Vendée : des riverains de l'usine Fleury-Michon excédés par le bruit, la direction suspend les déchargements la nuit

Le réaménagement des quais de chargement de l'usine Fleury-Michon à La Meilleraie-Tillay en Vendée perturbe le sommeil de plusieurs riverains qui subissent les nuisances liées au déchargement de camions jour et nuit. Ils ont déposé plainte. La Préfecture de Vendée ouvre une enquête.

Plusieurs riverains proches de l'usine Fleury-Michon se plaignent des déchargements incessants de camions de jour comme de nuit suite aux nouveaux aménagements du site du géant de l'agro-alimentaire installé à La Meilleraie-Tillay près de Pouzauges.

Sylvain Courtois habite à 50 mètres de l'usine, au deuxième étage d'une petite maison qui comporte plusieurs appartements.

Il se plaint de nuisances "jour et nuit depuis qu'ils ont changé leur quai de chargement".

Soit depuis le mois de septembre, selon cet habitant de la commune installé dans son appartement depuis 4 ans.

Un bruit équivalent à celui d'une tondeuse à gazon

"Pour vous donner une idée" précise Sylvain Courtois, "les fréquences de ce qu'on entend c'est équivalent à un bruit de tondeuse à gazon soit plus de 80 décibels"

A la maison, les fenêtres fermées et les volets fermés on est quand même à plus de 60 décibels

Sylvain Courtois, riverain de l'usine Fleury-Michon à La Meilleraie-Tillay (85)

"Dans la rue on est une quinzaine de personnes à ne pas dormir la nuit" constate ce riverain.

Avec plusieurs voisins, Sylvain Courtois a porté plainte pour nuisances sonores et alerté par courrier dès le 9 septembre le maire de la commune.

Eric Bernard, maire de La Meilleraie-Tillay précise que "depuis cette date j'ai pris contact avec Fleury-Michon et on a travaillé ensemble pour voir ce qui était possible d'aménager mais apparemment ce n'était pas suffisant car les nuisances continuaient".

Chez Fleury-Michon, on explique avoir mis en place une série de mesures techniques pour tenter d'atténuer les nuisances sonores.

Barbara Bidan, directrice responsabilité sociétale et d'entreprise chez Fleury-Michon détaille "par exemple, on a fait arrêter les frigos de nos camions quand ils arrivent sur la plateforme pour atténuer les bruits".

"On fabrique aussi à proximité nos bouillons de légumes qui sont transportés habituellement dans des bacs en inox ce qui fait du bruit et nous avons modifié leur circuit pour qu'ils évitent de passer du côté des habitations" précise la responsable de l'entreprise vendéenne.

Une enquête acoustique demandée par la Préfecture de Vendée

Le préfet de Vendée a demandé l’ouverture d’une enquête à l’unité départementale de la DREAL des Pays de la Loire.

"Elle portera sur l’examen de la conformité des mesures de bruit effectuées par l’exploitant et sur l’analyse de la gêne des riverains" explique la préfecture dans son communiqué du 13 octobre.

Elle ajoute également qu'en cas de chiffres supérieurs à la norme "des actions correctives ou des mesures organisationnelles devront être proposées par l’exploitant dans un délai précis"

En concluant que celles-ci "pourront être encadrées par arrêté préfectoral".

Les résultats de la campagne acoustique menée par la DREAL des Pays de la Loire doivent être connus à partir du 18 octobre.

Plus de camions entre 23h et 6h du matin

Sans attendre ces mesures officielles la direction de Fleury Michon nous indique avoir pris la décision temporaire de "suspendre temporairement l'activité de chargement et de déchargement des quais logistiques qui ont été récemment rénovés".

Une mesure technique qui prendre effet à partir du lundi 18 octobre, "de 23h à 6h du matin" précise Barbara Bidan, directrice responsabilité sociétale et d'entreprise chez Fleury-Michon.

Le groupe Fleury-Michon s'engage également à réaliser les travaux rendus nécessaires par les résultats de l'expertise acoustique et le nouvel arrêté préfectoral.

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