#Penelopegate : la facture s'alourdit, des policiers à l'Assemblée

Penelope et François Fillon le 30 janvier 2017 à l'issue de leur audition par le parquet national financier / © ALAIN JOCARD / AFP
Penelope et François Fillon le 30 janvier 2017 à l'issue de leur audition par le parquet national financier / © ALAIN JOCARD / AFP

La facture s'alourdit : de nouvelles révélations du Canard Enchaîné font désormais état de plus de plus de 900 000 euros perçus comme assistante parlementaire et à la Revue des Deux Mondes par l'épouse de François Fillon.

Par FB avec AFP

Cette nouvelle salve vient s'ajouter à l'annonce par le chef de file des députés LR Christian Jacob d'une "perquisition", d'autres sources évoquaient plutôt une remise de documents, dans le bureau de François Fillon à l'Assemblée nationale. Bureau autrefois occupé par le mentor de l'ancien Premier ministre,
Philippe Séguin.

Après avoir évoqué la somme de "500 000 euros brut" la semaine dernière, l'hebdomadaire satirique chiffre, dans son édition à paraître mercredi, à 831 440 euros bruts la somme perçue par Penelope Fillon comme assistante parlementaire de son mari ou de son suppléant Marc Joulaud. Non pas seulement de 1998 à 2002, comme Le Canard l'écrivait la semaine dernière, mais dès 1988.

Quant aux revenus perçus par deux des enfants du candidat de la droite à l'élection présidentielle comme assistants parlementaires au Sénat, mission dont leur père a lui-même révélé l'existence jeudi soir sur TF1, l'hebdomadaire les chiffre à 84 000 euros : 57 084 euros bruts perçus par Marie Fillon et 26 651 euros par Charles Fillon.

Ces deux nouveaux épisodes viennent nourrir une séquence dévastatrice, lancée voici une semaine et qui a déjà gâché le grand meeting de campagne du candidat de la droite à l'Elysée dimanche dernier, à 82 jours du premier tour.
Les enquêteurs cherchent à déterminer si Penelope Fillon a effectivement exercé une activité pendant les années où elle a été rémunérée en tant qu'assistante parlementaire, au côté de son mari, puis de son suppléant Marc Joulaud quand François Fillon était au gouvernement ou à Matignon.

L'enquête porte aussi sur l'emploi de François Fillon à la Revue des Deux Mondes, rémunéré 5.000 euros brut mensuels entre mai 2012 et décembre
2013 (quelque 100.000 euros au total).

Les enquêteurs se sont aussi intéressés à cette revue, dont ils ont perquisitionné les locaux la semaine dernière. Lundi, le propriétaire de la revue, l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, PDG de Fimalac et proche de François Fillon, a été également entendu dans les locaux de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF ), à Nanterre, près de Paris.

Début de campagne "volé"


Cette affaire n'en finit plus d'embarrasser la droite, qui avait triomphalement désigné François Fillon le 27 novembre au deuxième tour d'une primaire ouverte, dans laquelle il a successivement éliminé l'ex-président Nicolas Sarkozy et l'ancien Premier ministre Alain Juppé.

"On nous a volé notre début de campagne", s'est lamenté mardi Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat et proche de M. Fillon. Le début de campagne était cependant laborieux avant même l'éclatement de cette affaire, François Fillon ayant été la cible constante de la gauche et même d'une partie de son camp sur son programme économique au libéralisme revendiqué, de la fin des 35 heures à la réduction projetée de 500 000 emplois publics, en passant par la révision de la politique de santé.

Depuis une semaine, le candidat se défend pied à pied.
Dimanche, il a assuré lors de son grand meeting parisien n'avoir avec son épouse "rien à cacher" et affirmé posséder un "seul compte en banque, au Crédit agricole de Sablé". Autre affirmation battue en brèche non seulement par Le Canard enchaîné, mais également par plusieurs parlementaires.

François Fillon, qui, pendant la campagne de la primaire de la droite, avait attaqué Nicolas Sarkozy sur le thème de l'intégrité, "Qui imagine le général
de Gaulle mis en examen?"-a lui-même fixé la ligne rouge : il ne pourrait maintenir sa candidature "si [son] honneur était atteint", s'il était "mis en examen".

Hypothèse peu probable pour le candidat en termes de calendrier et de procédure avant l'élection présidentielle. Mais suffisante pour voir à droite s'esquisser l'hypothèse d'un "plan B", pour lequel rien n'est prévu dans les statuts du parti.
En attendant, "c'est l'enquête qui détermine" le rythme de la campagne, se lamentait mardi matin un proche soutien du candidat.

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