Coronavirus : les chocolatiers s'inquiètent pour leur chiffre d'affaires à l'approche de Pâques

Les chocolats de Pâques représentent près de 30 % du chiffre d'affaires de la chocolaterie mancelle Bellanger. / © Simon Lagoarde/waap.fr
Les chocolats de Pâques représentent près de 30 % du chiffre d'affaires de la chocolaterie mancelle Bellanger. / © Simon Lagoarde/waap.fr

Avec Noël, c'est le moment à ne pas rater quand on est chocolatier. Pâques arrive et le maintien du confinement jusqu'à la date fatidique inquiète les producteurs d'œufs en chocolat et autres sucreries. Exemple chez un chocolatier du Mans.

Par Yann Ledos

Dans l'atelier de fabrication aujourd'hui, il ne sont plus que dix sur quarante habituellement. Demain, seuls quatre d'entre eux seront présents au sein de l'entreprise pour assurer la préparation des commandes et gérer les livraisons.

La période de Pâques pour les chocolatiers, ce n'est pas forcément une période de pleine activité. Tout est préparé depuis plusieurs mois à l'avance. Le problème n'est pas la production, mais bel et bien la vente.

Pour la chocolaterie mancelle Bellanger, "il y a des hauts et des bas au niveau du moral. Mais il n'y a que des bas côté chiffre d'affaires", selon son directeur Vianney Bellanger.

La collection d'animaux de la jungle, concoctée cette année par les artisans-chocolatiers, peine à trouver des étals sur lesquels se montrer.

La société a fermé deux de ses trois magasins et stoppé sa production dès le 17 mars dernier, mettant la majorité de ses salariés en chômage partiel.

Aujourd'hui, seules les commandes par internet sont possibles, mais insuffisantes pour redresser les comptes de l'entreprise qui termine ce mois de mars avec 60% de chiffre d'affaires en moins sur ses trois magasins. La mise en place d'un drive au niveau du magasin de l'atelier n'a pas suffi à amortir ce manque à gagner.

Pour éviter de faire n'importe quoi, j'ai décidé de n'obéir qu'aux décrets - Vianney Bellanger, gérant de la chocolaterie Bellanger

Avec amertume, le chocolatier doit maintenant préparer un budget prévisionnel dégradé pour demander des emprunts de trésorerie à sa banque. Son activité, extrèmement saisonnière, ne peut tenir qu'avec ces appels d'air financiers. 

Difficile aussi de préparer la suite car l'atelier de fabrication des chocolats devrait déjà commencer à tourner pour préparer les stocks de Noël.

Prudent, Vianney Bellanger préfère attendre des signes concrets de déconfinement avant de relancer sa production. Mais "c'est un pari sur l'avenir que je ne suis pas prêt à prendre pour l'instant avec le peu d'informations que l'on a sur la poursuite de cette crise."
Le chocolatier Vianney Bellanger dans le centre-ville du Mans. / © S.Lagoarde/waap.fr
Le chocolatier Vianney Bellanger dans le centre-ville du Mans. / © S.Lagoarde/waap.fr
Seule lueur d'espoir pour Vianney Bellanger, la longue conservation de ses chocolats : pour préserver près de 250 000 euros de marchandises, les salariés ont sonné "le branle-bas de combat pour tout mettre en sécurité et assurer la préservation."

Sa belle collection d'animaux exotiques chocolatés et sucrés devrait pouvoir trouver preneur à Pâques... 2021.

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