait bien être le compagnon idéal de tous les enfants à partir de 9 ans. Inutile de présenter son auteur, Zep, le papa du cultissime Titeuf. Dans ce livre, l'auteur aborde des sujets souvent tabous mais essentiels avec une drôlerie, une légèreté, incomparables.

Élaboré avec le soutien et la relecture de professionnels de l'éducation à la santé sexuelle, le livre répond à toutes les questions que les enfants - mais aussi parfois les grands - peuvent se poser sur l'amour, le sexe, le baiser, la puberté, les règles, le clitoris, le pénis, les spermatozoïdes, les préservatifs mais aussi le consentement, le harcèlement... Sans surprise, Le Guide du Zizi sexuel a déjà séduit un million et demi de lecteurs. 
5. À Volonté : le plein d'humour (Mathou et Mademoiselle Caroline. Delcourt. 17,95€)

Grisaille, pluie, froid... et covid-19, nul besoin de s'appeler Nostradamus pour prédire que les prochains mois ne seront pas des plus folichons et nécessiteront une double dose de vitamines. Pour ça, nous avons ce qu'il vous faut et sans prescription médicale...

Un peu d'humour ne fait jamais de mal. En ces temps incertains, il devrait même être déclaré bien de première nécessité et remboursé par la Sécurité sociale.

En attendant ce jour prochain, l'autrice angevine Mathou dont nous vous avons déjà parlé ici-même à l'occasion de la sortie de ses précédents livres, Peurs bleues, Et puis Colette ou encore Voir la coupette à moitié pleine, vient de publier À Volonté chez Delcourt, de quoi booster son moral et affronter sereinement l'hiver.

Subtilement sous-titré Tu t'es vue quand tu manges ?, À Volonté est le résultat d'une collaboration avec l'autrice savoyarde Mademoiselle Caroline qui partage avec Mathou un certain sens de l'humour et un rejet de la grossophobie, vous savez cette discrimination envers les personnes grosses, en surpoids ou obèses.

Pas facile de parler kilos en trop face au mépris de la société et à la tyrannie de la minceur prônée par les publicitaires et les magazines féminins, mais Mademoiselle Caroline et Mathou y parviennent avec une forte dose d'autodérision et un regard aiguisé sur le monde.

Leur volonté à travers cet album ? Nous faire comprendre ce que les personnes grosses vivent au quotidien, depuis le petit sous-entendu murmuré par un ami ou un collègue, jusqu'à l'énorme insulte gratuite lancée par un inconnu en pleine rue, en passant bien sûr par les petits conseils humiliants des uns, les maladresses des autres et par ce qui peut relever du harcèlement dans le monde scolaire, sportif ou professionnel.

128 pages, 620 grammes d'humour, pour changer notre regard et éliminer définitivement les idées reçues.
6. Intants volés : Quand un grand de la BD se met à la peinture (Jean-Claude Götting. Champaka Brussels / Dupuis. 55€)

Jean-Claude Götting, c’est d’abord un trait, reconnaissable entre tous, un trait épais, tellement épais qu’il ne peut que marquer et interroger les esprits. Dès ses premiers albums, Crève coeur en tête, l’auteur marque le territoire du neuvième art de son style graphique unique, un trait épais, des planches charbonneuses en noir et blanc, des atmosphères intenses.

Pour ses peintures, il garde le trait épais mais passe à la couleur. Le résultat ? Il nous est offert dans ce livre paru chez Champaka Brussels, maison d’édition spécialisée dans l’édition d’art liée au monde de la bande dessinée. Autant vous dire que Jean-Claude Götting ou tout au moins ses peintures étaient entre de bonnes mains. 

L’écrin est splendide, 120 pages couleurs, un frontispice signé par l’auteur, 999 exemplaires numérotés. Et dans cet écrin, 80 peintures parmi ses plus récentes, autant de portraits de femmes inconnues imaginées, fantasmées, pensives, assoupies, sereines ou mélancoliques mais belles, toujours belles, des instants volés, des scènes intérieures, sophistiquées, intimistes au charme fou, qui peuvent rappeler tel ou tel courant pictural, tel ou tel réalisateur de cinéma, mais qui sont uniques, par le trait et les couleurs de Götting. « La couleur est venue… », écrit Sandrine Saint-Marc en préface, « le trait noir est resté. Il cerne, il délimite, il souligne et découpe les espaces, les formes, les plans : le trait est fondateur ».

