Coronavirus : au Mans, le quotidien d’Antoine Eito, capitaine du MSB

Antoine Eito, le capitaine du Mans Sarthe Basket. / © Crédit: PHOTOPQR/LE COURRIER DE L'OUEST/MAXPPP
Antoine Eito, le capitaine du Mans Sarthe Basket. / © Crédit: PHOTOPQR/LE COURRIER DE L'OUEST/MAXPPP

Comme la majorité des Français, Antoine Eito est confiné depuis maintenant près d’une semaine. Au chômage partiel, il nous décrit son quotidien de sportif de haut niveau : entre efforts pour rester en forme et occupations familiales.

Par Maxime Lictevout

Interview réalisée par téléphone jeudi 19 mars dans la soirée.

Comment ça va ? Comment occupez-vous vos journées ?

Antoine Eito : Je m’occupe du jardin, des enfants, je m’entretiens. J’ai la chance d’avoir une maison, du terrain. J’ai des choses à faire. On s’occupe. Ça permet aussi de se retrouver avec ma famille. Nous (les joueurs) on est tout le temps partis, on bouge. Ce n’est pas super agréable d’être confinés mais on fait avec. C’est surtout l’entretien physique qui est compliqué. 
Tout ce qu’on peut faire, ce n’est pas du basket, j’ai beau avoir un panier dans le jardin. Des haltères, une petite salle… Je viens de commander un vélo d’appartement ! C’est compliqué, mais c’est pareil pour tout le monde, sportifs ou non.


Vous avez une routine quotidienne ?

AE : J’ai été demandeur auprès du préparateur physique du club pour avoir des exercices mais ce qui est difficile c’est qu’on n’a pas de date de retour.
J’essaie d’être couché tous les soirs avant minuit et de me lever au plus tard à 8h30. J’essaie de me faire une fois par jour soit renforcement musculaire : muscu pendant 1h15-1h30. Et j’alterne avec du cardio 1 jour sur 2.
Le reste de la journée, j’ai les devoirs de mes enfants, j’ai de quoi m’occuper. J’ai travaux dans la maison, on a emménagé récemment. J’ai des choses à faire !


Vous restez en contact avec vos coéquipiers ? Les nombreux Américains ont tous décidé de rester, c’est une forme de cohésion ?

AE : On a essayé de leur faire comprendre qu’ils ne seraient pas mieux aux Etats-Unis qu’en France. En tant que salariés étrangers en France, ils ont des droits à la Sécurité sociale, ils cotisent pour pas mal de choses. Donc tout sera pris en charge s’il leur arrive quelque chose.
Ensuite il y a l’aspect reprise du championnat. S’il y a une reprise et qu’ils sont partis, il y aura des conséquences économiques.
On a un groupe
(messagerie électronique) sur lequel on échange, on prend des nouvelles. Mais ce n’est pas facile, ils (les joueurs étrangers) ne sont pas dans leur pays, ils sont dans des appartements du club, sans jardin. Ce n’est pas facile.

Est-ce qu’une éventuelle reprise du championnat vous trotte dans la tête ?

AE : Il ne faut pas qu’il y ait une reprise à tout prix. S’il y a reprise on sera forcément un peu rouillé, il faudra faire attention à ne pas se blesser. Mais oui, il faudra être prêts à jouer les matchs qu’il faut jouer.

Vous êtes vice-président du syndicat des joueurs : avez-vous un rôle particulier à jouer ? Vous êtes en contact avec des autorités ?

AE: Pas spécialement, de toute façon c’est bien plus gros que nous, que la Ligue ou les clubs… C’est au-dessus de nous que ça se décidera. Maintenant, si on est sur une coupure de 15-20 jours de confinement, ça peut passer. Au-delà, ça va être compliqué de reprendre un championnat. On verra bien, on va faire au mieux. Mais tout le monde va y perdre sur cette saison. Que ce soit économiquement, physiquement… On ne maîtrise pas.

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