Vendée et Loire-Atlantique : ballots de cocaïne sur les plages il y a un an, le point sur l'enquête

Il y a un an, entre octobre et novembre 2019, les promeneurs découvraient des ballots de cocaïne échoués sur les plages de Vendée et de Loire-Atlantique. Après un an d'enquête, confiée à la Juridiction Inter Régionale Spécialisée de Rennes, la justice fait le point.
En octobre et novembre, 1600 kg de cocaïne avaient été découverts sur les plages de la façade Atlantique
En octobre et novembre, 1600 kg de cocaïne avaient été découverts sur les plages de la façade Atlantique © Loïc Venance / AFP
La première découverte d'un ballot de cocaïne échoué sur la plage de Saint-Jean-de-Monts en Vendée remonte au 18 octobre 2019.  Un arrivage massif d'emballages suspects était constaté sur l'ensemble de la façade atlantique. De Saint-Jean-de-Luz dans les Pyrénées-Atlantiques à Camaret dans le Finistère. Au total 1600 kg de cocaïne étaient ainsi retrouvés jusqu'au 30 novembre sur l'île de Ré en Charente-Maritime.
 

Un mort par overdose

Les premières analyses confirmaient que l'ensemble des paquets collectés contenaient bien des produits stupéfiants et notamment de la cocaïne présentant un important taux de pureté, susceptible d'engendrer des conséquences dramatiques.

Une partie de la cargaison ayant été perdue en mer (de l'ordre du tiers ou du quart), le volume initial de produit peut être qualifié d'important.

Une large information de la population sur le caractère illicite et dangereux du ramassage de ces ballots était faite autour du 11 novembre 2019. Malgré ces messages d'alerte, un jeune homme de 35 ans devait perdre la vie par overdose à Saint Nazaire le 16 décembre 2019 suite à l'ingestion de produit qu'il avait trouvé sur la plage.

Les interpellations des personnes en possession de ballots ramassés sur les plages demeuraient de la compétence des différents parquets locaux.
 

Une enquête internationale

Au vu du nombre élevé de points de découverte, la Juridiction Inter Régionale Spécialisée de Rennes se saisissait de la procédure le 08 novembre 2019 afin de centraliser les recherches initialement diligentées localement par les parquets de Saint-Nazaire, Bordeaux ou Dax.

La procédure était confiée à la Section de Recherches de la Gendarmerie maritime, au groupement de Gendarmerie de la région Pays de la Loire ainsi qu'à l'Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (antenne de Bordeaux).

L'important travail d'investigation réalisé par les services d'enquête, en collaboration notamment avec les autorités américaines (DEA), néerlandaises et britanniques, permettait de déterminer que ces ballots provenaient vraisemblablement d'un même délestage intervenu dans une zone déterminée d'environ 8500 km² dans le golfe de Gascogne (très au large de Bordeaux) dans le courant du mois de septembre 2019.

L'origine des stupéfiants pouvait être identifiée dans une zone de production du nord de la Colombie. La pureté des produits analysés se situait entre 80,5 et 90 %.
 

L'enquête toujours en cours

Un travail minutieux de recherche permettait d'identifier dans la zone concernée, aux dates probables du délestage, plusieurs navires pouvant présenter un caractère suspect. Leur mise sous surveillance n'apportait cependant aucun élément d'incrimination les concernant.

Philippe Astruc, procureur de la République de Rennes, souligne que : "malgré des recherches approfondies aucun élément n'a permis à ce jour d'identifier précisément le vecteur de transport (voilier, cargo ou sous-marin) ni l'origine de ce délestage, ni son caractère volontaire ou accidentel".

Il se félicite de la "très bonne coopération entre les trois services français d'investigation (police et gendarmerie) ainsi qu'avec les autorités étrangères". Et les en remercie.
L'enquête est toujours en cours.

 
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société drogue faits divers