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Naufrage du Grande America : deux nappes d'hydrocarbures détectées, Vendée et Loire-Atlantique en vigilance

La nappe d'hydrocarbures libérée par le naufrage du Grande America, photo prise le 14 mars 2019 / © Marine Nationale
La nappe d'hydrocarbures libérée par le naufrage du Grande America, photo prise le 14 mars 2019 / © Marine Nationale

La pollution aux hydrocarbures engendrée par le naufrage du Grande America au large de la côte atlantique pourrait toucher le littoral d'ici quelques jours. Deux nappes ont été détectées à proximité de la zone de naufrage.

Par FB avec AFP

365 conteneurs, dont 45 de matières dangereuses et 2 200 tonnes de fioul lourd, c'est le chargement du  "Grande America", qui a sombré à 330 kilomètres de la côte Atlantique.

Ce navire hybride, entre un roulier et un porte-conteneurs, d'une longueur de 214 mètres, a coulé mardi après-midi, après un violent incendie qui s'est déclaré à son bord dimanche dernier.
Le Grande America a sombré le 12 mars 2019 à 333 kilomètres des côtes françaises / © Marine Nationale
Le Grande America a sombré le 12 mars 2019 à 333 kilomètres des côtes françaises / © Marine Nationale
 

"Une pollution aux hydrocarbures qui viendra, tôt ou tard, toucher nos côtes"


Une nappe d'hydrocarbures a été localisée mardi après-midi à "plus de 200 kilomètres des côtes".

"Cette nappe d'hydrocarbures s'étend actuellement sur une dizaine de kilomètres de long pour un kilomètre de large", précisait ce mercredi soir la préfecture maritime de Loire-Atlantique.

L'Argonaute, un "navire spécialisé dans la pollution maritime" a été dépêché sur zone jeudi matin pour faire une reconnaissance aérienne et estimer ainsi précisément l'étendue de la nappe. 
Une deuxième nappe d'hydrocarbures a été détectée. Les deux nappes dériveraient à une vitesse de 30 km par jour environ.

"La première fait 13 kilomètres de long pour 7 kilomètres de large et a un aspect assez compact. La deuxième fait 9 kilomètres de long pour 7 de large et son aspect est assez morcelé", a précisé le porte-parole de la préfecture maritime de l'Atlantique, Riaz Akhoune, ajoutant que les deux nappes sont distantes d'environ 20 km l'une de l'autre.

Les préfectures de Gironde et de Charente-Maritime ont placé leurs services en "phase de pré-alerte", pour anticiper la possible pollution des côtes par cette nappe.

"Cette phase comprend la préparation et le prépositionnement des moyens anti-pollution nécessaires, et l'organisation des opérations de reconnaissance à venir", soulignent les préfectures. 

François de Rugy a déclaré de jeudi 14 mars sur Public Sénat que "Nous sommes face à une pollution aux hydrocarbures qui viendra, tôt ou tard, toucher nos côtes (...) Nous estimons que que cela pourrait arriver dimanche ou lundi."
La nappe d'hydrocarbures "sans doute, s'est encore un peu disloquée pendant la nuit compte tenu des conditions météorologiques qui sont très mauvaises (...) Le vent souffle fort, les vagues sont de 4 à 6 mètres" a précisé le Ministre.

Ce jeudi matin, sur les côtes vendéennes et charentaises, le vent est orienté ouest, soufflant à une moyenne de 28 noeuds, d'après les prévisions de Météo France. La mer est formée avec des vagues pouvant atteindre plus de 7 mètres par endroits.

"Je préfère qu'on se prépare sur une portion assez large du littoral" -  François de Rugy

"Ça peut aller peut-être jusque dans les Landes comme ça peut remonter au nord jusqu'à la Vendée", a-t-il poursuivi.

 "A l'heure actuelle le risque éventuel de pollution est principalement constitué par les 2.200 tonnes de fioul lourd qui sont à l'intérieur du bâtiment", expliquait mercredi après-midi le préfet maritime de l'Atlantique, Jean-Louis Lozier.

Si les vents d'ouest variant d'ouest-sud-ouest à ouest-nord-ouest se maintiennent, la zone impactée (par le fuel lourd) serait la façade entre la Charente-Maritime et la Gironde dans plusieurs jours.

Cependant, les préfectures de Vendée et Loire-Atlantique restent vigilantes.

"Pour anticiper, et par mesure de précaution, les préfectures de la Loire-Atlantique et de la Vendée, en coordination avec la préfecture maritime et la préfecture de zone, ont néanmoins placé les services concernés en phase de vigilance et transmis des consignes préventives aux maires des communes littorales", écrivent-elles dans un communiqué.

Les maires devront ainsi "renforcer la surveillance des plages et des abords des ports et de signaler toute pollution auprès de la direction de la mer et du littoral (DML) ou de la préfecture".
 

"Un Navire poubelle", selon les Robin des Bois


De son côté, l'association Les Robins des Bois publie des documents accablants.

L'association écologiste s'est exprimée à plusieurs reprises depuis le naufrage du navire italien. Après avoir annoncé jeudi 14 mars leur intention de porter plainte contre X, notamment pour pollution et abandon de déchets, elle publie ce vendredi 15 mars de nouvelles informations sur son site. On peut maintenant y trouver une liste et une description sommaire de toutes les déficiences relevées sur le bateau depuis 2010. Avec 85 entrées répertoriées, l'association dénonce "un navire poubelle".

L'armateur, la société Grimaldi, avait été mis en demeure de "mettre fin au danger pour la navigation et l'environnement marin représenté par les conteneurs et autres éléments à la dérive" et de "traiter les éventuelles pollutions maritimes".

Le bâtiment se trouvait à environ 263 kilomètres au sud-ouest de la pointe de Penmarc'h, en Bretagne quand dimanche soir un incendie, dont on ne connaît pas la cause, s'est déclaré. Les 27 personnes à bord (26 membres d'équipage et un passager) ont été évacués dans la nuit de dimanche à lundi et le navire a sombré mardi à 15h26 à 333 km de La Rochelle.
Le Grande America venait de Hambourg, en Allemagne, et devait rallier Casablanca, au Maroc.

Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes, a critiqué jeudi sur France 2 "le laxisme qu'il y a souvent autour du transport maritime".

"L'organisme maritime international est trusté par tous les pavillons de complaisance qui essayent en permanence de lutter à la baisse contre toutes les règles à la fois sociales, de sécurité, d'environnement",
a déploré l'écologiste. "C'est dans ce cadre-là qu'on n'arrive pas à taxer le fioul lourd".
 

La réglementation européenne doit "aller plus loin"


"Il faut aller plus loin" en matière de réglementation du transport maritime de marchandises au niveau européen, a plaidé jeudi le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin (ex-LREM)  après le naufrage du navire italien.

Il faut "avoir plus de transparence, d'obligations, pour que les armateurs disent le plus rapidement possible ce qui est transporté", a également souhaité Matthieu Orphelin, alors qu'il a fallu "plusieurs jours" pour connaître précisément la nature de la cargaison du Grande America.

Il s'agit aussi de s'attaquer à "la vétusté" de certains navires - même si le Grande America, avec ses "22 ans, n'était pas le plus vieux non plus" - pour "arriver à sortir les plus vieux de cette circulation de marchandises".

Le 12 décembre 1999, c'est l'Erika qui se brisait au large des côtes bretonnes, provoquant une marée noire de grande ampleur.
 

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