Vacances de la Toussaint en Pays de la Loire : le secteur du tourisme est en mode "pilotage à vue"

Si en Vendée, les hébergements peuvent jouir de l'attractivité du Vendée Globe, le reste de la région n'a pas de réelles perspectives pour les vacances de la Toussaint. Le secteur compte sur les réservations de dernière minute et le tourisme de proximité.

Office de tourisme de Pornic, juin 2020
Office de tourisme de Pornic, juin 2020 © France Televisions - Céline DUpeyrat

Dans quel état d'esprit se trouvent les hôteliers et autres professionnels du tourisme en Mayenne ? "À votre avis ?", répond-on au comité départemental du tourisme. "Ils sont inquiets". À quelques jours des vacances de la Toussaint, qui débutent le 17 octobre, le virus de la Covid-19 est toujours en circulation, mettant à mal les activités touristiques.

Pour autant, le récent passage du département en zone de circulation active n'a pas provoqué une annulation de masse, assure Marie Le Calonec, chargée de la communication au comité départemental de la Mayenne. Elle souhaite rassurer : "les professionnels ont dû s'adapter aux mesures de sanitaires dès l'été. Ils sont plus qu'en mesure d'accueillir en toute sécurité". 
 

Une baisse en septembre

Dans chaque département, les porte-paroles des comités sont réalistes : il y a une baisse d’activité. Du côté de la Sarthe, le mois de septembre a été morose. "Ce sont les mois où viennent principalement les retraités et les entreprises pour de l’événementiel pro. Là, il n’y a plus rien" se désole Maxime Guillon de Sarthe Tourisme.

De plus, le département de la Sarthe accueille habituellement une clientèle internationale importante. De 2013 à 2018, son taux avait progressé de 32 %, soit 3,5 fois plus vite qu'au niveau régional et 2,9 fois plus vite qu'au niveau national. Avec les limitations de circulation, les chemins de la Sarthe ont été désertés par les étrangers. Alors au vu des réservations des semaines précédentes, le bilan ne s’annonce pas des plus joyeux pour Maxime Guillon.

Même constat à l'office de tourisme de Saumur, en Maine-et-Loire. Jean-Jacques Micoud, son directeur général, estime pour la Toussaint, une baisse des réservations de 50 % par rapport à l'année dernière, qui s'explique aussi par le profil des touristes :

Nous avons perdu 17 % de notre clientèle qui était étrangère. Mais la bonne nouvelle, c'est que les locaux ont été réactifs. 

Jean-Jacques Micoud, son directeur général de l'Office de tourisme de Saumur

"Notre clientèle "Grand Ouest" est passée de 36% à 54%. Avec le nord de la Nouvelle-Aquitaine et le Val-de-Loire, on monte à près de 70%. Mais ce sont des séjours à très court termes. En terme de retombées, ce n'est pas la même chose"​​​​, explique Jean-Jacques Micoud. 

Du côté de la Loire-Atlantique, Aurélie Peneau, directrice du développement touristique à l'office de Nantes, espère que les Français compenseront, comme cet été, la perte de la clients étrangers. "Sur le Voyage à Nantes, on a eu une fréquentation quasiment identique à l'année dernière. Des sites ont même progressé, comme le Chateau des Ducs de Bretagne".
© Olivier Quentin / France 3 Pays de la Loire
 

Se réadapter constamment

À l'office de tourisme de Saumur, on essaie donc de ne pas trop désespérer, malgré le manque de lisibilité. "Le tourisme vit vraiment au gré des annonces et des pressions médiatiques [...] les professionnels doivent être constamment en réadaptation, faire des efforts de réactivité" explique Jean-Jacques Micoud. Il ajoute que "les hôteliers en particuliers sont touchés par ce manque de visibilité. C'est compliqué, au niveau du management."

Une annonce qui fait du bien, est donc celle de Jean Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, ce lundi 12 octobre, qui a incité les Français à réserver dès maintenant pour la Toussaint et Noël, assurant que "les réservations annulées ne coûteraient rien aux Français", après un Comité interministériel consacré au secteur (CIT). Mais le directeur de l'office de tourisme de Saumur ne cache pas son stress quant aux prochaines annonces, notamment celles d'Emmanuel Macron, ce mercredi 14 octobre 

On se retrouve dans un paradoxe total, c'est qu'en fonction des annonces, on a des secteurs qui peuvent être paralysés du jour au lendemain. 15 % de notre clientèle est francilienne. Qu'est-ce qu'il se passe si demain, des grandes villes se retrouvent confinées ? On est vraiment dans du pilotage à vue.
 

Tendance à l’hyper dernière minute 

Les annonces hebdomadaires du gouvernement poussent aussi les Français à changer leur comportement. Pour Fabienne Couton-Lainé, du pôle tourisme de Vendée expansion, la grande tendance, cette année, semble être celle de "réservation d'hyper dernière minute".

On met toutes nos offres sur Internet. Les gens viennent chercher leur idée. Il décide de partir le jour même pour le lendemain. Il y a en a même qui appellent le matin et ils prennent la route tout de suite. 

Cette tendance "à la dernière minute", rendue également possible par les sites internet des départements qui répertorient tous les prestataires de la région, s’inscrit sur l'ensemble du territoire des Pays de la Loire. "Du jamais vu" sur Nantes, pour Aurélie Peneau, qui rassure tout de même : "Tous les professionnels nous l'ont dit. Ils avaient un calendrier vide les week-end, qui finissait par se remplir le jour-même".  Pas de désespoir malgré l'incertitude. "Bien sûr, on verra au jour le jour".
 

Vendée Globe, plein air et proximité

De manière générale, le secteur du tourisme mise surtout sur les activités en plein air pour la Toussaint, à un moment de l'année où il ne fait pas encore trop froid. Pour Marie Le Calonec, les mesures sanitaires ne doivent pas empêcher les touristes d'en profiter en Mayenne : "Ici, les gens portent un masque depuis le mois de juillet, mais vous pouvez faire plein de chose en espace nature."

En Loire-Atlantique, les offices poursuivent leur offre de promotion, notamment avec le Voyage dans le vignoble, aux alentours de Nantes. "On ne lâche pas l'affaire. C'est une très belle période pour découvrir le vignoble et le paysage. On peut continuer d'attirer les gens de Paris et de l'Ouest". 

Une note positive pour la Vendée : la compétition annuelle du Vendée Globe qui semble sauver la mise en matière de tourisme. "Dans les Sables-d'Olonne, les hôtels sont déjà remplis entre 75 % et 80 % pour le week-end de départ" affirme Fabienne Couton-Lainé. 

De même, la responsable s’enthousiasme d’une "bonne dynamique" du côté des gîtes, plus intimistes que les hôtels et avec souvent avec des jardins. "Le chiffre d’affaires pourrait être similaire, voire supérieur à celui de l’année dernière". Mais pour l’instant, elle ne fait pas le lien avec le Vendée Globe.  

Les sites des comités départementaux de tourisme
Mayenne : https://www.mayenne-tourisme.com/

Loire-Atlantique : https://tourisme-loireatlantique.com/

Vendée : https://www.vendee-tourisme.com/

Sarthe : https://www.sarthetourisme.com/

Maine-et-Loire : https://www.anjou-tourisme.com/

Informations générales sur les Pays-de-La-Loire :
https://www.enpaysdelaloire.com/
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