Vendée : pour un commissaire enquêteur, des anti-éolien ont un “QI qui n'est pas celui du géranium”

Fabien Bouglé, porte-parole du collectif d'opposants "Touche pas à nos îles !" est notamment visé par les propos du commissaire enquêteur. / © Damien Raveleau
Fabien Bouglé, porte-parole du collectif d'opposants "Touche pas à nos îles !" est notamment visé par les propos du commissaire enquêteur. / © Damien Raveleau

À Noirmoutier, le collectif "Touche pas à Nos Îles !", opposé au projet de parc éolien au large de l'île, dénonce le contenu "hautement méprisant" d'un courriel envoyé par erreur par un commissaire enquêteur. Ils demandent la suspension de l'enquête publique.

Par Simon Auffret

Le vendredi 4 mai, deux camions de gendarmes attendaient, au Perrier et à Saint-Hilaire-de-Riez, les habitants souhaitant participer à l'enquête publique sur le projet de parc éolien au large des côtes vendéennes. Il prévoit la construction de 62 éoliennes à une quinzaine de kilomètres au large, entre Noirmoutier et l'Île d'Yeu.

Le dispositif de sécurité est à la hauteur des préoccupations des commissaires enquêteurs : quelques jours plutôt, le 1er mai, un courriel transmis par erreur au collectif Touche pas à Mon Île ! a provoqué la surprise - et la colère - des opposants. 

Les relations étaient déjà tendues entre le collectif et les cinq commissaires enquêteurs. Les représentants de Touche pas à Mon Île ! dénoncent depuis le début de l'enquête publique, le 4 avril, des irrégularités dans la commission d'enquête. Une manifestation est organisée le 27 avril, à Noirmoutier, à la veille d'une permanence décrite depuis comme "houleuse" par les opposants, présentant une "certaine virulence" pour les membres de la commission d'enquête.

62 éoliennes près de l'Île d'Yeu : le porteur de projet informe et veut rassurer

La démarche est devenue importante, depuis qu' un collectif opposé au projet s'est formé dans la région. Certains pêcheurs, propriétaires de conserverie, ce sont inquiétés de la réduction de leur zone de travail et des impacts possibles sur les fonds marins.


Les deux parties s'accordent alors pour se rencontrer, en dehors des créneaux de permanence, et de laisser le temps à Touche pas à Mon Île ! d'exposer ses arguments contre l'installation du projet d'éoliennes en mer. Les commissaires officialisent la réunion dans un document envoyé par courriel à Fabien Bouglé, le porte-parole du collectif.

C'est dans une réponse à ce message que Jacques Turpin, l'un des commissaires, omet d'enlever de la liste des destinataires l'adresse des opposants. Pensant écrire aux autres commissaires, il rédige : "On est face à des personnes sans scrupules et au QI qui n'est pas celui du géranium. De quoi alimenter notre rencontre avec ce clan si la rencontre a lieu". Il fait également référence au "clan BOUGLE" - les opposants rassemblés autour de Fabien Bouglé, qui continueraient à "distiller médisance et accusation grossières".

"Une mauvaise manip"

"Une mauvaise manip" pour le président de la commission, l'ancien général de division de l'armée de terre Arnold Schwerdorffer. Contacté par téléphone, il explique "ne rien avoir à dire" sur cette affaire. "Je laisse aux auteurs du document l'entière responsabilité de leurs propos".

Pour Fabien Bouglé, l'incident "est dingue. Ce sont tous les citoyens qui sont insultés derrière cette expression." Le conseiller municipal de Versailles, soutien de François Fillon lors de la campagne présidentielle et ancien membre de l'opposition au mariage pour tous en région parisienne, passe environ un tiers de l'année à Noirmoutier. Il dénonce "l'absence d'impartialité de la commission d'enquête".

Au-delà des propos de Jacques Turpin, la présence du logo et de certains supports publicitaires du promoteur du parc Éoliennes en Mer Îles d'Yeu et Noirmoutier (EMYN) pendant les permanences d'enquête publique est soulignée par le collectif d'opposants. Ceux-ci ont listé leurs griefs dans un procès verbal, déposé au registre de l'enquête.

Le collectif a adressé un courrier au Tribunal Administratif de Nantes, pour demander "de surseoir à cette enquête publique et d’accepter la démission de l’ensemble des commissaires enquêteurs concernés"

"Il n'existe pas, réglementairement, de procédure de recours de ce type à une enquête publique", explique-t-on du côté du Tribunal. "Mais le président a bien reçu le courrier, et devrait y apporter une réponse dans la semaine"

Lundi, en début d'après-midi, la préfecture de Vendée n'avait pas encore communiqué sur ce sujet. La prochaine permanence doit se tenir le vendredi 11 mai, à la mairie de l'Île d'Yeu. Fabien Bouglé espère de son côté que "cette affaire sera réglée d'ici là"

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