Une chose est certaine, on pourrait regarder ces portraits pendant des heures, laisser nos pensées s’envoler, comme à l’écoute d’un bon disque. Rien d’étonnant, il y a comme une petite musique dans ses peintures, une petite musique qui nous prend par les émotions.
7. Les Tuniques bleues, un nouveau duo d'auteurs prend les rênes (Munuera et Beka. Dupuis. 10,95€)

Pour certains, c’est une aberration, pour tous c’est une révolution, Les Tuniques Bleues changent de mains le temps d’un épisode et plus si affinité après que le scénariste historique de la série, Raoul Cauvin, ait décidé de se retirer avec un bilan plus qu’honorable sur la série : 52 ans de bons et loyaux services, 63 scénarios, des millions d’exemplaires vendus à travers le monde… et un sacré héritage !

Impensable, indécent, scandaleux, méprisable… On les entend d’ici les puristes intégristes du neuvième art furieux de la sortie de ce nouvel opus des Tuniques Bleues non estampillé Cauvin et Lambil. On les entend mais le fait est que le scénrariste Raoul Cauvin a décidé d’arrêter la série, que le dessinteur Lambil a besoin de temps pour digérer la nouvelle et que les éditions Dupuis, qui sont désormais propriétaires de la série, n’ont pas l’intention de laisser filer l’année 2020 sans un album.

Alors, Zorro, non pardon Munuera et Beka sont arrivés, avec leurs grands stylos et leurs grands pinceaux pour réaliser un 65e album baptisé L’Envoyé spécial. Un 65e album ? Oui, Madame, un 65e album, le 64e étant réservé au prochain ET dernier opus signé Lambil et Cauvin qui devrait sortir en 2021 et dont les deux premières planches figurent en exclusivité dans les derniers pages de L’Envoyé spécial.

Et donc, que penser de cet album de Munuera et Beka ? Bien évidemment, comme dirait l’autre, reprendre c’est trahir, au moins un peu. C’est le cas ici et c’est plutôt rassurant. Mieux vaut avoir aux manettes d’une telle reprise des amoureux de la série qui cherchent à y mettre leur griffe, leur style graphique (plus enlevé!), leur style d’écriture, de découpage (plus moderne), plutôt que des professionnels du pastiche qui nous apporteraient rien de plus et nous feraient simplement regretter le bon vieux temps.

Mais qu’on se rassure, l’un et l’autre, le scénariste et le dessinateur, ont fait en sorte de conserver l’esprit de la série autour de nos deux héros ou plutôt anti-héros Blutch et Chesterfield, accompagnés ici d’un journaliste du Times qui a réellement existé, William Howard Russell, considéré comme le premier correspondant de guerre de l’histoire. Blutch et Chesterfield sont chargés de sa protection sur le front mais pas seulement tant l’homme et ses écrits semblent déranger les forces en présence. Ah… ces journalistes !

Humour, action, anti-militarisme et réflexion autour des médias… ce nouvel opus des Tuniques bleues est une belle réussite.
8. Americana, un trek pour faire le deuil de l’Amérique (Luke Healy. Casterman. 23€)

Luke Healy a grandi en Irlande, vit aujourd’hui à Londres mais a toujours rêvé d’Amérique au point de tenter à plusieurs reprises de s’y installer. Sans succès. En 2016, il se lance le défi de faire le Pacific Crest Trail, un sentier de grande randonnée à l’ouest des États-Unis. Cinq mois de marche et au bout du compte une autre idée de l’Amérique…

L’Amérique ! De son Irlande natale, Luke Healy en a toujours rêvé. À plusieurs reprises, il essaie de s’y installer, il y intègre même une école de bande dessinée pendant quelques mois. Mais si Luke Healy a faim d’Amérique, l’Amérique, elle, ne veut pas de lui. À l’expiration de ses Visas, c’est retour à la maison, « son pays de chagrins infinis ».

Il traverse à nouveau l’Atlantique en 2016, décidé cette fois à faire le Pacific Crest Trail (PCT), un sentier de grande randonnée allant de la frontière mexicaine à la frontière canadienne, 2650 miles de déserts étouffants, de sommets enneigés et de forêts hostiles, des mois de marche intensive, des millions de pas, des rencontres, beaucoup de rencontres, et la découverte du pays sous un autre angle avec au bout du compte, au bout du chemin, la fin d’un rêve, le deuil d’une Amérique fantasmée.

C’est ce parcours que Luke Healy met en images et en mots dans cet album conçu comme un carnet de route. Un parcours spatial mais aussi et surtout un parcours intime. Le trek permet à Luke Healy de murir, de passer un cap. « Il s’agit d’une histoire de passage à l’âge adulte, ou comment on grandit à partir d’une expérience et comment, en grandissant, on est obligé de laisser une période de sa vie derrière soi. Moi, n’ai choisi de laisser derrière moi mon rêve américain qui serait comme vivre dans un film ».

