Vendée : le livre témoignage d’une victime d’un prêtre enseignant

Le petit séminaire de Chavagne-en-Paillers / © France 3
Le petit séminaire de Chavagne-en-Paillers / © France 3

Dans son livre "Une croix sur l’enfance en Vendée", Jean-Pierre Sautreau raconte son enfance au petit séminaire de Chavagne-en-Paillers et les actes pédophiles dont il fut victime. Si les faits sont prescrits, l’église vient de suspendre deux prêtres encore vivants.
 

Par FE avec Sandrine Gadet

Les faits remontent aux années 60. Jean-Pierre Sautreau a 11 ans lorsqu’il rejoint le petit séminaire de Chavagne-en-Paillers, en Vendée.
Sur une photo noir et blanc, il montre ce prêtre qui enseignait les mathématiques : "Voilà mon citoyen abuseur de sixième", confie t’il.

L'homme était prêtre, enseignant et directeur de conscience de Jean-Pierre. C'est lors des confessions hebdomadaires qu'il subissait des attouchements sexuels.

Comme des centaines de garçons, Jean-Pierre Sautreau a été enrôlé par l'église de Vendée. En 1960, l'oeuvre des vocations arpente les campagnes à la recherche de futurs prêtres, un système de recrutement auquel n'échappe pas sa famille.

"On disait aux parents, l’église a besoin de prêtres…Vous devez fournir un enfant…", explique Jean-Pierre Sautreau.
Il passera six ans au petit séminaire. Il y subira une discipline de fer, faite d'humiliation, de châtiment et de silence.

Aujourd’hui, l'évêché de Vendée a décidé de réagir et de sanctionner les prêtres pédophiles. Seuls deux d'entre eux sont encore vivants sur la dizaine qui aurait sévi à Chavagne-en-Paillers.

"C’est nécessaire pour nous et pour les victimes, parce que c’est un signe pour elles d’une prise en compte de leur souffrance et de leur témoignage", justifie Père Jean Bondu, vicaire général du diocèse de Luçon et porte-parole de l'évêque.

Jean-Pierre a mis cinquante ans à écrire ce livre, cinquante ans à faire le deuil de son enfance violée, volée.
Depuis sa parution, il ne cesse de recueillir de nouveaux témoignages. Beaucoup d'hommes notamment le remercient d'avoir su écrire ce qu'ils n'ont jamais pu dire.

► Le reportage de Sandrine Gadet, Boris Vioche et Marie-Catherine Georgelin

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