Abus sexuels dans l'église. "Une vraie trahison", une association de victimes réagit à l'affaire Michel Santier

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Écrit par Camille Aguilé

L'association de victimes de violences sexuelles dans l'église de Vendée Collectif 85 prend la parole jeudi 27 octobre. Elle dénonce le silence qui a protégé Michel Santier, ancien évêque de Luçon et auteur d'abus sexuels dans l'exercice de son ministère.

À chaque nouvelle affaire révélée, la douleur des victimes se réveille. Et la colère contre l'omerta de l'église catholique avec.

L'association de victimes de violences sexuelles dans l'Église de Vendée Collectif 85 s'exprime jeudi 27 octobre 2022 et dénonce le silence qui a un temps protégé Michel Santier. 

L'ancien évêque de Luçon a fait l'objet de sanctions canoniques en 2021 pour avoir demandé à deux jeunes hommes adultes de se déshabiller dans le cadre de la confession.

Des abus sexuels commis alors qu'il exerçait en tant que prêtre à Coutances en Normandie en 1990, mais seulement révélés publiquement au début du mois d'octobre 2022. De nouveaux signalements concernant le prêtre ont été reçu par l'archevêque de Rouen au même moment. 

Des sanctions passées sous silence

Membre fondateur du Collectif 85, Jean-Pierre Sautreau se dit révolté par "le silence organisé autour de faits évoqués par les victimes en 2019".

Evêque de Créteil depuis 2007, Michel Santier avait rendu sa charge ecclésiale au Pape en 2020, mentionnant des problèmes de santé.

On nous a parlé de Covid pour justifier la démission de Michel Santier.

Jean-Pierre Sautreau

Membre du Collectif 85, association de victimes de violences sexuelles dans l'Église de Vendée

"Aujourd'hui, on apprend non seulement qu'il n'a pas eu le Covid, mais aussi qu'il a démissionné à la suite d'abus qu'il avait commis", s'insurge Jean-Pierre Sautreau. 

Une démission suivie de sanctions du Vatican à son encontre, mais que l'Église n'a pas rendu publique.

Au regard des sanctions, Michel Santier est "interdit d'être en contact avec des personnes de moins de 30 ans dans le cadre de son ministère. Il a aussi dû se retirer au sein d'une communauté religieuse pour y assurer les messes", nous a précisé ce jeudi 27 octobre Monseigneur Jacolin, l'actuel évêque de Luçon.

"Une vraie trahison des victimes"

Jean-Pierre Sautreau dénonce le manque de transparence de l'église d'autant plus que les autorités religieuses étaient au courant dès 2019. La même année, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase) était mise en place pour récolter les témoignages de victimes dans toute la France.

Pour Jean-Pierre Sautreau, cette affaire "est une vraie trahison par des gens qui disent vouloir écouter et réparer les victimes, mais qui continuent à protéger les abuseurs".

De son côté, Monseigneur Jacolin, regrette également que la cause des sanctions n'ait pas été rendue publique.

"Tant qu'une affaire est jugée sur le fond, il faut respecter le secret de l'instruction. Mais une fois qu'elle est jugée, il faut rendre les faits publics. L'Église a du mal à sortir de sa tradition de ne pas publier ses sentences", explique l'actuel évêque de Luçon.

Un appel à témoigner 

Dans un communiqué paru le 26 octobre, Monseigneur Jacolin dénonce lui aussi les actes commis par son prédécesseur dans un communiqué. L'évêque de Luçon invite les victimes éventuelles à se confier à la cellule d'écoute du diocèse, n'excluant pas que Michel Santier ait eu des agissements similaires lorsqu'il y exerçait entre 2001 et 2007.

L'appel à témoignages fait suite à de nouveaux signalements auprès de l'archevêque de Rouen. Ce dernier a entamé une nouvelle procédure qui fait actuellement son chemin jusqu'au Vatican.

Aucune demande liée à l'affaire Santier n'a été enregistrée par la cellule d'écoute du diocèse de Luçon pour le moment.

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