Coronavirus : comment Le Mans Sarthe Basket s’adapte au confinement

Chômage partiel, maintien en forme des joueurs, choix des joueurs américains de rester en France… Le Président du MSB Christophe Lebouille nous a accordé quelques minutes par téléphone pour évoquer la situation inédite à laquelle fait face le club.

Christophe Le Bouille, "On subit la situation".
Christophe Le Bouille, "On subit la situation". © Olivier Blin, Maxppp
Quel est l’état d’esprit au MSB Basket ?

Christophe Lebouille : Il faut être conscient de la situation, il n’est pas question de déroger à ce qui nous est demandé. La salle Antarès et les bureaux sont fermés. Les 29 salariés (tous à temps complet : joueurs, staff, administratifs etc.) sont au chômage partiel. Ceux qui le peuvent continuent de travailler de chez eux avec leur ordinateur mais il n’y a plus aucun déplacement.
La sérénité domine, ça ne sert à rien de paniquer. On subit les choses, c’est dur de se projeter mais la panique ne sert à rien. On respecte les consignes, c’est comme ça qu’on s’en sortira.


Vous avez beaucoup de joueurs internationaux (notamment américains), comment gérez-vous leur situation ?

CLB : Pour l’instant, tout le monde reste dans la Sarthe. La situation est très simple : dès les annonces de lundi du président Macron, nous avons demandé aux joueurs s’ils souhaitaient rentrer aux Etats-Unis ou dans leur pays, en sachant que le championnat est seulement suspendu pour l’instant. On leur a laissé le choix en expliquant que les deux semaines de confinement pouvaient être prolongées. Mardi matin, ils nous ont fait part de leur volonté de rester.
La décision de Trump les a un peu perturbés. Mais leur réaction a été de se dire : ce qui arrive en France arrive aussi aux Etats-Unis. La situation concerne le monde entier. On a la chance d’avoir un système de soins performants en France. A part ceux qui pouvaient avoir femme, enfants ou un parent isolé aux Etats-Unis, tous avaient intérêt à rester.
Par exemple, Brandon Taylor a toute sa famille ici et a un peu hésité mardi matin. Mais il s’est dit que prendre l’avion avec plein de monde confiné augmentait aussi les risques. Il était partagé entre rester et retrouver le reste de sa famille. Mais tout le monde s’est résolu à rester ici, pour réduire les risques.

Sur le plan sportif, comment voyez-vous les choses ? Le championnat doit-il rester suspendu ? Faut-il l’annuler ?

CLB : La priorité absolue, c’est la santé de l’ensemble des citoyens, point.
Tant qu’on peut espérer une reprise du championnat, on va travailler sur toutes les hypothèses. En tant que professionnels, on a envie d’essayer que la compétition aille au bout. Mais sur le sportif, ça ne sert à rien de prendre des mesures radicales dès aujourd’hui. Ça n’avance à rien.
Si on nous dit dans quelques jours : « le championnat est annulé, revenez en septembre », ok. Mais j’ai l’espoir que le championnat reprenne. Je ne sais pas sous quelles conditions, sur quel format. Les différentes hypothèses sont simples : une annulation pure et simple de la saison ; une reprise à telle date ; une reprise avec modification de format (playoffs, pas de playoffs…).


Des consignes ont été données aux joueurs pour essayer de rester un minimum en forme ?

CLB : Oui mais on ne va pas se mentir : ils sont confinés dans leur appartement ou leur maison. Ces joueurs n’ont pas des maisons de 300m² avec des salles de fitness individuelles. A part s’entretenir avec des pompes, des abdos, des altères, ils ne vont pas pouvoir faire grand-chose. Je n’ai pas le détail des consignes données par le préparateur physique.
Ils peuvent sortir, cela fait partir des déplacements autorisés. Mais un footing, autour de chez soi, pour un athlète de haut niveau, ce n’est pas ça qui est important.
On subit totalement la situation. Si reprise il doit y avoir, il faut s’attendre à une reprise qui demandera du temps pour remettre les athlètes en conditions avant d’envisager la compétition.
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