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Enlèvements de nouveaux-nés : quand le désir d'enfant est trop fort

Selon les spécialistes, les enlèvements de bébé restent rares. Les auteurs des faits, souvent des femmes, sont en mal d'enfant à l'image de l'adolescente de 19 ans qui a avoué avoir enlevé un bébé à Marseille.
Le bébé enlevé à Marseille lors de son retour à l'hôpital Saint-Joseph.
Le bébé enlevé à Marseille lors de son retour à l'hôpital Saint-Joseph. © AFP
Dans la nuit de lundi à mardi, un bébé disparaissait de l'hôpital Saint-Joseph de Marseille. L'auteure de l'enlèvement, âgée de 19 ans, était retrouvée quelques heures plus tard en compagnie de l'enfant. Selon les spécialistes, de tels actes se produisent à raison d'une à deux fois par an en moyenne.

C'est "le plus souvent une femme en mal d'enfant, qui peut agir seule ou plus rarement en couple, relève le psychologue et criminologue Jean-Pierre Bouchard. Ces femmes passent à l'acte "parce que le désir ou "l'envie" d'enfant est trop fort.

Ces femmes touchent à un tabou extrême, celui de voler l'enfant des autres, ça s'est toujours fait dans les sociétés archaïques mais cela ne se fait plus dans les sociétés développées", relève également le psychologue.

Un ventre rond et des félicitations

Dans le cas du fait-divers marseillais, la jeune femme est âgée de 19 ans. Cette dernière a expliqué à ses parents qu'elle était enceinte et qu'elle avait accouché en Corse durant une fugue. Elle était alors retournée chez ces derniers.

Ce sont eux qui ont prévenu la police lorsque l'alerte enlèvement a été déclenchée. Sur sa page Facebook, la jeune femme exhibait en juillet un ventre rond. Elle était même félicitée par ses proches dans les commentaires.
 
2012, la jeune femme avait publié des photos de sa "grossesse" sur son compte Facebook.
2012, la jeune femme avait publié des photos de sa "grossesse" sur son compte Facebook. © Capture Facebook
La psychologue Lea Karpel, qui travaille à la maternité Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), évoque pour sa part une "envie irrépressible" d'enfant, plutôt qu'un désir d'enfant.
Ces femmes, ajoute-t-elle, volent un enfant "comme on volerait à l'étal de fruits et légumes".

"Il n'y a pas d'intériorisation de l'interdit, pas d'auto-censure". Ces femmes ne mesurent pas la tristesse des parents, elles veulent juste satisfaire leur "envie". Il n'y a pas de profil type. Les âges ainsi que le niveau intellectuel peuvent varier.

En décembre 2008, une femme de 48 ans, mère de six enfants et mariée pour la 3è fois à un homme de 37 ans, avait enlevé un bébé dans une maternité d'Orthez (Pyrénées-Atlantiques).
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