REPLAY. Municipales 2020 à La Roche-sur-Yon : ce qu'il faut retenir du débat Bouard-Ibarra d'avant-second tour

Difficile de réaliser un pronostic pour ces municipales à La Roche-sur-Yon, où le maire sortant Luc Bouard affronte Stéphane Ibarra, tête de liste d'une gauche réunie, au second tour le 28 juin. Retrouvez ici le débat entre les deux candidats, enregistré le 23 juin sur le plateau de France 3.

Stéphane Ibarra et Luc Bouard ont débattu sur le plateau de France 3 Pays de la Loire ce 23 juin autour de Christine Vilvoisin.
Stéphane Ibarra et Luc Bouard ont débattu sur le plateau de France 3 Pays de la Loire ce 23 juin autour de Christine Vilvoisin. © Salomé Poirier / FTV

Luc Bouard était en ballotage favorable le 15 mars au soir avec 44,07% des voix, loin devant Stéphane Ibarra, le candidat du parti socialiste qui avait totalisé 20, 8%  des suffrages et les deux autres candidats de gauche, Martine Chantecaille (17,09%) et Stéphane Hélary (13,28%).

Mais entre les deux tours, longue période de confinement, les trois têtes de liste de gauche ont négocié et signé ce qu'elles appellent un contrat de mandature. Les listes ont fusionné, ce qui rebat les cartes pour ce second tour des élections municipales dans la capitale vendéenne. Les résultats s'annoncent donc très serrés le 28 juin au soir.


La carpe et le lapin

Luc Bouard qualifie cette fusion de la gauche de "mariage entre la carpe et le lapin". "C’est assez surprenant : il y a eu six mois de campagne faite de déchirements, de promesses. Le Covid passe par là, et puis on arrive à une alliance qui n’en n’est pas une. "Abattre Bouard", c’est tout ce qui les motive," assure le maire en exercice sur le plateau de France 3 Pays de la Loire lors du débat qui l'opposait au candidat socialiste.

"Je suis fier de conduire cette union, juge Stéphane Ibarra. Luc Bouard a eu un exercice du pouvoir où il était un et solitaire, à l’image de ses affiches. Nous proposons une vision collective. (...) Cette crise nous a questionné et nous a amené à évoluer." Pendant le débat, les deux candidats se sont davantage opposés par attaques personnelles plutôt que par leurs projets pour la ville.
 

Co-construire avec les Yonnais

Stéphane Ibarra se dit animé par la concertation et la transparence. "Il y a de la transparence et il y en aura davantage, il y a toujours des progrès à faire, rétorque Luc Bouard, qui défend son bilan. Nous en sommes à 380 réunions sur mon mandat. Les halles ont été un chantier complètement co-construit avec la population, l’écoquartier de la gare aussi. On va continuer à le faire."

Contrairement à son concurrent, le maire ne souhaite pas associer ses administrés aux décisions par des consultations par référendum, processus qu'il trouve "anti-démocratique". "Il y a des élections municipales. (...) On a un rapport avec le citoyen à une periode donnée, il nous accorde sa confiance. Puis, vous présentez votre projet au conseil municipal, qui est lui-même une émanation de la volonté citoyenne, justifie-t-il.

"La seule consultation que vous avez faite, c’était demander quel nom aura le centre aquatique, de la scène de musiques actuelles et celui du pôle culturel. On ne propose pas un projet aux Yonnais, il faut co-construire avec eux," juge Stéphane Ibarra, aussitôt qualifié par son adversaire d'"absent qui veut revenir aux affaires".
 

Plus de vélos, moins de voitures ?

Le maire élu en 2014 entend développer le vélo dans l'agglomération, transport utilisé quotidiennement par seulement 3% des Yonnais. Le projet fait sourire Stéphane Ibarra : "il ne faut pas que des pistes de loisir, il faut une vraie alternative à la voiture pour se rendre du domicile au travail. J'habite au Bourg-sous-la-Roche. Après avoir descendu la piste cyclable de l'hôpital, c'est difficile de rejoindre l'avenue de-Gaulle sans se mettre en danger."

Le socialiste souhaite développer le réseau de bus, "dont la fréquence n'est pas à la hauteur des déplacements" et proposer ensuite sa gratuité. Luc Bouard est d'accord, sauf sur ce dernier point. "La gratuité, ce sont les Yonnais qui le décideront," estime-t-il, avançant un coût de 4,8 millions d'euros pour la municipalité. "C'est faux. Le budget bus est de 1,8 million," lance Stéphane Ibarra.

Ce dernier veut abandonner le projet de contournement sud de La Roche-sur-Yon, pour des raisons de quiétude, de santé, de sécurité et de préservation de l'environnement. "Il ne faut pas dévier ce flux, il faut le résorber. (...) L’erreur de c’est de dire aux habitants de Saint-André-d’Ornay que ce contournement est leur seul salut," sermonne-t-il. "Allez expliquer aux gens que des poids lourds continueront à passer devant chez eux, ou aux camions qu'ils ne pourront plus livrer dans le centre-ville, préconise Luc Bouard. Ce qu’il nous faut, ce sont des parkings d’entrée de ville. Nous souhaitons en construire quatre."
 

Attirer les médecins

La Roche-sur-Yon, préfecture de département et forte de 54 000 habitants, ne comptent que 37 généralistes. Luc Bouard préconise la construction d'une troisième maison de santé pluriprofessionnelle (MSP), l'agrandissement du centre municipal de santé de La Géraudière. La construction attendue d'un lieu d'accueil pour les internes, auquel sera adossée "une pépinière médicale, où l'on pourra financer une partie de leurs études et leur proposer des sites où ils pourront exercer à La Roche-sur-Yon," est sur les rails.

Stéphane Ibarra se dit soulagé d'entendre que le maire veuille "enfin mettre des sous" pour ce lieu d'accueil des internes. "8 000 à 10 000 personnes n’ont pas de médecin traitant. Et ça va encore s'aggraver puisque trois médecins partent en retraite en 2020. Mais qu'avez-vus fait pendant six ans ? attaque-t-il. Le quartier de la Garenne n'aura bientôt plus d’offre de santé. Il faut que la ville se porte acquéreur du cabinet !"

Le débat s'est clôt sur une dernière question aux candidats : s'ils étaient élus, quelle mesure prendraient-ils en premier ? Stéphane Ibarra envisage d'ouvrir son mandat par un conseil municipal exceptionnel à l’écoute des acteurs culturels et associatifs "pour répondre à l’urgence de la crise sanitaire". Quant à Luc Bouard, il souhaite lancer un pôle d’emploi sur le site Michelin, y faire venir des entreprises pour créer 1 000 emplois pendant le mandat 2020-2026.
 

Replay. Le débat de La Roche-sur-Yon animé par Christine Vilvoisin

Les candidats en plateau

Les résultats du premier tour à La Roche-sur-Yon

Luc Bouard en tête du premier tour des Municipales 2020 à La Roche-sur-Yon
Luc Bouard en tête du premier tour des Municipales 2020 à La Roche-sur-Yon © France Televisions

 

Revoir le débat d'avant premier tour (26 février 2020)

 

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