En cette période d'inflation, pour beaucoup de familles, la rentrée scolaire est placée sous le signe des restrictions. C'est donc une augmentation qui surprend et fait mal au porte-monnaie. Pour la première fois en cinq ans, la région Pays de la Loire vient d'augmenter le tarif du ramassage scolaire. 36 % de hausse pour l'abonnement annuel, soit 150 euros par enfant.
L'année scolaire débute rudement pour les familles dont les enfants empruntent les transports scolaires régionaux.
L'abonnement augmente de 36,36 %, soit 150 euros, contre 110 depuis 2019.
Une augmentation que la Région avait annoncée dès novembre 2022.
"Dans le contexte actuel de crise, le surcoût pour les transports régionaux engendré par la hausse des salaires et des coûts de l’énergie est estimé à 15 millions d’euros pour 2022 et 30 millions d’euros pour 2023, écrivait alors le conseil régional dans un communiqué, ceci impose à la Région un effort budgétaire massif pour maintenir et continuer de développer l’offre de transports. Un effort massif qui devra également s’accompagner d’une augmentation des tarifs en 2023".
Une augmentation intenable pour Sabrina, mère de deux enfants, que nous avons rencontrée à Saint-Christophe-du-Jambet dans la Sarthe.
"C'est un coût supplémentaire, surtout que je viens de perdre mon travail, donc on fait attention. J'aurais préféré les mettre ailleurs, dans les vêtements pour mon fils".
Une augmentation indispensable
Le transport scolaire en Sarthe, c’est près de 920 lignes et 2 300 points d’arrêts pour couvrir l’ensemble des zones rurales.
Pour Aléop, le service régional de transports, le passage à 150 euros était indispensable pour pérenniser ce service.
"La Région prend en charge 90 % du coût total, explique Nathalie Muller-Esnault, responsable du service Transport – Région Pays de la Loire, puisque le coût revient à la région à 1 230 euros par élève, par an".
Les sociétés de transport choisies par la région répercutent les différentes hausses. Le coût important du carburant, mais aussi la formation de nouveaux conducteurs.
"Il faut qu'on absorbe de nouveaux coûts qui sont très forts, on en a conscience pour notre collectivité, explique Stéphane Boubet, dirigeant associé du groupe Boubet, on en a conscience aussi pour les parents qui doivent payer le transport qui a augmenté cette année
Auparavant, on achetait des autocars à 130 000 euros pour faire du transport scolaire, aujourd'hui un autocar scolaire ça coûte 175 000 euros
Stéphane BoubetDirigeant associé du groupe Boubet
"De toute façon, il faut payer donc on se débrouille, on trouve des solutions", explique une mère de famille.
Chaque année, les 115 lignes régulières des car Aléop transportent 3,5 millions de voyageurs.
Le reportage de Florent Motey, Marc Yvard et Estelle Roux