Manifestations devant un lycée de Nantes et un collège à La Roche-sur-Yon, le protocole sanitaire est mis en cause

Des manifestations s'organisent devant pusieurs établissements du secondaire de la région. En cause, le protocole sanitaire qui, selon les manifestants, ne protège pas assez élèves et enseignants dans des établissements parfois en sureffectif.
La FCPE avait appelé à manifester ce jeudi matin devant le collège Nicolas Haxo de La Roche-sur-Yon
La FCPE avait appelé à manifester ce jeudi matin devant le collège Nicolas Haxo de La Roche-sur-Yon © France Télévisions Céline Dupeyrat
Ce jeudi matin, enseignants, personnels administratifs et parents d'élèves s'étaient donné rendez-vous devant le collège Nicolas Haxo à La Roche-sur-Yon. Ils sont venus dire leur inquiétude quant au protocole sanitaire qu'ils jugent inapplicable dans cet établissement.

"L’établissement accueille aujourd’hui 702 élèves pour une capacité de 600 soit un taux d’occupation de 117 % explique la FCPE dans un communiqué commun avec l'association des parents d'élèves du collège. Ces chiffres, en période normale, posent déjà, entre autres, des problèmes pédagogiques (impossibilité d’individualiser les parcours), de sécurité de circulation, d’encombrement de la cour et les problèmes de violences associés, de surcharge du réfectoire, de complexité d’organisation pour l’équipe pédagogique. Avec la crise sanitaire actuelle, ils rendent les « différents » protocoles sanitaires inapplicables au sein de l’établissement."
Personnels et parents d'élèves s'étaient donnés rendez-vous à 9h30 ce jeudi matin devant le collège.
Personnels et parents d'élèves s'étaient donnés rendez-vous à 9h30 ce jeudi matin devant le collège. © France Télévisions Céline Dupeyrat
Mardi dernier déjà, des enseignants de cet établissement avaient fait jouer leur droit de retrait et ce jeudi matin, fait exceptionnel, 100 % des personnels, administratifs, techniques et enseignants se sont mis en grève. Aucun élève n'est entré et le collège est à l'arrêt.

"On entend partout qu'on a passé un cap au niveau de la crise sanitaire, explique Nicolas Hélary, parent d'élève, et que tout le monde doit faire attention et ça passe évidemment par les écoles. Comment des établissements surchargés peuvent faire en sorte qu'il n'y ait pas de brassage d'enfants ? C'est impossible, contrairement à ce que nous dit la directrice académique de l'Education Nationale." Selon ce parent d'élève, il faut dédoubler les classes et faire un accueil différencié des élèves d'un jour sur l'autre par petits groupes.

Un point de vue que défend également le syndicat d'enseignants SNES-FSU : "Il y a d'autres collèges dans le département qui sont en surcharge note Gisela Lefebvre co-secrétaire départementale du SNES FSU 85, comme à Saint-Gilles-Croix-de-Vie ou Challans par exemple. Mais même dans un collège normal, vous avez du mal à éviter le brassage sur la cours de récréation ou à la restauration scolaire et dans les bus. Pour pouvoir mettre en place le protocole, il faut, ou changer les effectifs ou agrandir les locaux, ou embaucher du personnel... ou changer le protocole."

Dans un communiqué, la Directrice Académique de l'Education Nationale en Vendée dit comprendre cette inquiétude et rappelle les consignes appliquées au collège Nicolas Haxo comme l’aération des locaux. "Cette mise en oeuvre, dit le communiqué, garantit une aération au minimum toutes les deux heures. Pour ce qui concerne la restauration scolaire, les élèves passent au SELF classe par classe en respectant les gestes barrière. Les agents désinfectent les tables et les chaises entre chaque passage d’usagers."

La directrice précise également que "Dès le 9 novembre, chaque classe aura une salle dédiée, limitant ainsi la circulation des élèves dans les bâtiments. De ce fait, leurs déplacements seront bien limités, organisés et encadrés."

Une délégation de représentants de parents d’élèves et d’enseignants sera reçue le vendredi 6 novembre.
 

Blocus à Nantes et Saint-Nazaire

A Nantes, c'est devant le lycée des Bourdonnières que des lycéens se sont rassemblés tôt ce jeudi, pour les mêmes motifs. Ils estiment le protocole sanitaire insuffisant. Un feu a été allumé devant l'établissement. La police est intervenue et a fait usage de gaz lacrymogènes.

Des dégradations ont été constatées par la police, notamment sur des véhicules. Il y a eu également des feux de poubelles et des objets ont été lancés sur les forces de l'ordre. 

La police a procédé à plusieurs interpellations.
On signalait aussi depuis le début de cette semaine des manifestations devant le lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire.
 
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