La SPA lance une campagne nationale contre la vente d’animaux en magasin et en ligne, réactions en Pays de la Loire

La SPA lance une nouvelle campagne pour limiter et encadrer la vente d’animaux. Après l’abandon des animaux, c’est maintenant une nouvelle campagne, sous le hashtag #StopAnimalObjet. Une pétition en ligne est également ouverte.
 

La nouvelle campagne de la SPA #StopAnimalObjet
La nouvelle campagne de la SPA #StopAnimalObjet © SPA
La SPA (Société Protectrice des Animaux) se lance dans un nouveau combat : #StopAnimalObjet.
Le message de cette campagne de sensibilisation grand-public est simplement de dire que l’animal est un être vivant et non pas une marchandise.

"La SPA demande l’interdiction de la vente d’animaux en animalerie et l’encadrement strict des annonces en ligne, pour mettre un terme au marché de la souffrance animale. La SPA s’engage dans un combat éthique contre l’instrumentalisation de l’animal" précise l'association dans son communiqué.

" L’animal, comme le dit le code civil et le code rural est un être sensible, nous voulons éviter que l’animal soit considéré comme un objet et vendu comme une marchandise."

Jacques-Charles Fombonne, président bénévole de la SPA

"À partir de là, deux moyens : d'abord, l’interdiction de vendre des animaux dans les animaleries, c’est-à-dire la fermeture des animaleries, explique Jacques-Charles Fombonne, président bénévole de la SPA, les animaleries disent que l’animal n’est qu’un produit d’appel pour faire rentrer des gens dans le magasin et à partir de là, ils achètent des bottes, des clôtures pour leur jardin ou du matériel de jardin. Puis l’interdiction des particuliers comme vendeur sur les sites de vente en ligne. On veut faire en sorte que l’achat d’animaux sur Internet soit réservé à la vente d’animaux proposée par des éleveurs professionnels." 
 

L'achat en ligne : une cause d'abandon

Il poursuit, "La vente dans une animalerie est un acte qui s’oppose à ce que l’on préconise, qui est l’adoption responsable, c’est-à-dire que l’on vend l’animal comme une marchandise sans se préoccuper de ce qui se passe après et c’est une cause d’abandon. On est là dans une logique de vente et non dans une logique d’adoption."
#StopAnimalObjet ©SPA
Naïs Venanzi, la responsable du refuge de la SPA d'Yvré-l'Évêque dans la Sarthe récupère souvent des animaux vendus ou donnés sur internet : "Nous, on est souvent sollicité par des demandes de prise en charge par des gens qui ont pris des animaux sur des sites de vente en ligne. Après, ils ne souhaitent pas assumer et aller plus loin. C’est un métier le placement des animaux, qui demande énormément de compétences. Il faut faire correspondre plein de critères, ce que ne font pas les animaleries ou les sites de vente en ligne."

Modifier la loi

L’idée principale est de faire pression et de faire modifier une loi existante par le gouvernement.

Voici le contenu que la SPA souhaiterait voir intégrer dans la loi  : 


"Ils partent avec un petit être vivant, ils n'achètent pas une télé ou un canapé !"

Les éleveurs professionnels, eux, sont évidemment pour cette nouvelle campagne de la SPA. Françoise Hamon est éleveuse professionnelle depuis 26 ans. Elle est spécialisée dans l’élevage et la vente de chiens Berger blanc suisse, sur le Domaine de la Fresnay à Héric en Loire-Atlantique.

"Je suis assez d’accord avec cette campagne de la SPA, en tant qu’éleveuse professionnelle, surtout avec les conditions dans lesquelles les animaux sont gardés en animalerie, ce n’est pas forcement un contexte bien adapté pour ces petits chiens. Je pense que les vendeurs en animalerie n’ont pas forcément l’expérience et les qualités de l’éleveur qui lui, fait naître ses chiots et qui est le plus apte à donner les conseils pour que les chiots évoluent dans leur nouvelle famille".

"Concernant les ventes en ligne, pour moi, le fait d’être éleveur, c’est un métier et le particulier n’est pas apte à faire ces choses-là,
poursuit Françoise Hamon. 

