Sarthe : le cornichon français n'a pas dit son dernier mot

En France, la production du cornichon a disparu dans les années 90. Depuis 2015, un agriculteur de la Sarthe a relancé la culture de ce fruit, grâce à une filière de conditionnement installée en Loir-et-Cher.

Olivier Corbin produit 100 tonnes de cornichons par an sur son exploitation en Sarthe
Olivier Corbin produit 100 tonnes de cornichons par an sur son exploitation en Sarthe © France Télévisions
Le cornichon, tout le monde en mange ou presque… Les amateurs apprécient son croquant et sa saveur légèrement piquante, le tout associé à une tartine de rillette, sarthoise de préférence.

C’est justement dans la Sarthe, à Dollon, qu’Olivier Corbin, agriculteur, a relancé la culture de cette cucurbitacée, originaire d’Inde et délaissée en France depuis les années 90.

"On est assez fier de pouvoir faire ce produit qui demande beaucoup d'énergie. C'est une plante qui ne pousse que durant deux mois", explique Olivier Corbin, alors que la récolte bat son plein, en ce mois de juillet.

Impossible à mécaniser, la récolte manuelle nécessite beaucoup de main d’œuvre. "On va avoir 15 personnes à l'hectare", confirme Brice Nivet, ingénieur agronome.
 
Quinze personnes sont requises pour cueillir un hectare de cornichons
Quinze personnes sont requises pour cueillir un hectare de cornichons © France Télévisions

"Ce sont des cueilleurs expérimentés qui reviennent d'une année sur l'autre, parce qu’il y a une forme de technicité dans la cueillette. Il faut retourner le plan, bien le nettoyer. Le cornichon est vert sur des feuilles vertes, il faut le trouver !", ajoute-t-il.

La faible rentabilité du cornichon couplée à des coûts de production importants explique largement la disparition de cette culture dans nos campagnes.

"Le marché français se porte bien"

Aujourd'hui, la quasi-totalité des cornichons consommés dans l'hexagone sont produits en Inde (80%) et dans les pays d’Europe de l’Est (20%).

Le cornichon "made in France" a pourtant ses défenseurs, comme l’entreprise Jardin d’Orante, installée dans le Loir-et-Cher. Morgane Gaweda, chef de produit, en est persuadée, le marché est porteur.

"Les gens achètent à peu près cinq bocaux de cornichons par an. C’est un marché qui se porte plutôt bien", précise la jeune femme. "Aujourd'hui, les cornichons français représentent 1% du marché. On a la volonté, à terme, d'atteindre 10 à 15% pour remettre de l'équilibre dans ces cornichons qui aujourd'hui viennent de l'étranger".

En France, 253 tonnes de cornichons sont produites chaque année. L'exploitation d'Olivier a encore de beaux jours devant elle.
 
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