Accident mortel devant le magasin Action du Mans : un des deux occupants du véhicule comparaît devant la justice

Le 12 janvier dernier, une voiture sans conducteur à bord venait percuter une femme de 36 ans à la sortie du magasin Action du Mans. Le véhicule avait dévalé les quelques marches qui séparent le parking du bâtiment, provoquant la mort de cette mère de quatre enfants. Deux frères sont identifiés comme conducteurs du véhicule, l'ainé comparaît devant le tribunal correctionnel du Mans.

Debout face aux juges, le prévenu se perd dans ses explications : il indique qu'il a voulu empêcher son petit frère mineur de conduire la voiture le jour du drame. Qu'il était à côté du véhicule, puis dedans, qu'il a bien vu son frère serrer le frein à main. Et qu'il n'a pas voulu s'enfuir quand il est parti avec la voiture qui venait de percuter Siham, cette mère de famille, morte sous les yeux de sa fille de dix ans.

La présidente du tribunal correctionnel soupire : " Vous contredisez ce que vous avez déclaré aux enquêteurs. C'est une quatrième version des faits que vous nous racontez aujourd'hui ! " Le prévenu persiste et signe. Des quatre chefs d'accusation qui lui valent de comparaître devant la cour, il ne reconnaît que le défaut d'assurance de son véhicule.

Le jeune homme de 18 ans, qui se présente sans avocat, ne semble pas montrer de compassion particulière. Il explique, sans convaincre, que le souvenir de l'accident le hante, mais n'aura pas un regard pour la famille de la victime, pourtant assise juste derrière lui.

Les excuses, je les accepterais si elles étaient honnêtes et sincères. Mais il ne s'est même pas retourné, il ne nous a même pas regardé : on n'existe pas. Il sauve sa peau devant les juges, il n'est là que pour lui.

Mohamed

Mari de la victime

L'avocate de la famille, Me Valérie Rondeau, enfonce le clou : " C'est un monsieur qui est totalement inconséquent, totalement irresponsable, qui est en toute puissance et qui s'autorise le droit de tout faire et de ne respecter aucune loi. Ça ne le choque pas d'acheter un véhicule sans contrôle technique, sans assurance, de conduire sans permis..."

Le ministère public a requis sept mois de prison à l'encontre du prévenu.

Finalement, le jeune homme de dix-huit ans écope de 15 mois de prison avec sursis probatoire de 2 ans. Son véhicule est confisqué et il sera dans l'obligation d'indemniser la famille de la victime.

Son frère, âgé de 16 ans, comparaîtra, lui, devant le tribunal des enfants le 24 mai prochain.