On a un label de qualité nous, les gens peuvent nous recontacter s’ils ont besoin d’un conseil, ils partent avec un petit être vivant, ils n'achètent pas une télé ou un canapé !

Françoise Hamon, éleveuse de chiens

50 000 chiens issus du trafic

Selon la SPA, "la vente d’animaux en ligne et dans les animaleries est la porte ouverte à toutes les dérives, et ce mode d’acquisition nie le principe fondamental d’un acte responsable. Beaucoup d’entre eux, considérés comme une vulgaire marchandise sont issus d’élevages illégaux et subissent des privations et des maltraitances qui menacent leur santé et leur développement".

"Les conditions de vente sont aujourd’hui peu encadrées,
poursuit l'association, ainsi, chaque année, plus de 50 000 chiens entrent illégalement sur le territoire, dans des conditions de reproduction et de transport déplorables. Le service Protection Animale et la Cellule Anti-Trafic (CAT) de la SPA sont confrontés chaque jour à l’envers du décor de ce commerce lorsqu’ils enquêtent sur des affaires de maltraitance. Chaque année, plus de 14 000 enquêtes sont réalisées par l’association."

Un combat politique qui risque aussi d’impacter une économie ayant pignon sur rue, mais aussi celle qui est parfois souterraine, à savoir le trafic des animaux. Les animaleries importantes, elles, ne font souvent déjà plus de vente de chiens ou de chats dans leur magasin.

Si Jan Wejbrandt, le président de Maxi Zoo France - qui ne le fait plus depuis 2014 - applaudit la campagne de la SPA, il souhaite cependant distinguer la vente de chiots ou chatons de celle des autres animaux de compagnie. "Il est difficile de vendre des poissons ailleurs qu’en animalerie et autrement que dans un aquarium." S'il assure que moins de 20% du réseau propose à la vente des poissons, des rongeurs, des lapins et parfois des reptiles, ceux-ci garantissent un respect strict des règles sanitaires et l'encadrement par une équipe de professionnels (visites régulières des vétérinaires, enclos de taille supérieure à la réglementation etc ...).

Ainsi, "interdire la vente d’animaux en animalerie risque d’avoir pour effet d’encourager les filières de ventes parallèles, sans aucune traçabilité, aucun suivi et aucune garantie du bien-être animal. Les animaux pourraient aussi être achetés à l’étranger. Cela irait donc à l’encontre de toute la proposition de préservation du bien-être animal. D’autres parts, les éleveurs restent malgré tout peu nombreux sur le territoire" explique-t-il.

Des animaleries s'engagent pour le bien-être animal

L'enseigne MaxiZoo insiste sur la volonté de la marque de respecter le bien-être animal et les initiatives prises dans cet optique. 

"De nombreuses collectes de dons en faveur des refuges locaux sont organisées tout au long de l’année, précise Jan Wejbrandt, Président de Maxi Zoo France, rien qu’en 2019, 73 collectes ont été menées en magasin. Durant tout le mois d’octobre, une grande vente de bracelets est organisée et une partie des bénéfices sera reversée à l’association Agir pour la Vie Animale, qui recueille les animaux âgés, abandonnés ou malades et lutte contre l’euthanasie abusive".

Si vous voulez prendre un animal de compagnie, la bonne solution peut être tout simplement d’adopter un animal dans un refuge de SPA.

La pétition en ligne (ici) depuis le 07 octobre 2020 a déjà recueilli 17 000 signatures, l’objectif étant d’atteindre les 100 000. 

Les quelques animaleries concernées par la vente de chiens et de chats que nous avons contactées n'ont pas souhaité s'exprimer.
 
Ce que dit la loi : pour les chiens et les chats
Pour les chats et les chiens :

depuis le 1er janvier 2016, toute personne qui détient au moins une femelle reproductrice dont au moins un chien ou un chat qui est vendu (cédé à titre onéreux) est considérée comme éleveur et doit déclarer ses animaux et s'immatriculer.

Rappel : 
un particulier peut donner gratuitement des chiens ou des chats à condition qu'ils soient âgés d'au moins 8 semaines et identifiés.
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