Brexit : “C'est un désastre... J'ai voté pour rester”, les habitants britanniques de Vouvant, en sud Vendée, inquiets

Le village de Vouvant est situé dans le sud Vendée / © France Televisions - Céline Dupeyrat
Le village de Vouvant est situé dans le sud Vendée / © France Televisions - Céline Dupeyrat

C'est ce samedi que les députés anglais ont débattu de l'accord sur le Brexit négocié par leur Premier ministre Boris Johnson avec l'Union européenne. Les Britanniques installés à Vouvant, dans le sud Vendée, sont inquiets des conséquences d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe.

Par FB avec Céline Dupeyrat et AFP

Dans ce village du Sud vendéen, un habitant sur 10 est Britannique. 20% des maisons appartiennent à des Anglais.

Sarah est arrivée ici il y a quelques années. Elle est devenue propriétaire juste avant le referendum...

Nous sommes des Européens, nous ne sommes pas une petite île isolée - Sarah, une Britannique habitant Vouvant

Sarah, une Britannique qui habite Vouvant dans le sud Vendée / © France Televisions - Céline Dupeyrat
Sarah, une Britannique qui habite Vouvant dans le sud Vendée / © France Televisions - Céline Dupeyrat
"Ça a été affreux la nouvelle qu'on devait quitter (l'Union européenne), ça me rend très, très triste"

A la Cour du Miracle, le bar tenu par des Australiens, on ne parle que de ça... Le Brexit, qu'il soit dur ou négocié, inquiète la clientèle. Rupert est un habitué. Il est avocat et partage sa vie entre Londres et Vouvant.
Le bar La Cour du Miracle à Vouvant, est tenu par des Australiens / © France Televisions - Céline Dupeyrat
Le bar La Cour du Miracle à Vouvant, est tenu par des Australiens / © France Televisions - Céline Dupeyrat

"C'est un désastre... J'ai voté pour rester", déclare-t-il, "c'est une question difficile pour les Anglais parce que le pays est complètement divisé. C'est la même chose au parlement"

La commune, classée parmi les plus beaux villages de France, est une terre d'expatriation depuis les années 90. Les Anglais font tourner le commerce, mais sur la question du Brexit ils se font plutôt discrets.
"Ils évitent d'en parler", reconnaît José Texeira, un commerçant de Vouvant, "peut-être que chez eux ils en parlent mais ce n'est pas à discussion ouverte. On n'échange pas trop là dessus".

On sent qu'il y a de l'inquiétude, ils ne sont pas sereins - José Texeira, un commerçant de Vouvant

"Ils ne viennent pas ici pour acheter ou revendre leur maison, ils viennent ici pour s'établir parce que le village leur a beaucoup plus", explique, Jacly Roy, le maire de Vouvant, "ça a l'avantage de nous apporter une activité économique toute l'année et c'est ce que l'on recherche évidemment, pas seulement pendant la saison estivale"

Pour le maire c'est sûr, même avec un accord, les Britanniques vont perdre gros, notamment la sécurité sociale. Certains pourraient donc repartir, d'autres prendre la nationalité française. Plusieurs administrés ont déjà entamé des démarches.

En 2017, près de 40 000 Britanniques habitaient la Nouvelle-Aquitaine, frontalière du sud Vendée, faisant d'elle la première région française d’accueil des résidents britanniques, 26 % d’entre eux y ayant élu domicile. 
A Vouvant les vitrines affichent la couleur en français et en Anglais... / © France Televisions - Céline Dupeyrat
A Vouvant les vitrines affichent la couleur en français et en Anglais... / © France Televisions - Céline Dupeyrat

Brexit or not Brexit ?

C'était un vote historique à l'issue très incertaine : le Parlement britannique s'est réuni ce samedi 19 octobre pour se prononcer sur l'accord de Brexit conclu entre Londres et Bruxelles, à 12 jours seulement de la date prévue de sortie de l'Union européenne.  Les députés ont finalement reporté leur décision sur l'accord.

"Je ne négocierai pas de report avec l'UE", le Premier ministre Boris Johnson a redit samedi sa détermination à sortir son pays coûte que coûte de l'UE le 31 octobre, malgré ce vote des députés
le contraignant à demander ce report à Bruxelles.

Les députés ont déjà rejeté par trois fois le précédent accord de sortie conclu entre l'ex-Première ministre Theresa May et les 27 autres membres de l'UE.




 

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