Avec pas mal d’humour et d’un trait léger, réalisé au porte-mine et sur un « papier bon marché » précise l’auteur, Americana nous embarque en douceur – et sans les ampoules de circonstance – dans les pas de Luke Healy. On partage avec lui son enthousiasme des premières heures mais aussi ses galères, ses doutes, ses découragements, ses questionnements, son ennui parfois, oui parfois, et par-dessus tout cette volonté d’aller au bout, au bout du sentier, au bout du rêve, au bout de lui-même.

Americana parle de l’Amérique bien sûr, de l’expérience de l’auteur sur le PCT, mais l’album évoque aussi, entre les lignes et entre les cases, l’Irlande, l’Irlande malmenée par la crise financière de 2008, un taux de chômage dépassant les 20% chez les jeunes, une génération sacrifiée, la « génération immigration » comme on l’a appelée et dans laquelle se reconnaît l’auteur désormais installé à Londres. Une belle découverte !
9. La Dernière rose de l’été, un polar estival à la mécanique parfaitement huilée (Lucas Harari. Sarbacane. 29€)

La Dernière rose de l’été se déroule quelque part dans le sud de la France. Acceptant la proposition d'un sombre cousin rencontré dans un lavomatique où il travaille, Léonard rejont la Méditerranée et s’installe dans une maison en chantier pour surveiller les ouvriers et se remettre à l’écriture, sa grande passion. Et il ne le regrette pas ! Une vue imprenable sur la mer, une Méhari pour les balades, des villas de luxe pour décor…  et une belle et jeune voisine, Rose.

Mais le tableau idyllique s’arrête là. Depuis son arrivée, deux jeunes hommes ont disparu à proximité et une atmosphère étrange s’est installée, y compris dans l’environnement de Rose. Qui est-elle vraiment ? Qui est cet homme qui dit être son père et qu’elle présente comme son beau-père ? Et ce psychiatre mystérieux ?

À l’instar de L’Aimant, l’album précédent de Lucas Harari, La Dernière rose de l’été est un polar estival à la mécanique parfaitement huilée, un bijou d’écriture et de graphisme, un hommage à la ligne claire et à la BD des années 50, un savant mix de mystère, de romance, d’action et d’architecture qui en fait un « pulp à l’eau de rose », pour reprendre une expression de l’auteur. En tout cas, une BD dont on a beaucoup de mal à s’extraire, un bijou je vous dis !
10. Tati par Merveille : un très bel hommage à un monstre sacré du cinéma français (Merveille, Champaka Brussels. 45€)

Monsieur Hulot était à Jacques Tati ce que Charlot était à Charlie Chaplin, un costume taillé sur mesure pour un univers aussi burlesque que poétique, dans les deux cas unique. L’auteur jeunesse David Merveille rend ici hommage au premier, une légende du cinéma français, un très beau livre d’illustrations publié par les éditions Dupuis en collaboration avec la galerie bruxelloise Champaka…

« La vie, c’est très drôle si on prend le temps de regarder », disait Jacques Tati. Ce à quoi on pourrait aujourd’hui rétorquer : « L’univers de Tati est très drôle si on prend le temps de s’y attarder ».

Et David Merveille l’a pris ce temps, largement, au point de connaître l’homme, l’artiste et son personnage, le lunaire Monsieur Hulot, sur le bout des pinceaux. Au point aussi de développer un univers graphique personnel tout aussi joyeux, coloré, et poétique. Au point enfin de redonner vie au personnage dans plusieurs livres parus aux éditions du Rouergue depuis 2006 et qui ont pour titres Le Jacquot de Monsieur Hulot, Hello Monsieur Hulot !, Monsieur Hulot à la plage, Hulot Domino.

Dans ce très beau livre de 120 pages couleurs au tirage limité à 3500 exemplaires numérotés et signés, David Merveille va plus loin encore, en rendant un véritable hommage à l’univers tatiesque avec une bonne centaine d’illustrations et de peintures, pour un grand nombre inédites.

Jour de fête, Mon oncle, Playtime, Parade, Les Vacances de Monsieur Hulot... c’est tout un univers qui retrouve ici des couleurs autour d’un personnage reconnaissable entre tous, avec ses immenses jambes, son pantalon trop court, sa pipe, « un grand corps habité qui déambule sa vie en laissant derrière lui des cascades de rires et des nuages de rêves », écrit joliment l’acteur Pierre Richard en préface de l’album. Il serait facile de dire que cet album est une merveille, c’est pourtant le mot juste, oui, une merveille !
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